Campagne

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dimanche 9 décembre 2012

Session 3 : Celui-qui-rampe contre Celui-qui-pourrit


Le jeune nain Alrik du clan Ember, fils de Grond, Gardien du Savoir comme l’avait été avant lui son père et de nombreux membres de sa famille, était songeur. Il réfléchissait et s’interrogeait sur le contenu de la sacoche en cuir de son père…

En lui se mêlait la satisfaction d’avoir enfin vengé son père bien-aimé ainsi que les multiples autres victimes qui avaient parsemé sa poursuite de Woart Casque-rouge et un étrange sentiment de vide maintenant que celui qui avait occupé toutes ses pensées n’était plus…


Le nain s’obligea à revenir parmi ses compagnons. La nuit avait été bienfaisante pour tous, même les 2 sœurs avaient fêté la mort des pirates et Alrik avait pris plaisir à converser avec Kim-Kim, jeune garçon droit et ouvert dont les difficultés de la vie menée n’avaient pas altéré la bonhomie. Le jour s’était levé et il était temps pour les aventuriers d’accomplir la suite de leur mission.

Frère Luk réussit, avec force persuasion, à embaucher Grick le trappeur tandis que Kim accepta l’offre d’Alrik de se joindre au petit groupe. Les hommes d'armes d'Eraskus Triskanian, fit traverser le groupe y  compris l'ours qui était sage comme une image. Mené par Grick, la petite troupe bifurqua vers le nord après le pont à l’embranchement avec un bras de la Coulée et s’enfonça dans les marais.

Nous entendîmes bientôt des chocs sourds et répétés. Dans le silence le plus complet, le groupe fit halte et Scaban, tel une ombre, se glissa entre les arbres pour découvrir l’origine du bruit. Il revint rapidement nous dire, que de l’autre côté d’un pont, des paysans travaillaient comme des automates sous la garde d’humains armés accompagnés de créatures laides et poilues, mi-hommes, mi-oppossums.


Nous décidâmes d’attaquer sans tarder pour profiter de l’effet de surprise. Flèches, traits d’arbalète et pierres de frondes firent des ravages parmi les créatures ennemies avant que les survivants ne se dispersent à couvert. Une paysanne profitant du chaos ambiant partit se cacher alors que les autres prisonniers continuaient à couper du bois avec leurs hâches. Alrik et Gael le paladin lâchèrent leurs armes de jet pour se précipiter au combat. Gael se dirigea vers la jeune femme, à l’abri derrière une souche, au grand étonnement d’Alrik qui se précipita sur les hommes-opposums encore valides. Il vit Scaban se déplacer silencieusement sur sa droite et sentit frère Luk dans son dos prêt à agir. En peu de temps, Alrik et ses 2 compagnons firent le vide autour d’eux. Recroquevillé par terre, un garde blessé suppliait qu’on l’épargne. Un peu plus loin, le jeune paladin parlait avec la villageoise. Celle-ci, qui dit s’appeler Emilias, expliqua qu’une substance verte était appliquée sur les lèvres des prisonniers. Cette matière avait pour effet de leur enlever tout discernement et les mettait dans un état d’abrutissement complet. La femme avait pu, par un subterfuge, trompé Jonas Gralk qui était leur geôlier. Elle répondit à nos questions et nous fit un plan du lieu où ils étaient détenus. Frère Luk s’occupa activement des villageois qui sortirent bientôt de leur état d’hébétude.



Notre petit groupe réfléchit à la meilleure stratégie à suivre et au bout de quelques minutes, le plan de Scaban fut adopté : se fondre dans le groupe avec quelques déguisements appropriés et se rendre dans le campement, puis agir vite et fort pour délivrer le reste des villageois qui étaient prisonniers dans un ancien monastère.

Des enfants sortirent du groupe des villageois libérés pour nous demander de leur confier le prisonnier afin qu’il puisse être offert au dieu des marais, Celui-qui-glisse. Tandis qu’Alrik évaluait froidement la proposition et ses conséquences éventuelles, Frère Luk et le paladin Gael, sans se concerter, refusèrent avec véhémence cette demande. Les enfants, dépités et vaguement menaçants, disparurent bientôt dans les marais. Le reste des villageois accepta avec plaisir notre plan qui leur permettrait de retrouver et libérer leurs amis et connaissances.




A la faveur de la brume et du manque de vigilance des gardes, notre petite troupe franchit l’entrée du petit fortin sans être inquiétée. L’enfer se déchaina alors. Par 2 tirs d’arbalètes, le nain Alrik se débarrassa des 2 hommes-oppossums situés sur le toit d’un baraquement avant que ceux-ci ne puissent réagir et tirer avec leurs frondes des globes remplis de cette étrange liquide verdâtre. Le frère Luk de son côté, menait l’assaut des villageois contre les gardes surpris qui surveillaient de manière nonchalante les prisonniers en train d’extraire la substance verte de la mare centrale. Scaban, se dirigeant rapidement vers une des bâtisses, découvrit rapidement que c’était un baraquement rempli d’hommes-oppossum surpris. Bientôt aidé par Gael, il commença à nettoyer la place. Les créature apeurées décidèrent de se terrer à l’intérieur. Mal leur en prit car l’ours Growly, excité par l’odeur du sang, rentra dans le bâtiment et fit un terrible carnage des derniers survivants.



Le paladin Gael pénétra dans la 1ère tour dont le sol était en partie inondé par cette substance verte. Il se débarrassa rapidement d’un garde et se mit à grimper l’escalier à colimaçon. Alrik pénétra dans l’édifice et se trouva confronté à une araignée verdâtre sortant de l’eau verte souillée. Le nain liquida le monstre et grimpa l’escalier, bientôt rejoint par Scaban pour découvrir Gael qui obstruait le chemin menant à l’autre tour tirant flèche après flèche sur une cible invisible. Alrik et Scaban s’écartèrent de Gael juste avant qu’un globe ne vienne s’écraser sur le paladin. Enfin touché, l’homme qui bouchait le passage  à l’autre tour, qui s’avéra être Gralk le fils de l’herboriste, bascula dans le vide quelques mètres plus bas avant de s’abîmer dans l’eau trouble.



Le passage enfin libéré, Scaban encordé avec Alrik, franchit le pont branlant menant à l’autre tour et ouvrit la porte. Il pénétra dans une pièce où une vieille femme un peu folle se lamentait sur la mort de sa cadette. Elle portait un étrange masque d'os et de bronze. Scaban devina qu’il avait affaire à l’herboriste Clotilda. Il se maintint fermement contre la paroi  pour sécuriser la traversée d’Alrik encordé sur la fragile  passerelle. 
 

Le nain transpirant, sujet aux vertiges, parvint enfin dans la tour. Scaban s’était précipité sur l’herboriste qui s’était transformée entretemps en une répugnante créature à tentacules après avoir bu une étrange potion verdâtre. Scaban aidé d’Alrik et de sa hâche chantante, tout en évitant les tentacules empoisonnés, parvinrent à détruire la chose répugnante dont l’ichor verte se répandit sur le sol. Les aventuriers comprirent que la vengeance avait guidé l’herboriste et son fils contre le village responsable du sacrifice de la cadette.

Scaban vit ses cheveux se dressés sur la tête au sens littéral. Cet aspect étrange qui n'inquiétait personne fut corrigé lorsque le jeune voleur but une fiole récupérée dans le laboratoire d'alchimiste de Clothilda.
 
Tous les ennemis vaincus, les captifs libérés et sortis de leur hébétude, les villageois reconnaissants…Le moment sembla approprié pour frère Luk et le paladin Gael de tenter de ramener à la raison les villageois et leur faire ressentir l’horreur des sacrifices humains à leur dieu reptilien en échange de sa protection. Alrik, dubitatif, remarqua que les villageois polis étaient peu réceptifs aux arguments avancés. Luk s’efforça de convaincre le maire de Bout-de-glisse de la nécessité de stopper ces pratiques infâmes. Le prêtre eut plus de succès avec le trappeur qui décida de changer de vie et de rentrer au service de Luk. Alrik fut ravit lorsque le jeune Kim-kim et son ours dressé décidèrent aussi de suivre ses sauveurs.

Gael, Luk, Scaban et Alrik décidèrent d’apporter à la comtesse les victuailles espérées avec l’accord et l’aide des villageois, de l’informer de la réussite de leur mission ainsi que des croyances et coutumes barbares perpétrées au fin fond de ces marais par les villageois qui étaient sous sa responsabilité. Deux charrettes guidées par des villageois partirent avec le groupe. Sur le Ruban, le chemin qui mène à la route principale, de curieuses créatures aquatiques ressemblant à des crapauds humanoïdes leur firent quelques misères sans conséquences. Décidément, Salissak avait la rancune tenace.

Texte d'ALM

Session 3 du 07/12/2012


Butin
  • Un masque d'os et de bronze de facture très ancienne
  • Un coffret rempli de bijoux d'une valeur de 50 PO
  • 4 doses de Baiser de Vipère (à appliquer sur les lèvres, rend docile)
  • 2 fioles permettant de recueillir des éléments gazeux
  • 4 doses de Soins de la Pourriture (les autres ont été utilisées sur les villageois)
Expérience
Tous les personnages passent niveau 2, certains étant plus avancé que d'autres en terme d'expérience grâce à leur participation active dans les intersessions.


Kim-Kim et Growly

Growly the Empathic Dancing Bear
  • Init -2;
  • Atk: claw +1 melee; Dmg 1d6 or bite +0 melee; Dmg 1d8
  • AC 8;
  • HP 12;
  • MV 30’;
  • Act 1d20;
  • SV Fort +2, Ref -2, Will 0;
  • AL N.




dimanche 2 décembre 2012

Session 2 : Pensée ecclésiastique


Gaël souhaita prendre la directive de l'assaut contre les pirates réfugiés dans l'ancien château en relativement bon état. Le père Luk s'abstint de tout commentaire, parfaitement conscient que l'art de la guerre n'appartenait pas à son domaine de compétence. Néanmoins, il pouvait évaluer le potentiel d'un plan émis par autrui, ce qui lui permis de contester celui de Grick dont l'unique ambition visait à écarter son auteur de tout danger.

Sous l'impulsion du paladin, le groupe fit le tour du château pour se trouver à l'opposé de l'entrée principale. Puis ils entamèrent l'escalade de la muraille afin de pénétrer à l'intérieur de l'enceinte, en toute discrétion. Franchir cet obstacle se devait d'être un jeu d'enfant pour Père Luc, qui pour accompagner les maçons et les charpentiers lors de la reconstruction de Cuvier-la-rive, avait maintes fois grimpé des hauteurs semblables dans des conditions bien plus difficiles. Le jeu devint vite un calvaire qui se termina par ce qui semblait être d'odieuses et bruyantes injures aux oreilles surprises et choquées d'Alric. La réalité fut plus grave : il s'agissait de blasphèmes envers le dieu Iosas dont la main avait freiné l'élan du prêtre. Coup du sort ou réelle volonté divine ?

L'effet de surprise fut ainsi ruiné sans pour autant que quiconque n'en fasse le moindre reproche si l´on excepte le rire étouffée et moqueur de Scaban. Ce malheureux épisode ne contraria guère la suite de l'opération qui se termina par une belle victoire non sans profondes blessures de nos aventuriers. Parmi les deux blessés, le paladin téméraire et insouciant demanda au prêtre d'exercer ses talents de guérisseur. Ce dernier fit deux tentatives, toutes deux infructueuses. Débité, contrarié, Père Luk s'isola dans une salle en ruine du château pour prier, pendant que ses compagnons s'improvisaient juges.

Luk, de prière, il ne fit point. Il choisit d'invoquer son dieu pour l'affronter, non physiquement bien entendu, uniquement sur le plan de la théologique. Iosas répondit à l'appel de son disciple. Il se présenta simplement habillé d'une tenue de jeune voyageur sans autre ornement, sinon la puissante et magnifique épée qu'il tenait entre ses mains.
« Mortel, enfin tu daignes répondre à mon appel. J'ai des choses pour toi; une mission. Celle-ci, de la plus haute importance, ne sera connu par autrui car protégée par le Secret. Aussi les mots que tu entendras jamais ne seront écrits.»

En sortant de son lieu de prière, le père voulut interrogé le chef des pirates tenu prisonnier. En chemin, il fut attiré par un attroupement. Sa curiosité lui fit dévier de son chemin. Il prit donc donc la direction du chemin de ronde, là où le spectacle se déroulait. En arrivant sur place il comprit ce qui mobilisait tous ces badauds. L'homme qu'il souhaitait interroger, était suspendu à 1 m au dessus du sol, maintenu par une corde dont le nœud coulant lui avait tout simplement briser la nuque. La conclusion d'une mauvaise pièce de théâtre, jouée par de médiocres acteurs, qui prétendait représenter une irréprochable justice. Il ne fit aucun commentaire, même s'il trouva curieux que des personnages se prétendant d'âme noble, puissent pendre un individu sont lui offrir la moindre seconde chance. Ces mêmes hommes qui pouvaient s'offusquer qu'un prêtre fasse un usage inoffensif d'une dague pour obtenir des réponses précises auprès d'un sinistre individu. Mais l'Homme était ainsi fait de tant de contradiction.

Texte de Marcapuce

 Session 2 du 16/11/2012

mercredi 21 novembre 2012

Session 2 : Une journée bien remplie...

Le Paladin Gael Halad se reposait sous le ciel peu étoilé auprès du feu de camp en prenant plaisir aux facéties des saltimbanques et à la chorégraphie suggestive des danseuses. Cette journée avait été très bien remplie et toute à la gloire de sa déesse Justicia ! En se remémorant comment elle avait commencé, il se rappelait que tout n’avait pas été réglé et qu’il restait à accomplir une partie de la quête que le groupe s’était promis de réaliser…

Ils étaient tous partis du village de Bout-de-glisse guidés par le jeune Cooter et en compagnie du brave trappeur Grick. Leur objectif était de se rendre à la Coulée, la rivière où sévissait les pirates, dans la direction que semblaient avoir empruntés l’herboriste et son fils. Les ennuis étaient arrivés très vite puisque leur guide s’était arrêté brusquement en entendant un étrange bruit… Il avait posé comme condition que tout le monde obéisse au moindre de ses ordres puisqu’il connaissait parfaitement le marais et ses dangers , et c’est donc sans aucune appréhension que Gael s’était figé prêt au combat quand le garçon s’était écrié « ne me suivez pas ! » avant de plonger dans l’eau saumâtre. Sitôt après une nuée de minuscules poissons carnassiers s’étaient précipités hors de l’eau pour attaquer le groupe. Personne n’avait perdu son sang froid et sauf quelques morsures sans gravité ils avaient pressé le pas, le paladin fermant la marche soucieux de ce qui pouvait arriver sur leurs arrières. Il en avait trébuché et était tombé à l’eau… cela aurait pu lui être fatal puisque les piranhas des marais s’étaient précipités pour se nourrir de sa chair, mais c’était sans compter sur la protection de Justicia, bénie soit elle, qui sollicita l’aide de mystérieuses créatures aquatiques pour empêcher qu’il soit blessé ! Le jeune Cooter émergea un peu plus loin, nous saluant en nous souhaitant bonne route… je ne compris pas bien tout ce qui s’était passé, mais comme ma déesse semblait désirer que je ne m'attarda point… pourquoi vouloir tout comprendre ?!

Gael sorti sans difficulté du marais, mais pendant qu’il essorait ses vêtements, le frère Luk se prit d’un accès de colère soudain (et peu empreint de « sainteté ») en menaçant le pauvre Grick de son poignard pour connaître tous les tenants et aboutissants de ce qu’il jugeait être une « embuscade ». Ce dernier expliqua que le village adorait une divinité qui prenait l’apparence de ces étranges créatures qui m’avait protégé, et que grâce à celles ci la communauté était épargnée par les attaques venant du marais, mais que personne ne cherchait à s’en prendre à nous. Frère Luk mit un certain temps avant de se calmer, mais nous comprîmes grâce aux explications du trappeur que la mare au centre du village servait de vivier aux créatures et qu’elles étaient nourries lors de rites sacrificielles par des porcs. Nous résolûmes, frère Luk et moi, de mettre un terme à ces superstitions une fois de retour.

Le reste du voyage fût plus aisé. Nous atteignîmes la rivière à l’endroit où une vieille tour de guet surveillait une jetée destinée à recevoir des barques d’approvisionnement. L’endroit était tenu par 2 sœurs, rétives et bien armées. Faisait escale une grande barque à rames tirée par… 2 gros crocodiles. L’équipage en était une troupe itinérante de danseurs et comédiens. De jeunes filles accortes nous accueillirent mais je n’avais point de temps à accorder aux futilités. Par Eraskus Triskanian, le patron de la troupe, nous apprîmes où se tenaient les pirates, un fortin abandonné sur l’autre rive. Mais l’endroit était protégé par une baliste et un câble bloquait l’accès aux esquifs qui voulaient remonter la rivière. Il semblait que la troupe ne comportait qu’une petite dizaine de ruffians, aussi j’insistais pour  que nous prenions d’assaut cette forteresse sans tarder et avant la nuit tombée. Mes camarades ayant découvert que l’herboriste et son fils étaient passés par là en traversant la rivière jusqu’à la route de l’autre bord, nous prîmes alors le même chemin. Le garde travaillant pour Eraskus qui nous aida à traverser fût étonné de constater que quelqu’un avait utilisé une barque pendant la nuit. Cela nous décida à ne plus tarder car nous pensions qu’un espion venait s’informer régulièrement de la situation.

Le vieux château tenu par les pirates

Dès cet instant c’est le brave trappeur Grick qui nous servit de guide. Lui et Scaban prirent de l’avance pour reconnaître si le chemin était sur. Nous pûmes ainsi atteindre rapidement la forteresse en évitant de déranger des créatures vivant sous un pont. Je m’attendais à voir une ruine puisqu’elle était abandonnée, mais il n’en était rien. Les murs étaient encore bien solides. Elle était adossée à la rivière sur un promontoire. Nous décidâmes de la contourner sans éveiller l’attention d’une hypothétique sentinelle. Grick fût magistral dans son rôle et méritât déjà bien la récompense que je lui avais promis. Nous avions contourné l’entrée principale puisque certains avaient cru entendre un ours et des mégères à cet endroit… pourquoi pas après tout ! Les ruffians ont des mœurs curieuses…
 
 L'ours au chapeau bleu est attaché au pied du château

Au pied des remparts, nous décidâmes d’escalader pour prendre par surprise les gredins. Scaban en raison de sa nature leste n’eut aucun problème à grimper le mur aux pierres vermoulues. Mais malgré la corde qu’il nous avait lancé, frère Luk ne parvint pas à faire plus d’1 mètre. J’eu moi-même quelques problèmes dans cette tâche dois je me l’avouer… Mais c’est quand le prêtre mit pied à terre sur le chemin de ronde qu’il fit un bruit tel que tout le voisinage fût mis en émoi… Nous issâmes alors frère Luk par la force. Le mal était fait, les ruffians accouraient de partout ! Heureusement le jeune Scaban avait avec grande intelligence choisit d’aborder un secteur couvert par un bâtiment voisin ce qui nous évitât d’être lardés de traits.

Alrik et frère Luk choisirent d’aller d’un côté du chemin de ronde, moi de l’autre, et Scaban descendit prestement… je pensais qu’il désirait se cacher, ce dont je n’aurai pu lui tenir rigueur étant donné la situation, mais il n’en était rien. Il attendit en embuscade un malfaisant avant de lui trancher la gorge, ainsi que je le découvris plus tard… 

Pour ma part je choisis de charger prestement, et d’un coup d’estoc embrocha le premier que je rencontrais. Prenant le premier escalier, je descendis dans la cour puis galopais vers une maison entourée de palissades vers laquelle plusieurs semblaient se diriger.
Il m’avait bien sembler depuis ce matin que ma déesse m’entourait des ses grâces, mais pour le coup jamais je n’avais senti autant d’aisance dans le combat que dans ce moment : A chacun de mes coups 1 gredin tombait… j’en étais à 3 occis quand je fus sérieusement touché par le tranchant d’une hache dans le dos… je reconnu le fieffé au couvre chef rouge qui préoccupait tant Maître Alrik, et alors que je m’écriais pour prévenir le nain, ma main jusque là si experte fit un mouvement de côté pour l’éviter… je compris aussitôt que ma déesse ne m’autorisait pas à achever ce criminel et renonçant à poursuivre le combat, je laissais à frère Luk et à Maître Alrik le soin de continuer la besogne. Frère Luk réussit à le maitriser en l’enserrant de toutes ses forces tandis que le nain l’assomma d’un coup… Comme ils avaient fini par occire le reste de la troupe, la bataille finit là !

Alrik resta avec le criminel qui l’avait privé de son père, tandis que frère Luk et moi décidâmes de fouiller toute la forteresse : sur les tours 2 gredins transpercés par les traits d’arbalète de frère Luk gisaient près de la baliste, et dans une habitation annexe où s’entreposait le butin d’objet divers, nous trouvâmes une cave où plusieurs prisonniers dont 1 enfant attendaient de retrouver quelque liberté. Frère Luk semblant en proie à une défiance disproportionnée attendit que je sois là pour les en sortir. Ils avaient été capturés par les pirates lors de précédents abordages. Le gamin était montreur d’ours et son redoutable compagnon l’accueillit avec joie. Il n’était pas agressif, donc je l’affranchis lui aussi. Un des hommes prisonnier s’avéra être le talentueux artisan qui avait construit la baliste et le câble à travers la rivière.

Maintenant il nous restait à accomplir la justice du royaume… le ruffian reconnu ses crimes avec orgueil et vanité, et comme le nain nous montra les objets dérobés à sa famille qui était en la possession de l’assassin, il ne fit aucun doute à mes yeux que je me devais d’appliquer une saine décision de justice en exécutant par pendaison le malandrin. Alrik souhaitait m’assister pour assouvir le désir de vengeance qui l’animait, nous le pendîmes au vue et au sus de tous à la plus haute tour du château.
 
Enfermé dans une cave, nous libérames quatre prisonniers : un maitre artisan qui avait construit la gigantesque arbalète, deux acrobates dont le bateau avait et coulé et un gamin délurée au chapeau bleu qui se présenta comme Kim-kim. Ce petit jeune était montreur d'ours et les retrouvailles avec Growly son ours furent émouvantes. Kim-kim proposa de nous aider car il estimait nous devoir la liberté.

Alrik me confia le butin récolté pour que j’en fasse bon usage. Il fut partagé en toute équité une fois retournés à notre point de départ… Entretemps je requis une fois de plus les services du trappeur pour qu’il aille chercher la grande barque et son équipage, afin d’acheminer gens et biens à bon port. Je lui donnais son gage sur mes gains, 2 pièces d’argent qu’il avait fort mérité !
 
L'étrange barque d'Eraskus accompagné de ses donzelles et tirés par 2 énormes crocodiles

Ensuite il fallut penser à nous soigner. C’est naturellement auprès de frère Luk que je fis cette demande… Mais ce dernier ne put réussir… au contraire, il ressentit un profond ressentiment de sa divinité, sans doute en raison des excès commis dans la journée et dont il devait faire pénitence. Il partit prier à l’écart… A l’inverse, c’est avec une joie non dissimulée que je sentis jaillir de mes mains les forces apaisantes et salvatrices de Justicia tandis qu’elle nous guérissait moi et le nain ! Mes actions étaient récompensées… j’avais donc bien agi comme elle l’entendait. Cela me remplissait de fierté et de contentement. C’est donc sans vergogne que je décidais de savourer cette soirée de liesse… 

Texte de Ra-Deg


Butin
  • 200 PO (butin de Woart Casque-rouge chef occis des pirates)
  • 1 hache de bataille appartenant à la famille d'Alrik
  • 1 sacoche en cuir gravée de runes, héritage d'Alrik

Session 2 du 16/11/2012

mercredi 7 novembre 2012

Intersession 1


Profitant d'un conciliabule des aventuriers autour de l'étrangeté qui rodait à Bout-de-glisse, Père Luk troqua son manteau civil de voyageur par celui de prêtre d'Iosas avec sa pèlerine capuchonnée assortie. Dressé de la tenue de son rang, il se sentit plus serein pour dicter ses propres pensées.

- Je sais pourquoi les trolls n'attaquent pas ce lieu. Effet de la magie du feu que Vokas (qui se prend pour un homme-singe), notre brave magicien, a su placer autour de Bout-de-glisse; un grand développement de puissance magique qui a peut être perturbé l'esprit de son créateur. Un sujet clos, du moins je vous suggère de retenir cette hypothèse, quitte à revenir dessus si l'avenir me contredirait. En revanche, il nous reste à comprendre l'étrange comportement des locaux. Des enfants mélancoliques face aux disparitions, mais sans pour autant apparaître terrorisés comme le seraient pour le moins des enfants ordinaires. Des adultes qui vivent une grande menace sans pour autant s'en inquiéter, même s'ils n'ont guère tardé à nous aiguiller vers ces mystérieuses disparitions. Tout cela est fort curieux et incohérent comme chacun d'entre nous en convient. De nos recherches, si je ne me trompe, il nous reste à vérifier deux éléments. Le premier : sauf à me contredire, nous ne nous sommes pas assuré de la véracité des faits. Nous ne connaissons aucun nom de disparu, ni rencontré une famille qui nous aie cité frère ou sœur, fils ou fille, mère ou père, volatilisé durant la nuit. Le deuxième : nous rendre sur le lieu où le fossoyeur s'est rendu accompagné de sa mère pour disparaître. Certes, il n'est pas certain que nous trouvions de quoi éclairer ce mystère, mais qui sait. Au moins, nous en aurons le cœur net.

Luk laissa un bref instant à ses compagnons pour réfléchir à ses propos, avant de poursuivre.
- Je pars à la recherche de l'identité de 2 ou 3 disparus. Il suffit de nous rendre à la kermesse et d'interroger quelques joueurs, puis ensuite rendre visite à une ou deux familles concernées. Nous pourrons procéder de même avec des enfants. Dans un second temps, nous irons visiter le lieu où l'herboriste a pris un aller sans retour. Je préconise que nous y allions tous ensemble. Il pourrait y résider un menaçant danger. Qu'en dites-vous ?

À peine avait-il fini, qu'il se dirigea vers la kermesse.

X X X

Le Paladin écouta respectueusement le prêtre. Il avait l’air d’en savoir beaucoup sur la magie, il n’y avait donc pas lieu de douter de son avis. Mais le paladin était un homme d’action et la pensée que des villageois puissent être en danger éveillait en lui un désir profond de “trouver” quelque chose qui le mette sur la voie... Il partit donc avec le jeune Scaban visiter la demeure de l’herboriste et les alentours... A priori sans résultat, tout était aussi normal que possible: Une maison en ordre, une tombe non achevée (tiens, pour qui donc ?!), les outils à leur place... Puisque le magicien ne pouvait être responsable de cet étrange enchantement qui semblait régner ici, qu’il y avait il dans les marais ? Le paladin avait envie d’aller voir dans la direction qu’avaient prise le fossoyeur et sa mère...

X X X

Le père Luk vit Gaël et Scaban prendrent la direction de la demeure de l'herboriste, tandis qu'Alrik, souhaitait ardemment que tous le retrouvent sur place d'ici 30 minutes, afin de débattre de ce qu'il conviendra d'entreprendre par la suite. Aussi, comme rien ne s'y opposait, il se rapprocha du lieu en fête. Afin d'offrir la protection d'Iosas aux malheureux disparus, il s'enquît de questionner hommes femmes et enfants afin d'établir la liste des disparus auxquelles il dédiera ses prochaines prières, et si possible en présence de leurs proches.

X X X

Alrik pris ses aises à l’auberge de l’Aspic Cafardeuse tenue par un petit homme corpulent nommé Tollybogs. De la fenêtre il avait une vue imprenable sur la kermesse malgré la présence de l’estrade sur laquelle était fiché un mat auquel pendait une cage en fer qui servait de lutrin et qui surplombait une mare couleur rouille. Les bâtiments étaient anciens mais d’une qualité inattendue pour un patelin perdu au milieu des marais. Onus Un-bras le gérant de la grosse ferme à melons et porc s’était attablé avec le nain et réexpliquait qu’il avait bien vu, il y a 3 soirées de cela, Jonas Gralk le fossoyeur, entrainant Clotilda sa mère herboriste hors du hameau vers le marais par un sentier qui part en direction du nord. Le nain s’assura qu’il s’agissait du chemin par lequel le groupe était venu, ce que confirma Onus et que se subdivisait en deux à quelques dizaines de mètres du village.

Le père Luk d’un pas décidé se rendit à la kermesse sous les signes amicaux des locaux. Le fait que le maire Beecham propriétaire la principale ferme à porcs et à melons et que les membres du conseil municipal en l’occurrence Miriam Pendreyson la tailleur et Grimchops le tanneur soient visiblement en bon terme avec le groupe simplifiait les choses pour Luk. Malgré les invitations répétées, le prêtre ne participait aux défis proposés sur les stands écoutait et observait. A bien y regarder, la moitié des habitants semblait porté un habit de deuil. Ils évoquaient souvent « ceux qui nous manquent » ou la perte des « seconds nés ». Les gens confirmèrent qu’ils étaient nombreux a avoir perdu un membre de leur famille et pour peu qu’ils le sachent, il s’agissait des cadets. Les disparitions avaient eu lieu presque tous les soirs sans aucun signe de lutte. Le matin les membres de la famille se réveillaient sans avoir entendu quoique ce soit. Au-delà de l’ambiance joviale, les villageois étaient très affectés par la perte de leurs proches. Ils se rassuraient un peu en se disant qu’ils avaient « seulement » disparu et qu’ils les retrouveraient un jour. La discussion se porta sur la pauvre Clotilda Gralk une herboriste tranquille et triste depuis qu’elle avait perdue sa cadette il y a huit années. Certains disaient qu’elle était partie avec des étrangers, d’autres qu’elle avait fini sous les crocs d’un crocodile ou encore qu’elle s’était perdue dans les marais. Les recherches dans le voisinage n’avaient rien donné. Mais le coin était dangereux et peu de villageois osaient s’aventurer loin du village. Les villageois faisaient aussi référence aux écailles de Salissak ou à la tourbière du Seigneur aux 30 yeux qui voient tout. Mais visiblement il s’agissait d’un dicton local dont l’origine était perdue.

X X X

Gael et Scaban visitèrent le”Pot de fleur de Clothilda”, une maison à un étage. Le rez-de-chaussée servait d’atelier d’herboristerie propre et nettoyé (à l’exception d’une souillure  vert brillant et bilieuse sur un établi) rempli de pots en verre proprement étiquetés, de cuisine et de salle à manger, le tout décoré dans un style féminin. Le premier étage contenait un espace à vivre et trois lits, dont un  inutilisé depuis des lustres. Des images représentant une jeune fille étaient présentes un peu partout. Le paladin qui avait une idée en tête vérifia que quelques objets usuels manquaient. Gael ressortit et indiqua à Scaban qu’il allait inspecter les alentours. Il s’éloigna cherchant des traces mais après trois jours il était difficile de discerner quoique ce soit de concret. Le paladin poussa un peu plus loin ses investigations mais à part la brume et des bruits étranges venant de l’eau. Gael fit demi-tour avant de se perdre.

Derrière la maison, on trouvait le cimetière. Scaban remarque un trou à demi creusé dans un espace vide situé dans la partie où se trouvent les anciennes tombes. Dans ce trou de la taille d’une tombe, git boîte en bois vermoulu de plusieurs dizaines de centimètres de long. Elle est ouverte et à moitié désintégrée.
X X X

Luk, Scaban et Gael rejoignirent Alrik à l'auberge de l'Aspic pour échanger leurs informations.

X X X

Gael insista sur le fait que l’herboriste et son fils étaient partis volontairement en emportant des affaires pour voyager. Le fait qu’ils aient quitté le village sans prévenir montre qu’ils n’avaient pas confiance dans leurs concitoyens. Mais auparavant ils semblent avoir déterré une tombe d’un enfant. Le paladin aimerait que le prêtre aille voir l’endroit pour donner son avis.
Gael informa le nain Alrik qu’il y a peut être une “chose étrange” dans l’atelier de l’herboriste, une trace d’un produit verdâtre.
Une fois que chacun eut détaillé le fruit de ses découvertes, le père Luk et Gael le paladin partagèrent leur connaissance au sujet de la "Dame des Récoltes" dans le but de comprendre ce qui motivait les habitants à conserver cette curieuse et inquiétante cage suspendue.

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La Dame des récoltes était très vraisemblablement le nom local de la déesse Denithae qui est vénérée dans la campagne. Cette divinité neutre est une protectrice de la terre et des plantes. Même si le nom de la divinité fut mentionné dans les conversations, il ne semblait n’y avoir aucun autel ou chapelle dédiée à Denithae.

La mare semble profonde et avec une couleur rouge sombre donnant l’aspect d’un chaudron rempli de sang. La cage suspendue à un mat qui surplombe la mare peut être montée et descendue grâce à une chaine actionnée par une roue en métal. Après avoir tiré un sceau de la mare sous les regards curieux des villageois et observé la texture de l’eau saumâtre, le prêtre se dit que l’eau était mêlée de sang et d’une matière poisseuse indéfinissable. Gael confirma les hypothèses de Luk.

Alrik se rendit sans encombre à l’atelier de l’herboriste avec Gael. La substance verdâtre et poisseuse sentait fort et malgré le fait qu’elle soit séchée elle faisait tourner la tête si on la respirait de prêt. Le nain érudit n’émit aucune hypothèse.

Luk et Scaban allèrent voir la tombe mentionnée par le paladin. Le trou se trouvait dans coin très reculé et isolé mais la terre avait été fraichement remuée. La partie la plus récente du cimetière semblait encombrée. Le reste de la boite qui gisait au fond d’une tombe à moitié creusée faisait moins de 50cm de long. S’il s’agissait d’un cercueil, il aurait abrité uniquement un nourrisson.

Les villageois regardaient les allées et venues du groupe sans s’émouvoir ou s’inquiéter, après tout il semblait être les hôtes du conseil municipal. Onus le contremaitre buvait beaucoup de jus de melon fermenté rallant sur la difficulté de trouver de la main-d’œuvre avec toutes ces disparitions.

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Dans la soirée, un homme vêtu comme un trappeur arriva à la kermesse de mauvaise humeur. Les personnes présentes lui demandèrent ce qui n’allait pas. Ce dernier affirma qu’il devenait dangereux de piéger les opossums et les échassiers près de la Coulée, la rivière qui se trouve au nord-est.

-Nul doute que ces saletés de pirates fluviaux devaient être dans le coup, affirma Grikk le trappeur.

Miriam Pendreyson la tailleur qui passait par là expliqua que depuis quelques mois le transport fluvial s’était ralenti et qu’il était désormais devenu quasiment impossible d’acheminer les produits du village par la rivière car il fallait désormais payer systématiquement un tribut aux pirates (alors qu’avant on pouvait négocier). Ces derniers vivaient dans un fortin en ruine le long de la Coulée. Et puis comme les trolls et la brume rendaient les voyages par la terre périlleux, la situation du village se détériorait. Et pour couronner le tout ; les disparitions récentes mettaient en péril Bout-de-glisse. De toute façon les villageois évitaient la Coulée et même les trappeurs allaient poser leurs pièges loin du fortin.

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Le père Luk restait pensif. Il ne percevait pas le lien entre cette cage qui ressemble davantage à un instrument de sacrifice ou de torture et la déesse Denithae dont les préceptes se situaient à mille lieux de ces usages. Lui avait-on menti ? Le paladin par sa requête réveilla l'esprit perturbé du prêtre. Celui-ci accepta naturellement d'accompagner ses compagnons à la demeure de l'herboriste, où il ne se contenta pas de limiter ses investigations à la tombe de l'enfant. Il demanda si Scaban voulait bien l'accompagner dans la maison et lui montrer les bocaux, livres et tout ce qui lui paraissait étrange, dont la fameuse souillure verdâtre.

Une fois sur les lieux, le père Luk étudia la tombe. Il conclut que les restes de la boîte en bois trouvée dans la tombe fraîchement creusée ne lui semblaient pas être un cercueil sans pour autant en préciser la nature exacte qui lui échappait. Ensuite, il demanda à Scaban de le mener vers la matière visqueuse et verdâtre qui avait intriqué Gael. Le voleur se montra très coopératif ; il accompagna le prêtre et lui fit visiter la maison de l’herboriste en commentant pour chacune des pièces, ses recherches et ses trouvailles. Ces dernières se limitaient à peu de choses sinon cette étrange substance verdâtre dans l’atelier de Clothilda. Le prêtre restait très attentif aux explications du jeune homme. Il prenait le temps nécessaire à l’écouter, et lui-même inspectait les bocaux, fioles et autres livres que le voleur lui désignait. Manifestement, cela faisait un moment que Clothilda n’avait pas fait de réassortiment. Les mortiers, pilons et le brasero qui étaient posés sur l’établi avaient surtout servi à préparer deux types différents de mixtures, l’une très volatile et l’autre sous la forme d’un onguent verdâtre brillant. Pour une herboriste sérieuse, il manquait de nombreux ustensiles et récipients. Les espaces vides l’étaient depuis peu comme semblait le dire l'absence de poussière.
« Scaban, pourriez-vous faire une nouvelle recherche ?
Le voleur sembla ne guère apprécier cette demande.
- Pourquoi, j’aurais mal fouillé ?
- Lorsque nous pénétrons dans une maison d’herboriste, qu’attendons-nous trouver ? Des fioles, des poudres, des pommades et tout autre article similaire. En revanche, nous en oublions que ces gens restent des gens comme vous et moi. Aussi, je serai intéressé par lire le journal de la jeune fille disparue, ou celui de son frère et pourquoi pas celui de sa bien curieuse mère.

Scaban faillit répliquer qu’en aucun cas, il n’écrivait ni écrierai un journal ; mais il se retint d’énoncer une telle évidence. Il reconnut, sans l’avouer, que l’hypothèse du prêtre méritait qu’il s’y intéresse. Aussi, il se demanda où lui aurait caché son imaginaire et inconcevable journal. Il entreprit des fouilles supplémentaires qui ne donnèrent aucun résultat. Lorsqu’il retrouva le prêtre, celui-ci rangeait délicatement des restes séchés de l’onguent verdâtre dans une petite boîte en bois.
« Pas de journal mon père. Que pensez-vous de tout cela ?, demanda Scaban
- Je ne serai guère surpris que l’origine du mal qui frappe ces gens soit provoqué en tout ou partie par nos herboristes.
- Qui vous fait dire ça ?
- Mon intelligence mon ami.
- C’est sûr que ce n’est pas ta modestie mon gars, ne put s’empêcher de répliquer le jeune moqueur Scaban. Le prêtre ne releva pas.
Les deux curieux retournèrent l’auberge de l’Aspic Cafardeuse ou les attendaient Alric. Une fois tous les compagnons réunis, le prêtre émit une suggestion

- Je sais que nous voulons tous protéger ce villages ne serait-ce pour répondre à la mission que nous a confiée la comtesse. Pour cela nous devons résoudre en priorité cette étrange énigme des disparitions. Ensuite je crois que nous ne pourrons pas passer outre une discussion commerciale avec les pirates de la Coulée. Nous savons que les victimes des disparitions sont les cadets. La nuit approchant et les disparitions se déroulant de nuit, regroupons à l'aide des agents municipaux, les cadets épargnés à ce jour dans un même lieu, et organisons une surveillance interne et externe durant le nuit,. Ajoutons quelques pièges près de chaque ouverture : porte, fenêtre et cheminée. Pour ce faire, le trappeur pourrait sans doute nous prêter mains fortes. Je prierai Iosas pour qu'il nous apporte courage et vigilance. Qu'en dites-vous ?

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Alrik avait écouté avec attention le résultat des pérégrinations de ses compagnons. Il partageait l’avis du père Luk sur l’étrangeté de la cage suspendue et il avait la même impression que le paladin sur la disparition de Jonas Gralk et de sa mère qui ressemblait vraiment à une fuite mais pour échapper à quel danger ...?

D’une voix basse et posée, après avoir vérifié que personne d’autre ne pouvait entendre, il leur exprima son sentiment : “comme le recommande le père Luk, passons une nuit dans ce lieu en restant vigilants et en espérant que quelque chose se produira. Si rien ne se passe, je serais d’avis de partir demain sur les traces du fossoyeur et de sa mère qui ont surement des informations qui pourraient être utiles si nous arrivons à les rattraper. Ils ont 3 jours d’avance mais une très vieille femme ne peut se déplacer vite dans les marais. Au préalable, je souhaiterai fouiller l’antre du magicien, seul lieu qui a échappé à notre inspection mais comment procéder ?, je ne suis pas vraiment à l’aise avec la magie...”

Le père Luk eut un mouvement de tête négatif. Il expliqua qu’il avait détecté de la magie du feu autour de la porte et des fenêtres de la petite tour de Vokas. Il craignait des pièges pyrotechniques. Tous se tournèrent vers Scaban qui haussa les épaules et affirma qu’il n’avait nullement l’intention de désamorcer des pièges magiques et encore plus s’ils étaient  basés sur le feu.

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Le Père Luk, se tourna vers Alrik.
« Mon ami, j’ai réfléchi à cette fosse ensanglantée. Il n’est pas impossible que nous nous égarions. Tout dépend si l’auberge sert du boudin. C’est le menu que je commanderai pour mon dîner. Ainsi, je saurai ».
L’érudit resta un instant les yeux écarquillés d’incrédulité. En quoi manger du boudin pouvait lever un doute sur ce mystère inquiétant d’une fosse ensanglantée. Puis il comprit ou en voulait en venir le prêtre. Le boudin se faisait avec le sang des porcs. Pas de boudin signifierait que le sang de la fosse n’est autre que celui de ces pauvres bêtes condamnés. A l’inverse, …

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Le groupe proposa son idée à Miriam Pendreyson et au maire Beecham qui la trouvèrent bonne. Miriam confia que si les villageois étaient d’un caractère insouciant et joyeux dans la journée, leurs craintes revenaient la nuit. Même si dans la nuit précédant l’arrivée du groupe, personne n’avait disparu, la peur de l’enlèvement subsistait. Il fut décidé de regrouper les cadets « survivants » qui représentaient trois adultes et deux enfants dans l’auberge de l’Aspic Cafardeuse qui pouvait loger tout le monde, y compris les nouveaux héros de Bout-de-glisse. Le maire rappela que le village ne possédait aucune milice mais que lui et le conseil municipal représenté par Miriam la tailleur, Grimchops le tanneur et bien sur, Tollybogs l’aubergiste, serait présent. Grick le trappeur accepta aussi d’aider tout le monde avec un sourire édenté et en lorgnant la carafe de jus de melon fermenté. A la nuit tombée tout le monde se retrouva à l’Aspic. 


Luk commanda du boudin noir comme convenu. Tollybogs lui indiqua que cela demandait une longue préparation et qu’il n’avait pas le temps de lui en confectionner. La discussion porta sur la difficulté de garder frais du sang de cochon de qualité. Bref, visiblement il ne s’agissait pas d’une spécialité locale comme pouvait l’être le salami mais l’aubergiste assura qu’il pourrait en préparer dans les jours qui viennent.

Le prêtre rassura l'aubergiste; il ne tenait pas particulièrement à dîner avec du boudin ce soir. En revanche, il lui semblait dommageable que le village n'exploita pas cette précieuse denrée que constituait le sang des porcs. Il fit remarquer qu'utiliser cet ingrédient, apparemment répugnant, dans la composition d'agréables mets, apporterait des denrées complémentaires à la duchesse et par conséquent plus de revenus par une meilleure rentabilité de leurs élevages porcins. Concernant les problèmes de conservation, le prêtre se proposa de faire venir un de ses pairs d'Iosas, un maître cuisinier, qui saura leur apprendre l'art de préparer nombreux plats à base du sang de porc. De plus, il insista sur le fait que de procéder ainsi, leur éviterait de souiller un ancien lieu sacré. Car ce qu'il faisait jusqu'à présent, manquait de respect vis-à-vis des dieux dont la colère ne tarderait pas à se manifester, si ce n'était déjà fait au regard des tristes événements que connaissait leur communauté en ce moment même. Le Père s'exprimait suffisamment fort afin qu'il puisse se faire entendre par l'ensemble des personnes présentes. Il promit de faire une prière pour obtenir le pardon des dieux vis-à-vis des outrages réalisés malencontreusement par les éleveurs de ce village, « sachant que la venue d'un prêtre d'Iosas, le maître de cuisinier, ajouterait une garantie maximale quant au pardon divin accordé à vous tous. Approuvez-vous ma proposition ?  »
Les villageois présents dans l’auberge firent tous un étrange signe faisait onduler leur main droite. D’étranges chuchotements rompirent le silence où l’on pouvait deviner des références au seigneur des tourbières aux trente yeux qui voient tout ou à Salissak l’écailleux. Puis tous les villageois sourirent gentiment. Tollybogs haussa les épaules.
- Pour être franc, il est plus simple d’amener les cochons vivants au château qu’amener de la charcuterie dont je ne suis pas réellement spécialiste. Si votre cuistot a des recettes à partager je suis preneur.

Le repas repris sans que personne ne fissent de nouvelles allusions à la diatribe du prêtre. Luk s’interrogea sur l’étrange comportement des villageois. Ils ne semblaient pas offrir de prises aux provocations du prêtre mais en revanche cela ne faisait aucun doute que le villageois avaient fait un geste comme on font les gens du peuple pour conjurer le mal ou demander la protection d’une divinité. Les évocations à une mystérieuse entité écailleuse évoquaient de lointaines rumeurs sur des divinités affiliées aux reptiles qui seraient adorées dans le lointain continent qui se trouve à l’ouest. Luk se souvenait qu’il existait aussi une divinité maléfique vénérée dans le nord par certaines races tout autant maléfiques. En revanche le mot Salissak n’évoquait rien pour le prêtre mais les dieux peuvent prendre tellement de noms différents…

Scaban disposa des cordelettes et des casseroles en étain pour déclencher un tintamarre si quelqu’un essayait de rentrer par le haut ou par le bas.  Le seul passage libre était la large porte de l’auberge. Des feux de camp furent allumés tout autour de l’Aspic.
Le groupe se relaya toute la nuit par groupe de deux avec l’aide du trappeur (qui tenait bien l’alcool) et du tanneur. Le mage Vokas passa une partie de la nuit sur son perron étrennant les feux. La brume et la nuit bloquait très vite la vue malgré les feux. Vu leur faible nombre, le groupe hésitait à faire des patrouilles à l’extérieur de l’Aspic et puis Vokas était présent pour observer (enfin quand il ne ronflait pas). Scaban en fit quelques unes mais il ne remarqua rien.

Au matin, personne n’avait disparu. Tout le village se retrouva à la kermesse pour prendre un petit déjeuner commun (pain et lard) et faire le point. Seul le trappeur manquait à l’appel : son corps n’avait pas supporté la sixième bouteille de melon fermenté et il cuvait sur le plancher de l’auberge. Personne n’avait disparu. Seuls la femme et le fils de l’un des cadets restés à l’auberge avaient dormi d’un sommeil de plomb et s’étaient levé avec un mal de tête carabiné. Par acquis de conscience, le groupe fit le tour de leur maison. Scaban remarqua des traces fraiches, apparemment d’une seule personne.
 
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Une fois le déjeuner du matin terminé, le maire prit la parole.
- Braves champions du Marais, nous ne pouvons pas qu’exprimer notre gratitude pour votre aide. Le conseil s’est réuni tôt ce matin, et nous demandons, non, nous vous supplions de retrouver nos amis enlevés.
L’homme désigna un jeune garçon à l’air débrouillard.
- Cooter vous accompagnera. Il connait bien les marais autour du village et ses dangers. Son père a été enlevé et sa mère…heu…a disparu il y a des années.
Le jeune garçon fit un signe de tête au groupe. Il semblait calme et détaché. Myriam pris la parole.
- Si vous acceptez de nous aider, je vous conseillerai de reprendre le sentier par lequel vous êtes arrivés puis de prendre l’embranchement qui part au nord-est. Au bout de quelques temps vous tomberez sur la Coulée. Vous pourrez vous renseigner auprès de May et Rosie Fenn qui tiennent un petit poste commercial. Un dernier mot, faites attention aux pirates.


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Père Luk prit les devant.

« Bien entendu, monsieur le maire, nous irons. Nous acceptons sans réserve notre proposition, et je vous remercie de votre confiance. Nous veillerons à la sécurité de Cooter que je félicite pour son courage. De plus, si vous l’acceptez, je demanderais volontiers au trappeur, malgré son triste état, de nous accompagner. Sa connaissance de la région et son expérience nous seront très utiles. Je me charge de le remettre sur pied. Quant aux pirates, je pense que nous pouvons en faire des alliés. Mais pour cela, nous devrons établir un accord avant notre départ. L’objectif à atteindre consiste à établir un contrat commercial qui précise les modalités d'un transport fluvial rémunéré pour assurer la livraison sécurisée de vos marchandises à Moorshroud. Avec un bon contrat tripartite, vous, les pirates et la comtesse Teskain, vous avez tous à y gagner : les pirates obtiennent une rémunération régulière, vous une sécurisation de vos livraisons, et la comtesse une garantie d'être approvisionné régulièrement. Dans ce dessein, vous aurez l’appui des dieux, je m’en porte garant, ne serais-ce qu’en priant Iosas mon dieu, l’une des divinités protectrices du commerce. D’autre part, nous les prêtres d’Iosas avons nos entrées auprès de la comtesse. Il me sera aisé de vous aider à arranger une entrevue, sous réserve que nous convainquions nos amis pirates. Qu’en dites-vous ? ».

Après cette longue tirade du prêtre, le maire resta pensif puis se pencha vers Myriam et ils échangèrent quelques mots à voix basse.

- Nul doute que notre bon vieux Grick se fera un plaisir de vous accompagner jusqu’à la Coulée Deux bras supplémentaires seront les bienvenus j’imagine. Le maire marqua un temps d’arrêt.

Le Grick en question râla, se lissa la barbe mais acquiesça d’un haussement d’épaules.
- Concernant votre offre de montage commercial, elle semble alléchante mais de mon point de vue peu réaliste, du moins depuis quelques mois. Je m’explique. Dans le passé, les pirates sous l’autorité de leur chef, Karnokus le gros, étaient accommodants. Ils vivaient à nos crochets mais laissaient le business se faire. Depuis plusieurs mois, il semblerait qu’un nouveau chef ait pris en main le destin des pirates. Ce Casque-Rouge comme il se fait appelé, est bien plus sanguinaire et âpre aux gains. Je doute que vous arriviez à un accord fructueux pour tout le monde, mais c’est t’on jamais, il arrive parfois des miracles.
 
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Après son denier échange avec le maire, en prétextant un besoin de concertation, Père Luk entraina ses compagnons à l'écart, sortit son petit carnet et lût ses notes à l'attention de ses compagnons.

« Oublions pour l'instant, le mage Vokas, un brave homme qui a perdu l'esprit en protégeant les siens des trolls en créant par une barrière magique de feu autour du village.

L'affaire des disparitions nous intéressera bien d'avantage. Elles concernent uniquement les cadets. Elles se déroulent la nuit, apparemment sans laisser de trace, sans le moindre bruit. Il semble que les gens soient profondément endormis avant les rapts. Notre surveillance s'est peut être avérée efficace, des traces et deux villageois avec un sommeil lourd, mais aucune disparition.

Clotilda Gralk une herboriste tranquille et triste depuis qu’elle avait perdue sa cadette il y a huit ans, nous apparaît une première piste intéressante. Il nous serait profitable de la rencontrer; soit comme amie, soit comme ennemie. Qui sait ? Nous savons seulement qu'elle préparait une potion dont nous ignorons les effets, et dont je détiens un échantillon. La fausse tombe ouverte ne cachait-elle pas un des ingrédients qui permettent de faire cette mystérieuse substance verdâtre ? Nous le saurons peut-être un jour. Accompagnée de son fils, Jonas Gralk le fossoyeur, elle semble avoir fait un départ précipité vers la Coulée pour une raison inconnue qui a sans doute un lien avec les disparitions.

Je crains que nos villageois écoutent des croyances qui ne soient pas réellement en harmonie avec les principes de notre Paladadin. Je ne sais comment ni pourquoi ni si les dieux sont intervenus, mais il est certain que Denithae, la déesse des récoltes, fut rejetée au détriment de divinités dont la fréquentation paraîtra, à beaucoup, peu recommandable comme doit l'être celles du seigneur des tourbières aux trente yeux qui voient tout ou à Salissak l’écailleux. La cage qui plane au dessus d'un puits de sang demeure manifestement opérationnelle dans son usage sacrificiel. Il nous faudra donc faire attention de ne pas engendrer la colère d'un Dieu qu'il soit bon ou mauvais.

Nous avons un autre problème, celui des pirates. Problème, cela ne me surprendrait guère, lié à notre affaire principale. Quoiqu'il en soit, nous pouvons affirmer, sans risque d'erreur, que l'ancien chef karnokus à été remplacé, voire assassiné, il y a quelques mois par une terreur appelée Casque Rouge. Ce monstrueux personnage vous suggère quelqu'un, n'est-ce pas ? Pour ma part, il va nous falloir l'éliminer d'une manière ou d'une autre, ce qui devrait remettre une bonne partie de la situation en ordre, et autoriser l'ouverture d'un lucratif réseau commercial. Sans doute qu'un entretien au préalable avec notre chère herboriste nous permettra de confirmer cette fatale option. D'ailleurs, je ne serais pas surpris que nous retrouvions nos petits disparus dans les cales des navires pirates, en espérant que ces malheureuses victimes soient toujours de ce monde.

Miriam Pendreyson la tailleur, Grimchops le tanneur, Tollybogs l'aubergiste et le maire Beecham nous suggère de poursuivre nos investigations en direction de la Coulée, en nous donnant comme en garantie de leur confiances, les aides de Cooter et de Grick le trappeur, sans oublier un contact en les personnes de May et Rosie Fenn. Cette suggestion concorde avec nos premières analyses. Reste à les convaincre qu'ils assurent durant notre absence la protection que nous avons organisée la nuit dernière. Après cela, nous pourrons partir.»


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Le Père Luk accompagné de ses comparses revinrent vers les membres du conseil municipal et leur proposa avec fermeté de maintenir le dispositif imaginé par les aventuriers. Après une courte concertation, le maire indiqua que les cadets passeraient la nuit à l’auberge sous la surveillance des volontaires. Il y eut des râlements dans l’assistance mais ils ne durèrent que peu de temps. L’aubergiste se frotta les mains. Le jeune Cooter qui s’était absenté revint avec un sac de voyage et un bâton de marche. D’un mouvement de tête il indiqua la piste du nord puis d’un pas sur il se mit en branle. Grick le trappeur ramassa son barda et emboita le pas au jeune garçon.

Texte collectif

samedi 13 octobre 2012

Session 1

Visite au château de Moorshroud
Des braseros enflammés sont allumés au sommet des remparts et les gardes se préparent à verrouiller les portes pour la nuit, Vous doublez le pas le long du sentier qui serpente à travers les anneaux concentriques de fossés, pour finalement arriver devant des gardes austères et sombres, mais alertes, et prêts à fermer les portes.

A l'intérieur on peut voir un deuxième jeu intérieur de murs et au-delà d'un donjon central. Les guérites à travers les deux séries de murailles sont percées d’une multitude de meurtrières. Tout semble humide et détrempé, avec des stries vertes et de la mousse à profusion. De la paille recouvre le sol dans une tentative de garder l'humidité à distance.

Les troupes armées et blindées sont partout et en état d'alerte. L'un des gardes, un peu moins hargneux que les autres, s'adresse à vous, en demandant ce que veulent ces nouveaux venus…et finit par lancer sa désormais réplique : « pour marcher il faut mettre un pied devant l’autre ».

Dans la zone entourant le donjon, le groupe remarque que c'est ici que la population civile du château vit. On trouve une étonnante variété de tavernes, de petites boutiques, artisans, maisons closes, et tripots, dans des constructions délabrées et entassées dans la petite zone disponible. Tous sont clairement ici pour répondre aux besoins de la garnison. Le dédale de rues où jonchent paille et boue sont encombrés de soldats, prostitués, colporteurs, mendiants, vendeurs de tartes et de saucisses. Des enfants, sans doute engendrés par les nombreux soldats, jouent dans les ruelles et les passages du bidonville éclairent un peu l'air austère des soldats.

La rumeur veut que la comtesse Teskain paye bien pour toute expédition réussie dans le marais.

Le Père Gyan, Maitre Emissaire de Iosas

L’émissaire et le frère Toras sont arrivés le matin même. Il a sollicité une audience auprès de la comtesse qu’il obtenu assez finalement, Dame Ekain est personne accessible dès qu’elle voit un intérêt pour sa mission de protection de la région. Le Père Gyan attendait les aventuriers dans l’antichambre de la forteresse. Il avait négocié une chambre pour lui et son accompagnateur. Le groupe d’ailleurs bénéficiera aussi d’une chambre poussiéreuse et humide dans la forteresse grâce à la générosité mesure de la comtesse Eskain. L’émissaire a pu s’entretenir avec le groupe avant l’entrevue avec la comtesse prévue après le souper. Le dignitaire semblait porter toute son attention sur Alrik Ember en insistant sur l’importance de retrouver l’héritage d’un clan oublié.

La comtesse Eskain
L’entrevue fut brève mais assez cordiale même lorsque grande et athlétique femme de caractère balança les pièces d’un jeu qui trônait sur une table en marbre. La comtesse n’a pas connaissance de l’existence d’un homme à la toque écarlate mais le jeune barde et poète, Danier du Luth convoqué par la dame, se souvenait d’un comédien venu il y a environ un an qui déclamait des vers de mirliton et s’intéressait à la région, notamment à ses aspects les interlopes. Impossible pour le jeune homme de se souvenir de son nom.

La comtesse n’acceptera d’enquêter que si le groupe lui rend un service. Elle et ses hommes ont subit de nombreuses attaques des trolls des marais aussi elle ne peut trop se démunir en troupe et comme à son habitude elle apprécie d’avoir recours à des renforts externes.

Cela fait un moment qu’aucun marchand des bayous n’est venu pour vendre des melons de boue et sa viande de porc. Elle recommande dont que le groupe se rende jusqu’au village de Slither’s End (Bout-de-glisse) pour voir ce qui se passe et à l’occasion ramener quelques provisions. Il faut prendre la route des caravanes vers l’ouest pendant 1 journée puis emprunter une piste en direction du nord qui serpente dans le bayou.

Le père Luk se fit remarquer en demandant qu’un violeur soit bénéficie d’une seconde chance en servant l’église de Iosas pour participer à la reconstruction des villages du sud.

Gael Halad se sentait troublé par la personnalité de la comtesse qui ne correspondait à l’image qu’il se faisait. Il se réfugia dans la prière.

L’hiver tout tourne au ralenti mais dans quelques mois il y aura des caravanes et un peu de trafic fluvial entre les quelques villages qui subsistent au bord du Grand Marais et près du bras de mer de la Lame. La région est pour l’instant tranquille, le danger principal venant du nord du marais et des montagnes.

La vie de château ?

Le soir, la deuxième enceinte s’anime encore plus avec les tripots, les femmes de petites vertus et les vendeurs de services divers. Le Père Luk décida de rester à la forteresse intérieure et de s’entretenir avec le Père Gyan. Les trois autres compères essayèrent de trouver des informations sur le mystérieux homme à la toque rouge. Scaban fit preuve d’une adresse stupéfiante, finissant la main clouée su une table et sans argent. Les trois hommes finirent pour revenir à leur chambre.

Le lendemain matin fut consacrée aux achats pour le voyage, Seule déception, une jolie mule douce et obéissante n’attendait qu’une chose, accompagner le groupe mais hélas, trois fois hélas, la pingrerie a pris le dessus.

Born on the bayou
Le voyage le long de la piste des caravanes se déroulant sans histoire. Le soir le groupe put passer la nuit dans une cabane habitée par un trappeur d’opossums, sa femme et ses 7 ou 8 enfants. Grik avait hébergé l’homme au chapeau rouge et ce dernier avait laissé un cadeau sous la forme d’un bébé fait à la plus âgée des enfants (une adolescente de 13 ans crottée qui trouvait Gael à son goût).
Le ruban
Peu de temps après avoir quitté la piste principale et la cabane des trappeurs, l'eau commença à devenir turgescent et boueuse. La progression n’était pas aisée. Des brumes basses traînaient au niveau du sol et la température baissa de façon sensible. Le marais était composé de tourbières sombres et d’eau saumâtre ponctuée de petites îles marécageuses couvertes de roseaux et parfois reliées par des ponts en bois brinquebalants. Parfois l’eau semblait plus profonde et plus saine. Un épais brouillard obscurcissait parfois toute vision.




Alrik sentait une présence dans l’eau, de petites bulles, des mouvements imperceptibles, une masse sombre. Au aguets, le groupe repéra un corps lourd décapité gisant sur un ilot. En s’approchant, ils virent que le corps était recouvert de lichens et d’algues et que les muscles tressautaient encore. Ces griffes étaient impressionnantes. Le corps était criblé de fin javelots creux. Mais la tête semblait se mouvoir et se rapprocher du corps. Luk s’empara de la tête et la lança dans l’eau et découpa à la hache le reste du corps jusqu’à ce que plus rien ne bouge.

Luk en récupéra deux fins javelots.

Alrik reconnu le monstre comme un troll mais d’un aspect incongru. Le père remarque des branchies sur le cou. Tous conclurent qu’ils valaient mieux ne pas faire trempette avec le monstre.


Le groupe repris la route dans la brume et l’humidité. Peu avant midi, ils arrivèrent sur une vaste zone émergée couverte de maisons à étage que l’on trouve habituellement dans les gros bourgs ou les villes. Lorsque les habitants de Bout-de-glisse aperçurent le groupe, ils les accueillirent avec chaleur.
A suivre.


Session 1 du 14/10/2012