Campagne

dimanche 3 janvier 2010

[Résumé] Session 11



Lupius espère rester en vie de longues années...

En des temps anciens, un être monstrueux immergea des fonds marins. Son corps de plusieurs mètres de long au reflet rose ondulait avec grâce se dirigeant ainsi à grande vitesse vers le golfe de Varisia. Une fois la côte atteinte, il poursuit son parcours en remontant le large et profond fleuve Ganrenard. Les cataclysmes et bouleversements majeurs n’étaient pas rares en ce lointain passé et l’être fut pris au piège, incapable de regagner les eaux source de vie. Contraint, il termina son voyage sur la terre ferme en se hissant à l’aide de ses courts tentacules dans ce qui deviendra le Bois des Murmures. L’élégance des ses ondulations avait laissé place à une démarche lourde et trainante qui le mena dans une grotte humide, où il se réfugia. Étrange destination qu’une grotte souterraine pour un être dont la nature ou les dieux avaient prédestiné à une vie aquatique. Le monstre plongea dans un rêve sans fin, le temps nécessaire que la mutation aboutisse. Son corps s’adaptait au fur et à mesure que la grotte s’asséchait. Son rêve aurait atteint l’éternité si Elle ne l’avait réveillé.




Le jeune couple d’apiculteurs affichait un visage enjoué. Ce jour, le volume des ventes au marché de Magnimar leur assurerait un bien être à partager avec leur petite famille durant les six mois à venir. Temps suffisant pour se constituer un nouveau stock et réitérer cette opération commerciale avant de connaître à nouveau la disette. La vie leur souriait enfin, l’avenir se montrait prometteur, les efforts avaient porté leurs fruits. Sur la route du retour ils croisèrent trois chasseurs comblés au point que le poids et l’encombrement de leurs prises entravaient lourdement leur déplacement. Comme ils prenaient tous la même direction, contre quelques monnaies, les trois hommes purent se soulager de leur charge dans le chariot du jeune couple. Ce jour là devait être un jour de joie, il fut l’amorce d’un mortel cauchemar. En cours de chemin, à la lisière du bois des Murmures, les trois chasseurs assassinèrent froidement l’apiculteur et enlevèrent sa femme. Ils la conduisirent vers un ancien château en ruine, et la tinrent prisonnière dans une salle du sous-sol à proximité du cellier, ou trônait en son centre un large puits couronné d’arcs de métal rouillés d’où pendait une vielle chaine tenant un seau destiné à prélever une eau saumâtre. Ils laissèrent ainsi la femme attachée quelques jours au pied du puits, sans la brutaliser, au contraire, en prenant grand soin de sa santé. Puis un jour, sans raison apparente, les trois gardiens contraignirent la femme à se dévêtir et la fixèrent nue à l’extrémité de la chaine en lieu et place du seau. Elle resta plusieurs minutes ainsi, suspendu au dessous d’une eau profonde et stagnante, l’humidité et le froid couvrant insidieusement son corps d’un voile prémonitoire d’une mort lente. Ses geôliers ne bougeaient pas, ils contemplaient le fond du puits. De faibles remous apparurent à la surface. Les mouvements s’amplifièrent laissant des giclées déborder et arroser le sol. A cet instant, les trois criminels trempés s’activèrent sur la chaine qu’ils parvinrent, sous des crissements aiguës, à faire lentement coulisser. L’apicultrice se rapprochait dangereusement du liquide en furie. Elle criait, elle hurlait, elle se débattait en oubliant la douleur que ces mouvements frénétiques engendraient. Efforts inutiles, elle s’enfonçait inexorablement dans le puits. Lentement, elle pénétra dans l’eau glacée. Elle fut submergée, condamner à la noyade. Elle ne voyait plus, n’entendait plus rien, mais elle sentit comme un gros serpent l’enlacer vigoureusement et l’entraîner vers le fond pour la plaquer le long d’un géant corps rugueux. Une insupportable douleur lui déchira le bas ventre, comme le ferait un trait incandescent dans une mortelle pénétration. Elle cria à nouveau, mais aucun son ne fut émis. Profitant de cette ouverture un flux d’eau visqueuse envahit son thorax.
Plusieurs mois plus tard, de violentes contractions secouaient son organisme épuisé. Les trois geôliers présents se réjouissaient du spectacle. Ils l’encourageaient en vociférant des insultes grivoises. Elle ne voulait leur donner la jouissance de son agonie. Aussi, elle retint ses cris, mais ne put retenir ses larmes. Ils riaient. Elle pleurait. La dernière contraction. Elle donna la vie au prix de son sang qui imprégnait la misérable paillasse qui servait de table d’accouchement. L’un des geôliers, le plus grand, sans doute le chef,  s’empara du nouveau né qu’il présenta méchamment à la pauvre femme en fin d’agonie. Un hurlement de terreur mêlé de désespoir emplit les lieux avec une telle intensité, que les murs semblèrent frémir. Se fut son dernier souffle.




Zordlon, un jeune grand elfe à la stature athlétique, s'avançait solennellement vers l’Appel du Retour où les sept Anciens l’attendaient assis sur les bancs sculptés à même la pierre au sommet du promontoire balayé par les vents gorgés de sel et d’embruns. Le ciel de l’aube éclairait la scène d’une lumière rase qu’une fine brune tamisait. Lorsque Zordlon parvint au centre du promontoire, il s’immobilisa. Les Sept se levèrent. Ils portaient tous la même longue tunique de fine soie où les sept couleurs de l’arc en ciel rivalisaient avec le noir. Le personnage central s’avança le premier vers le jeune chasseur. Il lui tendit un long masque que Zordlon prit et plaça sur son visage. Tour à tour, chaque Ancien lui remit un bien : une armure de cuir, une paire de bottes, un arc, un carquois garnis de flèches, une longue dague, un sabre. Le premier des Sept se releva. Il posa sa main gauche sur la partie frontale du masque, puis de sa main droite, il désigna l’horizon.
- Elle l’a réveillé. Tu es Celui. Es-tu prêt ?
- Je le suis.
- Alors revient.
La cérémonie se conclut par ces deux mots qui furent prononcés comme les autres, en azlante langue d’une civilisation disparue depuis 6500 ans.

Lorsque Zordlon se réveilla, il était dépouillé et crucifié. Il se rappela la longue traversée sur l’océan qui s’était étendue sur de trop nombreux jours, bien plus qu’il ne l’avait estimé. Il se rappela être arrivé épuisé sur une côte proche de son objectif, avoir perdu le contact et se perdre dans une zone marécageuse. Au-delà, sa mémoire restait muette, seule la raison lui suggérait harassé, il n’avait pu résister à l’appel du sommeil. La mort se rapprochait. Il la voyait sous l’apparence d’un être mi-homme mi-monstre, tenant un long cimeterre ensanglanté. Le semi-monstre se rapprocha ; la fin aussi, donc. Tristesse et fatalité de l’échec. Le monstre le regarda d’un air suspicieux. Il pointa sa lame sur le crucifié qui tressaillit à son contact. Il brandit son puissant cimeterre prêt à porter le coup fatal, hésita, et, le reposa. Il émit un étrange son proche d’un sifflement, et attendit. Manifestement, la chance protégeait Zordlon : un maître elfe et ses serviteurs, un nain et un demi-homme, venus rejoindre le semi-monstre suite à ce qui devait être un appel, le libérèrent. Le maître lui confia une dague et un arc de bonne facture, le demi-homme le soigna. Zordlon conversa avec le maître toujours accompagné du petit qui prenait de nombreuses notes qu’il relisait sans cesse. Le plus surprenant fut le lendemain, alors que Zordlon, remis de ses blessures et de son épuisement, menait le maître et ses serviteurs vers sa destinée, le demi-homme, profitant d’une courte pose, lui adressa la parole en Azlante.
- Vous voyez, je vous imagine comme un des ancêtres du peuple azlante dont la civilisation fut détruite par la chute des étoiles. Je vous imagine venir d'Absalom, conduit par une quête divine dont l'aboutissement vise à l'extinction de ces mortelles créatures venues des profondeurs pour engendrer terreur et désolation. Quelle est votre prochaine proie seigneur Zordlon. Vers quelle puissance maléfique vous conduisez-nous ?
L’elfe fut interloqué d’entendre ainsi un être inférieur parler la vraie langue, alors que le maître, et sans doute de nombreux nouveaux elfes n’y parvenaient. Aussi basse était la condition du demi-homme, il lui devait une réponse ponctuée de quelques précisions et rectifications.
- Tu parles une langue morte dans le cœur des humains mais vivante dans l'esprit de ceux qui revinrent du Royaume des Mystères pour y affronter leur Destin. Nous avons arrêté nos pas dans l'ombre de la Flèche Mordante pour nager et plonger là où la lumière n'est qu'une esquisse. Je dois obtenir une lentille oculaire pour prouver la valeur de mes actes.  Elle s'est réveillé il y a de cela 5 de vos années si brèves. Elle attend dans des ténèbres humides le moment opportun d'accomplir son destin. Mais elle mourra même si je n'ai plus mon arme semi-vivante. Elle, elle...l'Aboleth.




- Dis papy, intervient le plus jeune des trois petits enfants suspendus aux lèvres de leur grand-père, pourquoi t’as rien dit pour la belette à tes copains ?
- Parce qu’ils sont pas gentils explique sa sœur qui connait les histoires antérieures.
- Je pense que c’est plus compliqué que cela conclut l’aîné proche de l’adolescence.
- Oui en effet, c’est plus compliqué renchérit Lupius Gazard à lui-même. En fait, je leur ai dit, mais …
Le vieil halfelin fait silence, laissant ses souvenirs le ramener cinquante années en arrière, sur un chemin qui traversait le bois des Murmures en compagnie de ses trois compagnons, Ab’rak, Olaf et Scalarel. Ils empruntaient une route sans en connaître la destination, une route choisit par le hasard qui leur faisait partager la quête de Zordlon, un elfe venu d’une île lointaine : la Flèche Mordante.
- Mais, reprend le conteur, je n’étais pas certain d’avoir appréhendé la complète signification de la réponse ambiguë de l’elfe. Or un esprit scientifique ne peut partager des hypothèses sans un minimum de convictions étayées et démontrables. D’ailleurs, l’avenir me contredit sur certains points.  Au demeurant, à cette époque je n’avais qu’une confiance limitée dans mes compagnons. Et je pense que ce sentiment était réciproque. Pour tout vous dire, j’en étais certain concernant le père Olaf et à peu près sûre pour Scalarel. Je m’adressais donc en premier à Ab’rak.
- Houais, l’interrompt le plus jeune qui quitte brusquement les genoux de son papy et entreprend une interprétation très personnel du guerrier demi orque en gesticulant dans tous les sens, tuant maints féroces ennemis imaginaires.
- Je suis le grand guerrier, le décapeur de sorcière, la terreur des gobes, le plus grand chasseur de la belette.
- Et aussi le plus grand tueur de vieillard, se moqua l’aîné faisant allusion à un épisode précédent.
- Ca c’est la faute du prêtre, il a pas su bien lui expliquer.
- Qu’il l’aurait fait, cela n’aurait rien changé ; y comprend que dalle ton héros.
- L’a tout compris, c’est l’autre qui sait pas commander. Le guerrier, c’est le plus fort et le plus intelligent d’abord !
- Non, c’est mon papy le plus intelligent, réplique vivement la petite fille qui profite de l’escapade de son jeune frère pour s’installer sur les genoux de son grand-père.
- Vous êtes méchants, encore plus méchant que la scie aux pattes de gnome. L’insulte suprême du cadet à ses aînés.
- Psychopathe, abruti ! corrige l’aîné sous forme d’un élan pédagogique d’adolescent.
Lupius voyant la situation lui échapper, décide de reprendre les choses en mains.
- Ca suffit ! Si vous continuez à vous quereller, j’arrête et tout le monde au lit ! Silence, avant de reprendre posément.
- Le problème avec Ab’rak ne fut pas celui du manque de confiance. Je le savais capable du meilleur comme du pire. Non, le problème en réalité était celui de l’inconscience. Si je lui avouais que l’elfe savait où trouver un puissant monstre, il ne faisait aucun doute qu’il serait parti sur le champ combattre seul l’Aboleth, quitte à torturer l’ami Zordlon pour savoir où se cachait sa nouvelle proie. Aussi, je me limitais à le mettre en garde contre tout combat à venir qui se déroulerait dans l’eau.
- Pourquoi fallait pas qui se batte dans l’eau ? Interroge le plus jeune toujours intéressé par tout ce qui touche de près ou de loin son héros préféré.
- En principe, les Aboleths sont des créatures aquatiques, dont plus à l’aise et plus dangereuse dans ce milieu.
- Dans, l’eau ou dans le ciel, Ab’rak l’y coupera la tête à la belette !
- C’est dans doute ce qu’il pensa renchérit le grand-père avant de poursuivre.
- A Scalarel, je lui posais une énigme.
Bien qu’aucun autre halfelin ne soit présent dans le salon, ceux présents entendirent le ton moqueur d’une voix féminine parfaitement reconnaissable.
- Une énigme, et bien les enfants, à l’heure qu’il est, je suis certaine qu’il ne l’a toujours résolu l’autre espèce de goujat.
- Lirina ! reprit sévèrement le vieil halfelin, ta rancune à plus de cinquante ans, il serait grand temps que tu passes à autre chose !
- Jamais, tu comprends, jamais je …
- Mamy, papy, vous n’allez pas encore vous disputer pour cette éternelle ritournelle, leur reproche vertement l’adolescent.
Les deux adultes vexés de se faire justement réprimander par bien plus jeune qu’eux, ne disent mot. Puis après un court instant de silence éloquent, le grand-père reprend son récit.
- J’ai commis une erreur ce jour là. En masquant ce que je savais à Scalarel, en jouant un personnage manipulé par son mystérieux semblable, en d’autres termes plus simples et plus francs, je mentais à mon compagnon qui le comprit et en fût fort affecté. Tout cela pour éviter ses moqueries, que j’interprétais comme un profond mépris, si jamais j’étais dans l’erreur.
- Tiens, tu vois, toi aussi, ne put éviter de commenter la voix féminine.
Ignorant ce commentaire incisif, il poursuit.
- Puis je rendis visite au prêtre pour lui glisser, en faisant la même comédie, un conseil quant à l’usage de ses sorts.
- Tu t’es trompé là aussi ? questionne la petite fille.
- Non, répondit-il en riant. Le père Olaf n’aurait jamais accepté de qui que ce soit un conseil dans son domaine de prédilection. J’avais donc ainsi une chance qu’il m’écoute, puisque ce choix ne venait pas de moi, mais du résultat sa compréhension de la situation grâce à la combinaison de sa grande intelligence et de son immense savoir.
- Ca a marché ?
- Oui, si je retiens qu’il suivit mon conseil. Non, si je me souviens du sermon auquel j’eu droit sur la confiance et la solidarité du groupe qui formait le ciment de nos succès à venir et patati, et patatère.
- Vous avez fait quoi après ?




Lorsque le petit-homme lui remit l’armure de cuir qu’il avait habilement acheté à l’un des trois rôdeurs, Zordlon sut. Les tuer maintenant, inutile, seulement les suivre jusqu’à son repaire.




- … Nous parvînmes à un ensemble de ruines qui s’apparentaient à des vestiges d’un ancien et modeste château. Seuls quelques murs couverts d’un manteau végétation se dressaient à faible hauteur. Devant ce qui semblait être l’entrée principale, nous nous séparâmes afin d’explorer les lieux. Un premier groupe composé du père Olaf, de deux rôdeurs et de moi-même, se dirigea vers une ancienne grande salle sur la gauche le la bâtisse. Le prêtre possédait d’intéressantes connaissances en architecture, ce qui nous permit de situer l’âge de ces ruines d’origine humaine autour de 300 ans. Elles portaient les stigmates d’anciens combats dont manifestement le dernier fut fatal et destructeur. Nous étions donc en pleine recherche lorsque je ressentis une présence malfaisante. Les rôdeurs qui nous accompagnaient, exprimèrent la même crainte en nous faisant signe d’interrompre nos passionnants travaux. Un pesant silence oppressait l’atmosphère. Les végétaux apeurés, se rétractaient en se protégeant au mieux dans les interstices des murs de pierre délabrés, où sous les socles des vielles statues démembrés représentant d’anciens seigneurs en arme. Un épais brouillard ceintura le vieux monument, puis progressivement, le recouvrit entièrement. Nous fûmes saisis de frissons humides, terrain favorable à la peur qui tentait de posséder nos âmes. Mais nous étions sur nos gardes, prêts à affronter le mystérieux danger qui tardait à déclencher son fatal assaut. Un violent vent glacial au sifflement inquiétant dissipa soudainement la brune, dévoilant enfin le vrai visage de nos adversaires.
Le vieil halfelin fait une courte pause, afin de captiver davantage l’attention de ses trois jeunes spectateurs déjà suspendus à ses lèvres.
- Autour du père d’Olaf et de moi-même, douze créatures immondes tentaient de nous encerclés.
Le conteur pose délicatement sa petite fille installée sur ses genoux. Debout, avec grande prudence, tournant la tête sans cesse pour éviter de se faire surprendre, il recule lentement vers le mur le plus proche du salon.
- Alors nous reculâmes précautionneusement pour nous placer dos au mur. Ainsi, malgré leur large supériorité numérique, les monstruosités ne pouvaient pas nous encercler. Nous prîmes le temps de les examiner, afin d’identifier ceux que nous allions devoir combattre. Une dizaine de créatures mi-homme mi-poisson nous regardaient méchamment de leurs yeux globuleux. De taille humaine, ils arboraient une grosse tête munie d’une forte mâchoire proéminente en perpétuelle mouvements menaçants, d’où nous pouvions apercevoir plusieurs rangés de dents acérées. Ils étaient couverts d’écailles jaunes et vertes. Ils se tenaient voutés, ce qui plaçait en exergue leurs longues nageoires dorsales maintenues par de fines pointes protectrices. Deux longs bras se terminant par des griffes affutées, remplaçaient les nageoires pectorales. Pas de queue, mais deux jambes trapues qui reposaient sur de larges pieds palmés. Malgré leur nombre, ces carnivores ne représentaient pas le plus grand danger. Les deux autres créatures étaient bien plus menaçantes. Il s’agissait de nos rôdeurs, devenus des êtres flasques avec une vague apparence humanoïde, qui contrairement à leurs dix alliés, poussaient d’horribles cris stridents, prélude à une puissante attaque : des ugothols, aussi appelés chasseurs sans visage, anciennes créatures façonnées par les monstres des fonds marins et souvent enrôlés comme espion. Ces deux mutants qui nous avaient bernés et piégés abandonnèrent leurs armes, préférant user de leurs attributs naturels sans doute plus efficace que leurs épées de duelliste. La situation n’était guère plaisante, sinon pour la déesse de la mort et de la duperie qui devait se réjouir d’un tel spectacle.
Le grand-père court et saute sur son fauteuil en parvenant non sans mal, à maintenir son équilibre. Il se retrouve debout, légèrement en hauteur, prêt à haranguer la foule qui le fixe d’un regard admiratif et passionné.
- Lâche, il te faut user des pires ruses pour oser nous affronter. Au combat d’honneur, tu préfères celui de la traitrise. Alors, sans honneur tu gouteras la lame de l’invincible d’Ab’rak. Sans retenue la puissante magie du grand Scalarel te punira de ta perfidie. Sans pitié le bras de père Olaf armé de son marteau forgé par les mains même du dieu Torag te fera regretter à jamais ta couardise.
Suit sur le même ton, avec le même enthousiasme, un flot de paroles que personne ne comprit, mais dont on pouvait deviner le sens. Puis, revenant dans une langue plus classique.
- Maudit sois-tu, toi qui ne pourras annoncer ta défaite à ton méprisable maître.
Il fait une pause, le temps de récupérer l’énergie dépensée à cette harangue teintée de magie. Puis, il reprend son récit qu’il ne peut s’empêcher de mimer, pour le plus grand plaisir de ses trois petits enfants, par de diverses acrobaties limites dangereuses pour un halfelin de son âge.
- Ces quelques mots gonflèrent de courage et de combativité mes compagnons qui pourtant n’en manquaient pas. Malheureusement, je savais que ces encouragements magiques seraient insuffisants. Je devais soutenir le père Olaf en difficulté face à tant d’adversaires. Pourtant, il fallait voir comment il se défendait ! Son grand marteau ouvragé faisait de dangereux lacets qui offraient une protection bien plus efficace que le plus solide des boucliers. Et si par témérité, un ennemi tentait une approche, il se remettait que rarement du « baiser de Torag». Pour ma part, j’harcelais nos nombreux adversaires déviant ainsi leurs coups sur moi que j’esquivais sans peine par d’habiles esquives corporelles, tout en indiquant la direction des assauts, que l’ennemi s’apprêtait à délivrer à l’encontre du prêtre : « Père, gardez-vous à droite ! Père, gardez-vous à gauche ! ». Au bout de plusieurs heures d’un combat acharné, le sol autour de nous jonchait de corps d’hommes-poissons qui avait tâté du « baiser de Torag». Et ceux qui y avaient échappé, fuyaient. Seuls les deux infâmes mutants continuèrent la lutte jusqu’au bout. Blessés, ils avaient perdus de leur ardeur, mais les coups du vénérable marteau portés par le père Olaf s’enfonçaient dans leur chair molle sans produire de grands effets. Il fallut le renfort d’Ab’rak et Zordlon pour en venir à bout.
Le conteur avait fini la première partie de son histoire. Il se rassoit sur son fauteuil, le temps de reprendre sa respiration. L’horloge sonne l’heure du couché, la suite est donc pour demain. Du moins, en principe.
- Dis grand-père, c’est quoi qu’ils ont fait les autres pendant que tu te battais avec le père Olaf ?




Zordlon resta devant l’entrée. Observer. Le groupe se sépara en trois. Le maître, le nain et le petit, inconscients du danger, pénétrèrent dans la ruine, accompagnés des rôdeurs, le premier vers la droite, les deux autres sur la gauche. Le semi-monstre resta sur place. Zordlon savait que celui-ci le surveillait. Erreur.
Les deux groupes furent vite encerclés par des engeances-nées que les trois espions redevenus des chasseurs sans visage avaient imperceptiblement appelés. Le semi-monstre chargea. Trop de tempérament, manque d’attention et de concentration. La petite pierre au sol dévia la charge qui percuta un mur. Amusé, Zordlon mesura la supériorité naturelle du maître, en positon d’infériorité numérique, qui élimina un gardien d’un seul coup d’épée. Conforter sur leur comportement, Zordlon prêta main forte au maître et à ses serviteurs. L’issue fut immédiate. Il récupéra une des épées que les trois mutants avaient abandonnée. Mais il était contrarié ; il ne ressentait plus sa présence.




« … avec l’aide d’Ab’rak, je pus enfin sortir de ce trou à rats. Je ressemblais à un porc épique à demi-mort, extrait du plus immonde des égouts. « T’inquiète Lupius, j’vais t’soigner ». Sans attendre mon autorisation, le vaillant guerrier me plaqua au sol, et d’une célérité et adresse remarquables, extirpa de mon pauvre corps meurtri, la vingtaine de carreaux empoisonnés qui s’y étaient logés. « Poison, mauvais » m’expliqua t’il. Il prit son cimeterre. « Trop grand, pas pratique » diagnostiqua t-il en se saisissant de ma dague. Il incisa les plaies les plus profondes et posa sur chacune ses grosses lèvres pour appliquer une forte succion qui se terminait par un cracha sanguinolent. Jamais je n’aurais pensé que mon petit être contenait autant de sang. Pendant qu’il me soignait, j’étais passé par toutes les frayeurs. J’avais cru qu’il me décapiterait, qu’il me mangerait, ou qu’il se désaltérait de mon sang. Je l’avais associé à un bourreau, un anthropophage et un vampire. En réalité, c’était un excellent soigneur qui venait, tout simplement, de me sauver la vie !
Entre temps, Scalarel avait découvert l’accès qui menait au sous-sol. Ab’rak me porta jusqu’au groupe massé devant l’escalier souterrain. Je montrais à Zordlon un des carreaux à l’origine de mes déboires. Il répondit « Derro, ses serviteurs ». Je traduisis sans trop comprendre le sens de ma traduction. Père Olaf, nous expliqua : « les Derros sont des nains qui n’ont pas choisi la sagesse de Torag et ont sombré dans le Mal en idolâtrant les mauvais dieux. Leur esprit est folie. Seule la mort peut leur rendre raison ». Conception du pardon très « Olafienne ». Mais rien ne nous arrêtait. Nous descendîmes. Cette fois-ci je restais en arrière, car malgré les soins du guerrier, je me sentais faible. Au fur et à mesure que nous descendions, la lumière s’estompait pour totalement disparaître. Je ne voyais plus rien. Mais, je me refusais d’allumer une torche. Déjà, le père Olaf, comme à son habitude, m’avait hurlé dessus sous prétexte que mon escapade avait signalé notre présence et effacé de la sorte le soi disant effet de surprise qui conditionnait notre succès. Propos qui avaient engendré une vive protestation d’Ab’rak : « avec tout le barouf qu’on a fait à massacrer les poiscailles, y a belle lurette que les gars du coin y ont pigé que c’est nous qui sommes là ». Ne voulant pas aggraver la bougonnerie du nain, qui bien entendu a toujours raison, je ne lui faisais pas remarquer que de plus, grâce à cette escapade, nous connaissions nos prochains adversaires, ce qui représente une autre forme d’avantage. Mais, pourquoi risquer de briser la cohésion du groupe pour des peccadilles ? Vous voyez les enfants, parfois il faut …
- Papy ! L’horloge a déjà sonné l’heure du couché et mamy ne va pas tarder à nous expédier au lit. Alors, s’il te plait, raconte-nous vite la suite.




L’escalier donnait dans un ancien cellier qui avait été saccagé. Le semi-monstre en tête de l’expédition, franchit sans méfiance la porte du fond. Un jet de carreaux l’accueilli. S’en suivit une lutte dans un étroit couloir. Curieuse tactique que celle employée par ce brave. Toutefois, en faisant obstruction, il permettait à Zordlon de garder ses forces pour le véritable combat à venir. La lutte fut longue et humiliante pour le semi-monstre qui aurait succombé sans l’intervention salvatrice du nain. Le maître devait être un personnage important pour détenir un prêtre comme serviteur.
Le puits, salle de reproduction, ne pas s’attarder. Ils suivirent un large couloir inoccupé qui donnait dans une nouvelle salle obscure. Une nouvelle pause. Le semi-monstre et le demi-homme installèrent des chausses trappes. Sage précaution. Zordlon et le prête attendirent que les deux tacherons finissent. Juste intelligence. Le maître poursuivit seul. Téméraire insouciance.




«  … Nous avions à peine terminé de placer les chausses trappes avec Ab’rak, que le sifflement caractéristique de carreaux d’arbalètes fendant l’air se fit entendre. Un bruit sourd nous fit comprendre que quelques unes avaient atteint leur cible. De la plainte d’un elfe nous déduisîmes que la cible s’appelait Scalarel aventuré seul dans la salle noire juxtaposée au large couloir que nous sécurisons. Zordlon, Olaf et Ab’rak, se précipitèrent au secours de notre compagnon au prises avec plus plusieurs dizaines de Derros au teint pâle, les yeux blancs des bêtes souterraines, faméliques mais lourdement armés et protégés, aptes à jeter d’irrésistibles sorts, un danger encore plus grand de celui que nous avions vaincu à la surface. Il pleuvait des carreaux d’arbalète. Je percevais les râles de douleur qu’extirpait chaque impact de ces mortels traits de mes compagnons. Mais pour chacun des impacts, dix maudits nains rendaient leur âme maudite. Un prêté pour dix rendus. Je les encourageais. Mais lorsque je vis venir vers moi Scalarel, titubant, tenant son abdomen ensanglanté de ses deux mains pour ne pas laisser ses entrailles s’échapper de sa plaie béante et choir sur le sol, je compris que l’issue du combat prenait une mauvaise direction, que ma magie stimulante ne suffirait pas, pas d’avantage que la bravoure et la combativité de mes compagnons. Je me plaçais devant Scalarel agonissant, faisant rempart de mon corps aux assauts ennemis. Je chargeais mon arbalète de précision dont j’avais conçu moi-même les plans. Je découvris plus tard que celles des Derros possédaient un mécanisme fort ingénieux de chargeur à répétition, modèle que je conservais par la suite. Je profitais du faible éclairage que procurait inconsciemment la lame de feu de Zordlon pour ajuster mon tir.
Le vieil halfelin, décroche du mur son arbalète, devenu objet de décoration, objet de souvenir. Et, devant ses petits-enfants, il mime la scène, non, il la vit une seconde fois.
- Attention, je dois viser juste, car dans cette mêlée, le moindre écart peut être fatal pour mes compagnons. La faible luminosité m’impose une difficulté supplémentaire. Je me concentre, je sélectionne ma cible ; le Derro en lutte avec Zordlon. Je me cale, écarte les jambes, fléchis les genoux. Je bloque ma respiration. J’appuie sur la détente. La corde se détend, le carreau part, siffle, atteint sa cible. Elle s’effondre, morte.
- Ouais, papy t’es trop balaise, même Ab’rak y serait pas arrivé s’enflamma le cadet, qui se place à coté de son papy pour combattre à ses cotés.
- Papy, qu’as-tu ? demande la petite fille qui s’inquiète à voir son papy reposer tristement l’arbalète.
- Jusqu’à présent, je n’avais jamais tué personne. Tuer, moi qui vénère la Vie, moi qui alors luttais contre une conspiration malfaisante qui visait à gangrener ce bien le plus précieux que représente la Vie.
La petite fille prend son papy par la main, et lui glisse affectueusement.
- C’est ne pas de ta faute, le prêtre lui-même a du tuer ces méchants nains.
- Oui, et puis, sont encore plus méchants que la scie aux pattes de gnome ceux là, alors t’as qu’à voir, le rassure le cadet.
- Avais-tu le choix ? Interroge finement l’adolescent.
Le grand-père sourit à ses petits enfants en les remerciant de leur soutien moral. Il s’assit sur son fauteuil, et poursuit, moins exalté.
- Je m’apprêtais à recharger mon arme, lorsque dans mon dos, j’entendis un râle d’agonie suivi d’une chute. Scalarel venait de perdre connaissance. Notre prêtre, pris à parti avec ses sombres congénères, ne pouvait intervenir. Aussi, j’abandonnais le combat pour porter secours à l’elfe. J’usais de la magie que m’avait enseignée le père Zantus. L’elfe était sauvé. Le combat s’acheva à cet instant. La plupart de mes compagnons avaient payé durement cette lourde victoire. Malgré les soins de père Olaf, il nous fallait une bonne nuit de sommeil avant de poursuivre. Je fis une description rapide de la situation à Zordlon, qui pour toute réponse pointa l’extrémité de la pièce au sol tapissé de cadavres, triste fruit de notre gloire, et commenta : « par là ». Je transmis à mes compagnons la volonté de Zordlon de continuer. Dans un esprit collectif d’un niveau d’inconscience proche de la folie, nous décidâmes de le suivre.




 « Je le sens. Il est là, tout proche. Je lis sa marque à travers l’obstination du maître à renoncer, à entrainer ses serviteurs à renoncer, à me contraindre à renoncer. Or, l’elfe ne connaît pas la couardise. Donc, il est derrière, il manipule. Jamais je ne renoncerais. Je sévis, il le faut. Je gifle. Le maître tombe. Le demi-homme parle. Les serviteurs acquiescent. Ils ont compris. Bien. Nouvelle agression. Un géant entrave mon chemin. Le prêtre frappe. Illusion, le géant disparaît. Bien. Je suis perplexe. Face à un mur. Pas d’issue. Pourtant, il est là, proche. Nouvelle agression, nouvelle illusion. Le prêtre a compris et franchit le mur. Ils le suivent. Je le suis. Bien. De la lave. Infranchissable ? Tout est illusion. Le semi-monstre s’avance, et le déloge. Bien. Les tentacules ont agit. Le guerrier se replie, blessé. La mutation apparaît, le brave est condamné. Tant pis. A moi. J’enflamme. Je frappe. J’esquive. J’encaisse. Je sens une petite main me toucher. Ma combativité croit, ma volonté augmente. Bien. Je frappe. Il frappe. Je touche. Il touche. Je domine. Il s’affaiblit. La fin est proche. Le semi-monstre est rétabli. Le prêtre ? Comment savait-il ? Ils méritent. Je les laisse finir. Le semi-monstre pousse un cri vengeur, charge et tue. S’en est fini. Je prélève une lentille oculaire. Puis la seconde. Je l’offre au guerrier. Aider, j’avais promis. Je serais là, dans un an. Maître, semi-monstre, prêtre, petit-homme, bienvenue chez moi. J’ai dit cela. Ils méritent. S’en est fini. Je reviens. »




Alors que Scalarel, Olaf et Ab’rak fouillaient les lieux, Lupius restait assis à contempler l’immense Aboleth. Après quelques minutes de recherches qui s’avérèrent fructueuses, le prêtre, heureux d’avoir trouvé belle richesse rejoint, l’halfelin :
- Qu’est-ce qui vous rend si pensif Lupius ?
- Je cherche celui ou celle qui a réveillé ce monstre.
- Avez-vous trouvé ?
- Je le crois.
- Vous me feriez-vous suffisamment confiance pour me faire partager votre découverte ?
- Lamasthu ; et il est grand temps que nous nous rendions à Magnimar.

 


lundi 23 novembre 2009

[Résumé] Session 10


Ab'rak s'exprime :

V’la donc qu’le group’ et moi, z’on étaient en route pour Magnimar passqu’y fallait trouver un poto au Lupius qu’avait un « laboratoire », y paraît … bon j’ai pas trop compris, mais y’allait avoir surement de la baston, alors j’étais d’accord pour aider le p’tit homme et les z’aut’ aussi. Même que le pote Drag’, le prêtre de la déesse à partouze qui nous z’avait un peu aidé pour défoncer les gob’, y voulait profiter de l’occase pour faire le même chemin.
 
Et pis v’la  que j’vois de loin un corps que j’ai immédiatement reconnu comme étant c’lui d’ma Shalelu. Je fonce ! Elle était vivante mais super faiblarde. J’étais pas bien dans ma tête, ça m’faisait un mal de chien d’la voir com’ça ! J’pique une fiole d’anti-poison au p’tiot, vu qu’elle paraissait pas blessée sérieusement mais juste égratignée partout, que c’était suspect d’être si mal avec si peu d’chose (même si c’est une fille, c’est pas une mijorée la Shalelu). Bon ça pas été suffisant et l’a fallu un peu d’magie d’soin en plus, mais bon, après, l’était plus fraiche quand même.
Pis Shalelu, elle nous explique qu’elle était en mission dans les marais d’à côté pour trouver pourquoi y’avait les zommes-crapaud qui faisait des raids de pillage, pissque c’était pas dans leurs habitudes de faire du barouf si tôt passqu’y z’avaient fait déjà ça y’a pas longtemps… Bon c’était pas normal et ma Shalelu, elle est du genre à faire les trucs bien, quoi, alors elle a été voir. Mais elle s’est faite presque chopée et comme elle est du genre douée, ben elle a réussi à s’barer du marais, mais d’justesse. Voilà !
 
Alors pissque le Drag’ y voulait bien la ram’ner au bled avé la mule du p’tiot (encore une idée qu’il avait eu le Lupius, passqui sait pas aller en vadrouille sans emporter la moitié d’sa piole), ben moi, j’étais furax contre les zommes-crapaud et j’avais dit qu’il fallait aller les buter, et pis comme les z ‘aut’ y z’étaient d’accord, bon, ben on est entré dans l’marais. Le lupius y connaissait un peu vu qu’il avait déjà été dans sa jeunesse (bon ça m’a un peu étonné passque c’est pas le genre à prendre des risques) et y savait qu’y fallait aller vers un gros caillou que Shalelu lui avait dit, alors on a été par là.
 
Alors on marche dans l’marais qu’était pas trop crade vu la saison, mais qu’on a eu l’impression, surtout le Lupius, qu’y’avait comme un « mauvaiz’œil » qui nous portait la poisse un moment… Bon, ben c’est aussi les risques du job de chagriner les dieux du hazard !
Pis v’la qu’on tombe sur un chariot d’paysans renversé et vidé avé le bœuf qui l’tirait complètement naze ou presque. C’était clair qu’y’avait eu une attaque et que l’paysan s’était fait piquer. Comme les traces étaient celles de créatures genre qui sont à l’aise dans la flotte, on a pensé que c’était les zommes-crapaud. Le père Olaf y m’a d’mandé d’buter le bœuf pour pas qui souffre, alors comme il est sympa avec moi le père Olaf, ben j’lai fait, mais j’ai pas trop compris pourquoi, vu q’lui aussi pouvait l’faire. Bon, en même temps c’est l’père Olaf, alors j’pose pas d’question vu qu’c’est un pote.
 
Alorss on suit not’piste vers l’caillou, et pis v’la qu’à un moment on entend un cri-ki-tu (c’est com’ça qu’nous les zorks on appelle les bruits qui font mal aux zoreilles) que le Lupius ça l’a tout perturbé. Y’a 4 zommes-crapaud qui apparaissent de dedans du marais et qui nous z’attaquent d’abord avé leurs langues qui collent puis avé des grosses massues. Le père Olaf qu’est courageux, y cherche à s’faire le shaman qu’a crié et y fait apparaître un marteau magique volant pour cogner plus fort. Le nelfe et Lupius y z’essayent de s’faire un aut’, tandis qu’moi j’m’en prend deux d’un coup, que j’me dis que j’vais m’les faire facile. Bon Olaf et moi on en bute chacun un, mais les z’aut’ y s’barrent très vite. Là le p’tiot m’a étonné quand même passque même avec les zoreilles qui bourdonnent, il a vraiment pris des risques et été à la baston, alors que j’me suis dis qui pouvait quand même être utile (quand y cause pas…).
 
On continue la piste et on arrive à un rideau d’arbres qu’est tout couvert de corps attachés, certains même qui sont pas frais. Comme j’ai l’oreille fine, j’entend qu’y’en a un qui gémis. C’est un nelfe à poil qu’à l’bras cassé, mais qui respire encore. J’me dis qu’ça va faire plaisir à not’nelfe à nous, alors j’l’appelle… pis y’a un drôle de truc par terre que j’veux qui voi-ye passque ça m’dis rien. Bon, j’décroche le mec, et j’lui fait un bandage vite fait pour pas qu’on m’accuse encore d’y avoir cassé l’bras tout seul… Les z ‘aut’ y lui font des soins magiques et not’nelfe il essaye de causer avec, mais l’mec y semble pas bien comprendre. Alors y lui file le truc qu’j’ai trouvé, qu’est une sorte de masque en bois et que j’crois que ça l’aide à parler. Les zelfes y’s’causent entre eux et comme j’y pige que dale j’monte sur les z’arbres pour voir c’qu’y’a plus loin. J’vois une p’tite colline avé une cabane, mais les z’aut’ y s’en foutent passque le nelfe à poil y trouvent que c’est plus intéressant, et pis comme Lupius y comprends un peu, et pis qu’le père Olaf dès qu’y’a un mec à réparer y préfère s’en occuper, ben j’vais voir tout seul.
 
J’trouve une cabane de branchages avé dedans une mare pleine de têtards qu’ont l’air gros pour des têtards, et pis derrière un piquet qu’est attaché dessus une p’tite créature qui bouge pas. Alors j’ramène aux z’aut’ la p’tite chose qu’est vraiment bien morte d’après le père Olaf qui s’y connaît bien. Là les z’aut’ y’m’disent que le nelfe à poil y s’appelle Zorg’chose et qui vient d’une île vachement loin et qui s’est fait gauler par les zommes-crapaud passqui cherche à tuer une « abomination » et qui voudrait bien que not’nelfe y l’aide à la buter. Le Scalarel  et le Lupius y z’ont l’air de bien l’aimer le nouveau, mais moi j’le sens pas, et pis j’le trouve pas très dégourdi pissque si y veut tuer un truc super balaize, il est même pas cap de s’détacher tout seul ni d’buter des zommes-crapaud… Bon c’que j’en dis tou’l’monde s’en fout, alors j’propose d’aller voir la cabane. Le père Olaf y’m’dit que les têtards c’est des bébés zommes-crapaud, et qui faut les tuer tous. J’essaye mais les têtards se barrent au fond d’la mare, alors pendant qu’les z’aut’ y s’reposent, ben j’remplis d’terre la mare et pis voilà, comme ça sont tous canés. Vite fait bien fait !
 
On laisse dans la cabane le nouveau, pissqui veut bien (faut dire qu’y’a les z’aut’ qui lui ont filé un arc tout neuf et une dague … alors qu’on l’connaît pas l’mec … j’vous jure des fois j’trouve qu’y’a qu’moi qui réfléchit dans l’group’), et on continue vers le caillou. En fait c’est les restes d’une méga grosse statue, en fait y’a pu que les pieds, mais c’est déjà balèze. Entre les pieds y’a une grosse cabane de branchages. Les z’aut’ y z’y vont pendant qu’j’fais le tour, on sait jamais que j’me dis. Le Lupius y rentre après avoir mis le masque de peaux piqué à l’apprenti-liche qu’ont a buté y’a pas longtemps … J’sais pas pourquoi y met ça, mais des fois le p’tiot j’ai un peu d’mal à l’comprendre. Le Scalarel y rentre aussi puis le père Olaf et moi j’me tiens à la porte. Dedans y’a un gros champignon qui sert de table on dirait et pis une mare au fond. En cherchant y récupèrent un fétiche, une émeraude et une statuette de grenouille, et pis c’est tout. Mais v’là qu’au moment où tout l’monde fait pas attention un énorme zomme-crapaud-fille sort de la mare et nous crache une saloperie qui brûle. On en prend tous plein la tronche et on sort en vitesse passque la créature s’est rebarrée dans la mare. Le père Olaf pête un cable et casse en milles morceaux la statuette de grenouille…  Il aime pas les trucs qui brûlent, faut qu’j’m’en souvienne. Moi j’propose de casser la cabane, mais tout d’un coup v’là qu’la chose revient par le marais et qu’elle a l’air de mauvaise humeur (ça tombe bien, moi aussi). Elle hurle un truc qui m’fais mal aux zoreilles, et pis l’herbe se met à pousser d’un coup. Moi et l’père Olaf, on s’en fout, mais le nelfe et Lupius y z’aiment pas et s’cassent la gueule. On tire un peu, et pour une fois le Scalarel y lance un sort magique qui marche, un truc qui brûle, mais il a pas réfléchi qu’une créature des marais c’est mouillé, alors ça fait pas grand chose. Bon là j’en ai marre, et pis j’veux venger ma Shalelu, alors je charge et j’lui saute à la gorge et d’un grand coup j’lui fait une entaille maouss. Sauf qu’en fait la fille-crapaud c’est une shaman et qu’elle se guérit toute seule. Le père Olaf essaye de m’donner un coup d’main mais fait pas grand chose, alors j’m’énerve et d’un coup vlà que j’la coupe en deux. Ouais comme j’vous dis, d’un seul coup ! (Y’a eu un éclair dans l’ciel au même moment, j’crois que les dieux du hazard y sont tombés sur l’cul).
 
J’suis super fier passque l’père Olaf y m’explique que c’est cette créature que la Shalelu elle cherchait à trouver. J’l’ai vengé tout seul ! Alors j’monte sur les statues pour lancer mon cri de guerre et défier les z’aut’ zommes–crapaud. Le Scalarel y prend la tête que j’ai coupé tout seul et pis on repart à la première cabane. Pour être sympa, j’signale au père Olaf qu’y a plein d’cadavres accrochés aux z’arbres et qu’on peut faire un bûcher si y veut. Comme y veut j’prends les branchages des deux cabanes et y s’fait un beau bûcher et y prie pour les morts. Bon c’est son truc en même temps, y’a pas d’raison de pas lui faire plaisir. Moi j’ai vengé Shalelu, le Lupius et le Scalarel y z’ont un nouveau pote, alors fallait bien que l’père Olaf il ait aussi un peu d’bon temps. On y passe la nuit pénards, même si les zommes-crapaud essayent de nous attaquer, mais y z’ont aucune chance et repartent.
 
Le lendemain, le Zorg’chose y va mieux (note qu’y récupère vite le mec), et y veut qu’on le suive hors des marais pour l’aider à buter son « abomination ». Les z’aut’ y z’ont l’air de vouloir et comme j’peux pas les laisser seuls avec un mec qui connaissent pas, j’préfère les accompagner même si j’aurai préféré aller dire à shalelu que j’avais fini son travail. Note quand même que j’suis bien disposé passque le nouveau nelfe y veut bien m’aider à vaincre le barghest et comme il a l’air de s’y connaître en magie : Y glisse au dessus des marais sans s’mouiller. Alors on le suit tous vers le Bois aux Murmures …

lundi 2 novembre 2009

Intersession 6



Il est visible qu'Ab’rak est revenu plus satisfait que d’habitude de ce qui devait n’être pourtant qu’une simple chasse à l’homme parce qu’il a “enfin” gagné qqchose de valeur ...
Mais tous ont remarqué un changement dans son attitude : moins rigolard, plus sombre, ils ont même du être surpris qu’il ne vide pas plus d’une demi-douzaine de chopes après l’aventure.

Par contre il exhibe avec fierté son cimeterre au point de laisser sa fidèle grande hache chez dans la chambre de Shalelu à l'auberge quand il sort “en ville”. Il a fait réparer son armure qui a été considérablement endommagée par son combat, mais malgré les conseils de l’armurier, il tient absolument à ne pas en changer, comme s’il se refusait d’oublier la “chose” qui a laissé d’énormes estafilades sur le cuir épais.

Dès le lendemain, et dans jours qui suivant, il se rend à l’extérieur de Pointesable, à un endroit cependant visible de tous (Ab’rak reste Ab’rak) et s’entraine durement et avec détermination avec son cimeterre. Des gamins ont pris l'habitude de la suivre et la nouvelle se répand vite qu'il a réussit à fendre en 2 un tronc. Les deux gardes municipaux qui accompagne le demi-orque ont vu avec amusement les mères affolées par la réputation de brutalité du demi-orc venir rechercher leur progéniture (qui reviennent à la première occasion braver l’interdit).

Avec le bouche à oreille, certains citoyens de Pointesable se tiennent à l'écart du roublard et tous le considérèrent avec un respect prudent car après tout s'il est une pièce maitresse pour le village il a encore une sinistre réputation. Son séjour plein d'humilité à la taverne de Dent-cassé a calmé pour l'instant ceux qui voulaient qu'il parte de Pointesable.

ORIK VANCASKERKIN, le guerrier repenti est revenu à Pointesable après un travail d'escorte. Il semble avoir pris comme une mission sacrée de servir de partenaire au demi-orque (ce qui d'ailleurs n'a pas forcément renforcé le côté sympathique du duo). Orik a incité le demi-orque a adopté "La Voie Franche" où la puissance du coup doit l'emporter sur sa précision.


[Résumé] Session 9



La réponse d’Ab’rak ne me surpris pas, toujours partant pour casser du gob, par contre le père Olaf d’un ton solennel s’excusa de ne pas pouvoir participer à notre petite expédition. Prétextant qu’il devait absolument se rendre au manoir pour guider et seconder le prêtre de Desna et ses acolytes dans leurs démarches de purification. C’est surement de bons augures pour sa carrière ….

PARTIE ENTRE AMIS

Le lendemain matin, Ab’rak et moi sortions de l’auberge pour nous rendre à la porte nord, lieu de notre rendez vous. Passé la porte nous découvrîmes Lupius en compagnie d’une mule lourdement chargée. Décidément il n’y avait pas de temps à perdre. Ab’rak osa demander des explications concernant cette nouvelle expédition, quelle erreur, Lupius parti dans un récit sans fin. Constatant au bout de quelques minutes que ce dernier n’écoutait plus et que moi-même j’étais assis sur les marches de l’auberge tête entre les mains, Lupius donna le signal de départ.

La route vers le  pic aux chardons se passa sans problèmes. A notre arrivée sur les lieux, nous constatâmes que le labyrinthe de haies épineuses avait été entièrement rasé, et que le fortin était lui aussi qu’un amas de cendres. Sans perdre un instant nous descendîmes jusqu’au temple de la Lamashtu pour constater qu’il avait été récemment réhabilité.

Pour une fois très discrets, nous fûmes surpris par un « éclat » de son qui nous occasionna
quelques blessures au moment  d’ouvrir la grande porte  qui se tenait devant nous. L’effet de surprise passé, une pièce en L s’ouvrit devant nous laissant apparaître  Brodert Quink étendu sur le sol. Derrière lui à quelques mètres se dressait un voile magique complètement opaque duquel une boule de feu sorti pour se diriger sur Lupius déjà au chevet de son maître. Ab’rak chargea en poussant un hurlement guerrier, mais se heurta au mur. Déconcerté, il  s’occupa de sauver le vieux Quink en empoignant son pauvre corps et en effectuant une superbe voltige au dessus de la boule de feu de plus en plus menaçante. Lupius inquiet ne pouvait chasser de son esprit l’image du fermier brisé en deux après être passé entre les mains d’Ab’rak. Mais tout se passa pour le mieux et le vieux Quink fût mis à l’écart. Pendant se temps je fis jaillir au hasard deux traits d’électricité à travers le rideau de magie, le second fît mouche. Malgré l’apparition d’un cimeterre volant qui me harcelait je m’approchais à bout portant du voile pour décharger un cône de flammes. L’effet fût immédiat, le voile tomba découvrant les trois individus auteurs du Kidnapping. La magicienne était au sol, alors que le demi-elfe bandait son arc, l’homme en armure nous attendait de pieds fermes. Le demi-elfe loupa son tir, Lupius aveugla l’homme en armure à l’aide de sa magie. Je le chargeais profitant de sa cécité pendant Ab’rak engageait l’archer. Un coup de baguette d’électricité me suffit pour l’achever sans perdre une seconde je pris le demi-elfe en tenaille pour lui porter un dernier assaut. Ab’rak n’est pas en forme se soir……

Pendant que Lupius s’occupait de son maître torturé, Ab’rak et moi commencions à fouiller les corps.
Des parchemins utilisés, un pendentif représentant une tête de chacal, 25PO, un arc et un cimeterre de bonne facture qu’Ab’rak s’appropria comme un trésor inestimable. Il sautillait dans tous les sens en faisant virevolter la lame au dessus de sa tête. Un vrai gamin…..Compte tenu de circonstances je mis de côté ma fierté pour examiné le cimeterre et dévoiler ses secrets à Ab’rak

Alors que Lupius nous rappela qu’il fallait faire un prisonnier……Aïe Aïe Aïe, Le vieux Quink nous raconta son histoire. Je peux vous dire que l’élève et loin d’avoir dépassé le maître.  Il finit par nous avouer que la sculpture en pierre représentant un tas de pièces qui se trouvait de l’autre coté de la salle était en fait un mécanisme ingénieux  permettant d’ouvrir un passage. Fier de lui, il nous montra son fonctionnement et ouvrit le passage qui déboucha sur un palier avec trois portes.

Avant de s’engager nous nous aperçûmes que le demi-elfe était encore un peu vivant. Après l’avoir stabilisé et ligoté notre exploration repris.

La première pièce était une sorte de salle d’opération. Un tas d’os appartenant d’après Lupius à une seule et même créature était sur une grande table. Il y avait de part et d’autre des instruments de chirurgie d’après le vieux Quink cette foi-ci. Il me montra une étoile à sept branches qui nous permis par la suite d’ouvrir une seconde salle rectangulaire dotée d’une fosse centrale servant de foyer à un immense feu. Ab’rak se  précipita dans la pièce pour espérer piller le maximum de choses, un chien énorme apparut alors, un bête magnifique mais terriblement dangereuse. Le combat commença Ab’rak était débordé malgré mon sort qui affaiblissait la bête. Il frôla même la mort, prit sous les coups de crocs et de griffes de ce Barghest. Merci Père Olaf pour les potions de soins….Quink nous intimât l’ordre de quitter les lieux au plus vite sans avoir à le répéter deux fois. La porte enfin fermé, Ab’rak vexé par son impuissance se jura de revenir réglé son compte à cette bête sortie tout droit des enfers.

Après un temps de récupération, la troisième salle était d’après nos observation une « salle de communication » avec probablement d’autres plans. Deux statuts en pierres entouraient un spectre assis sur un trône délivrant un message en boucle qui nous n’arrivions pas à déchiffrer dans sa totalité.

L’heure du retour à Pointesable avait sonné, l’interrogatoire du demi-elfe nous appris que le prêtre (l'homme au cimeterre) l’avait engagé lui et ses amis pour entreprendre les restaurations du temple de la déesse Lamashtu et qu’ils avaient kidnappé ce pauvre Quink pour ses connaissances thassilonniennes.

De retour en ville, le vieux Quink livra le demi-elfe aux autorités et leur fît part de notre courage d’avoir servit une foi de plus les intérêts de la cité, afin de redorer notre réputation….

Pensées de Scalarel


Devant l’adversité notre petit groupe semble avoir  réussit à travaillé ensemble…….


Cimeterre à 2 mains
Arme +2 (pour toucher et aux dégâts)




lundi 5 octobre 2009

Intersession 5 - Partie 3 : Après le débriefing, les actions



Ab'rak a finalement remis la tête et le masque à la maire de Pointesable. Sans un mot il quitte la pièce et se rend à la taverne de Dent Cassé. Le Père Olaf qui lui rend visite dans la soirée le trouve entrain récurer la cuisine tout en écoutant les sermons de l'aubergiste demi-orque. Plutard, le nain croise le demi-orque dans les tavernes, buvant seul, son air peu amène n'incite pas les assoifés à lui demander ou à lui offrir des tournées. Le seul moment où il reprend vie, c'est quand la rôdeuse elfe lui tient compagnie. Malheureusement cette dernière doit repartir en mission le lendemain.



Le gnome semble de plus en plus livide. Au matin, Ab'rak découvre une lettre griffonnée. Le Père Olaf en lisant la lettre découvre que Monotech a décidé de partir et qu'il reviendra dès qu'il aura retrouvé les couleurs du monde. Le petit mot est confus mais depuis peu le jeune gnome semblait perturbé.


Le nain a indiqué à son homologue de Desna ce qu'il pensait nécessaire en terme de magie divine pour exorciser La Hantise, le manoir des Ganrenard. Le prévôt a profité de l'après-midi pour monter l'expédition vers le manoir. Il accompagnera Absalar avec Orik, le guerrier repenti et quelques gardes municipaux. Le groupe a prévu de passer du temps, peut être quelques jours, pour être sur de ne rien laissé de maléfique en ces lieux.
 
Le soir, Olaf et Scalarel rejoignirent Ab'rak à la taverne de la Dent-Cassé. Le demi-orque était grande discussion avec Shalélu et semblait de meilleure humeur même après que  la jeune elfe annonça qu'elle partait ce soir pour une nouvelle mission : s'assurer que les tribus gobelins restantes n'avaient pas profité de la résurgence du mal pour faire de nouvelles exactions. 

Harassés par leur aventures, les personnages retrouvèrent leur auberge ou autre pour y passer la nuit.
 

mercredi 30 septembre 2009

Intersession 5 - Partie 2 : Après le spectacle, le débriefing



Après un spectacle un peu singulier, les personnages s'en furent rincé leur gosier devenu sec à force d'avoir la bouche ouverte devant les pantomimes du halfelin. D'ailleurs ce dernier avait suivi un milicien. Quelques verres de bières plus tard, le même milicien pria les aventuriers de le suivre pour se rendre à l'hôtel de ville. Sur place, ils furent reçu par Madame Kendra en personne. Le halfelin était présent, fumant une pipe presque froide. La maire leur fit signe de prendre place et peu de temps après le Père Zantus et le prévôt Belor se joignit au groupe.


- Ce que vous avez fait fait pour Pointesable est une fois de plus remarquable. Lupius m'a fait un récit circonstancier de vos actions. Le prévôt va s'assurer de la suite des opérations.
La femme austère s'adressa au Père Zantus.
- Absalar je vous serez gré de vous rendre sous bonne escorte au manoir de ce maudit Ganrenard pour exorciser ce lieu tout aussi maudit. Le Père Olaf vous fournira les détails qui vous permettront de choisir la magie divine adéquat. Prévôt Belor, poursuivit Kendra, vous accompagnerez le Père Zantus.


La maire se lance alors dans un discours sur la responsabilité et sur les actes qui ne peuvent être excusés mais pardonnés. Elle donna la parole au prévôt concernant les circonstances de la mort du Vieux Grincheux. Il s'avéra que Maester le Grincheux était contaminé par une fièvre d’origine nécromantique et était condamné. Mais ce n’est pas une raison pour jouer avec lui. Compte-tenu des circonstances il a été décidé de confier Ab’rak  à Kesk « Dent-cassé » Berinni qui tient la taverne de la Dent-cassée pendant 1 jour ou 2. Ab'rak devra faire des travaux d’intérêt général (comme récurer de fond en comble la taverne et ses abords) et surtout apprendre auprès du tavernier demi-orque, la mesure, les enjeux politiques de Varisia et le fait de savoir discerner ce qui est bien ou mal dans la société varisienne.

- Nous allons devoir trouver de nouveaux fermiers pour nos fermes. Kendra esquissa un sourire. Intéressés ? Voyant que le groupe ne répondait pas, elle poursuivit.
- Monsieur Ab'rak, je souhaiterai que vous me confiez le masque utiliser par Ganrenard. Je n'aimerai pas qu'il tombe entre de mauvaises mains. Je laisserai le temps à vos amis de l'examiner mais je souhaite le mettre en sécurité.
- Par ailleurs j'ai confié à Lupius la mission d'enquêter sur les mystérieux protagonistes cités dans le document que, si j'ai bien compris ses explications, vous avez trouver au fond des cavernes. Je me dois de sécuriser ma ville et je pense que vous seriez très utiles à cette noble mission en accompagnant votre nouvel ami dans son enquête. Vous êtes expérimenté. Après tout l'avenir de la Varisie est aussi votre avenir.

Les aventuriers se regardèrent sans un mot. Le Père Olaf promis d'étudier cette demande comme il se doit.

- Bien, vous pouvez y aller. Monotech, je vous trouve bien pâlot. Je pense que du repos vous ferai du bien. Un séjour à notre hospice pourrait s'avérer profitable.

Le gnome blêmit accentuant la pâleur de son visage que ses camarades n'avaient pas remarqué. Il se leva sans un mot. Scalarel crut voir une larme couler de son visage.

Intersession 5 - Partie 1 : Retour à Pointesable



J’arrivais enfin à Pointesable. Le hasard voulu que je précédasse de quelques minutes l’arrivée de cinq individus totalement disparates, un prêtre nain à la longue barde parfaitement entretenu, un demi-orque musculeux, sorte de sauvage à la démarche féline, un gnome protégé d’une armure de métal tenant sa longue épée à deux mains, la lame reposant sur son épaule gauche prêt à en découdre, un frêle halfelin batifolant à l’inverse d’un bel elfe éteint, attifé de beaux vêtements de tissus. Si ma venue parut inaperçue, la leur attira une foule hétéroclite qui se pressa autour d’eux. J’observais la scène quelques instants. Difficile à déterminer la nature de l’accueil ; un mélange de curiosité, de surprise, de méfiance mais aussi d’admiration. Un couloir humain s’était formé qui menait droit vers une femme d’une trentaine d’année, cheveux court, tenu respectable bien que peu féminine, regard froid de celle habitué au commandement. A ses cotés, un homme austère et sévère, viril, chauve, tenu emprunt au monde militaire, observait le groupe d’un regard désapprobateur. J’appris par la suite qu’il s’agissait du maire et du prévôt. Soudain, le plus petit des cinq, le halfelin , quitta le groupe pour se précipiter au maximum que ses petites jambes lui permettaient vers un groupe de ses semblables. Alors que les quatre autres se présentèrent aux deux administrateurs, le halfelin fut reçu à bras ouverts par les siens. Un air de famille me fit penser qu’il s’agissait de ses parents, peut être deux sœurs avec leur mari et enfants, et, à la nature des embrassades, sa femme ou tout du moins sa fiancée. Je m’étonnais de prêter mon attention sur cette scène de la vie quotidienne, certes, sympathique et joyeuse comme le veut les charmantes mœurs des halfelins, mais des plus banale. Je finis par en comprendre la raison. Le jeune halfelin me rappelait, un des mes étudiants, non dénué de talent mais dont l’handicap de la taille l’avait contenu dans des rôles secondaires. Je reconnus aussi sa fiancée qui fut elle aussi, à la même époque une de mes étudiantes. Non comme comédienne, elle avait préféré la voie de la mise en scène. Julius Gazard lui s’intéressait à tout ce qui lui valut l’honneur de faire partie des rares élus du projet de rédaction de « l’encyclopédie des savoirs anciens », elle suivait un cursus d’art de la magie. 
J’abandonnais nos halfelin pour écouter la conversation que tenaient les quatre autres personnages avec les autorités de la bourgade récente à l’architecture disproportionnée par rapport à ses réelles dimensions. Quatre héros. Le prêtre nain qui se présentait comme le meneur subissait sans cesse les interruptions du guerrier gnome et de son comparse barbare, qui répétaient inlassablement leur prouesse. A les entendre, ils avaient tout fait, à l’opposé du mage elfe au beau visage mystérieux, en retrait et muet comme une carpe. Le dialogue fut particulièrement mouvementé et confus lorsque qu’ils contèrent leur exploit face à une chauve souris sanguinaire géante et pour couronné le tout revenue d’outre tombe. Contradictions, moqueries, insultes, mépris ponctuaient ce récit qui finit par ennuyer beaucoup de badauds, et semblait impatienter le prévôt. Attiré par des rires et applaudissements, je me tournais à l’instar de certains vers les halfelins où se déroulait une improvisation théâtrale de Lupius. Il mimait le combat contre la chauve-souris, mais dans une version quelque peu différente. 

En premier lieu, il fit quelques mouvements de bras saccadés qui rappelait ceux d’une chauve-souris. Puis d’une voix frêle et aigue il s’adressa aux spectateurs d’un air menaçants.


«  Ainsi vous quatre, vous avez tué quelques unes de mes moucherons. Pour cette infamie, vous allez mourir ». Pour poursuivre.
« La bête avait l’air féroce. Ces yeux rouges scrutaient les quatre héros d’un regard à faire trembler quiconque qui se trouverait devant un être d’une taille gigantesque. Vous voyez ma main mesdames messiers. Et bien, il m’en faudrait deux comme celle si pour cacher ce monstre. » Je vis mon ancien élève se gratter une barbe imaginaire, tenir en main gauche ce qui devait être une torche, un marteau en main droite, sonner des ordres à ses compagnons qui resteront longtemps dans les légendes :
« Compagnons, que nos armes, nos sorts, notre courage ôtent toute vie à cette créature néfaste afin que nous puissions l’interroger en toute sérénité. Ainsi le veut mon dieu, représentant de la justice et protecteur du bien. Chaaaargez ! ».
«  Mais le pauvre prêtre ne fut guère compris. » poursuivit Lupius, qui se grandit, gonfla le torse, et prit par un jeu de grimace une apparence de la parfaite brute stupide errant d’une démarche gauche non dénoué de souplesse. Je reconnus le demi-orque qui s’adressa au monstre :
« D’abord c’est le nain qui a voulu qu’on tue les moucherons. Lui il dit toujours, alors moi je fais. Si fallait pas faire, alors fallait le dire. Et puisque c’est comme ça, ben moi, joue plus ». Et le faux demi-orque partit bouder, pour devenir ce qui semblait être un guerrier au regard totalement illuminé : le gnome, j’en fus certain, qui s’en prenait au barbu.
«  Il a raison mon copain. Parce que Monsieur se croit instruit, faut qu’il nous donne des instructions qui dérangent le vénérable habitant de cette grotte. De ta faute, j’ai massacré plusieurs moucherons innocents d’un seul coup d’épée. » Le halfelin se mit à gesticuler dans tous les sens, et de ces mouvements nous pouvions étrangement imaginer le gnome maniant son épée comme une tapette à mouches, s’engager dans un duel féroce contre de minuscules insectes volants. 


Pause. 


« Notez mesdames messieurs, les gnomes qui nous sont parfois étranges et éloignés, partagent un système d’évaluation identique au notre : deux suffit à employer plusieurs ; et de ce miraculeux coup d’épée dont j’eus l’honneur d’assister, je puis le certifier. »
Retour du gnome menaçant ce coup-ci le prêtre.
« Et puis arrête de brailler et éteint ta torche, tu vas finir par nous faire repérer »
Nouvelle démonstration de danse au rythme martelé qui exprime la lutte qui s’engage entre, le guerrier gnome et le prêtre nain, le premier s'efforçant de saisir le cou du second qui se débat comme un beau diable. Puis soudainement, le comédien se redresse, prend une allure altière qui nous rappelle l’elfe, scrute de ses yeux inquiets chaque recoin du lieu. Que cherche-t-il ? Nous ne tardons guère à le comprendre, lorsque le fier personnage apeuré se précipite avec grande élégance derrière un gamin qui symbolise de part sa petite taille le gnome ou le nain. Le grand se cache derrière le petit, en posant son index sur ses lèvres closes : silence. Puis, se voûte, mute son air apeuré en un visage cruel, écarte ses bras secoué de petits mouvements secs qui rappellent ceux de battements d'ailes saccadés. L'elfe est devenu chauve-souris, et celle-ci revenue au centre l'esplanade improvisée, prend une pose outrée et s'adresse aux spectateurs : « Hé, les héros, cela vous ferait rien de vous intéresser à ma personne ? ». Vexé, le terrible monstre quitte sa grotte. Lupius revient alors sur scène, pour annoncer l'épilogue de ce grand combat : « Mesdames, messieurs, vous venez d'assister au plus bel exploit de nos héros. Car, sachez le, la gigantesque chauve-souris que mes deux mains mises cote à cote pouvaient à peine cacher, ce terrible monstre dédaigné par nos héros, outré d'un tel affront, quitta à tout jamais notre belle Varisie. Questionnez n'importe qu'elle communauté de moucherons, et elle vous chantera ce jour de grande gloire devenu symbole de la délivrance. »
Cette scénette connut une conclusion inattendue née d’un rire sonore et franc que ne put retenir le prévôt. A voir les habitants devenus comme statufié, bouche bée, nous assistions manifestement à un miracle que la plus puissante des magies ne saurait produire.
Profitant de cette pause subite, un homme vêtu de vêtements excentriques aux multiples couleurs qui lui seyaient parfaitement, harangua la foule en ces termes.
« Mes chers amis, nous yeux restent éblouis par ce spectacle improvisé de Lupuis Gazard dont j’ai l’immense honneur d’être le tuteur artistique. Applaudissons bien fort l’étoile de cette journée, le véritable héros de Pointesable »
Tonnerre d’applaudissements.
« Mes chers amis, moi Cydrack Drökkus, régisseur du théâtre, je vous informe et vous offre en introduction au spectacle de demain soir, une nouvelle démonstration de l’immense talent de …. JUPIUS GAZARD ».
Déchaînement de satisfaction des âmes présentes.

Ce brillant orateur qui venait de piéger mon ancien étudiant n’était autre que la personne avec laquelle j’avais rendez-vous.


Extrait de « La vie comédienne » de Fulgard Janquain Maître de l’Académie des Arts de Magnimar.

(texte écrit par Marcapuce)

dimanche 27 septembre 2009

[Résumé] Session 8


Une chose est sûre pour le jeune guerrier gnome Monotech, la soirée au théâtre d'il y a quelques jours l'avait beaucoup marqué ! Pouvoir raconter une histoire comme ça, devant des gens ou même dans une taverne puis ensuite se faire payer des bières, ça lui plaisait beaucoup. Et puis avec les aventures qu'il vivait, les histoires étaient toutes écrites déjà, y avait plus qu'à !

Évidemment, il y aurait surement un peu de travail, mine de rien et sans en avoir l'air, le petit Lupius avait un sacré talent de comédien. En attendant de pouvoir mettre au point un petit numéro avec son pote Ab-rak, qui semblait être un grand artiste de théâtre également, il paraissait important pour Monotech de bien noter tout ce qui lui arrivait et de tenter, un peu plus tard, d'en faire quelque chose … d'héroïque !

A l'approche de la nuit, près du Manoir hanté.

La forêt est en train de mourir. Les arbres sont morts et leurs feuilles jonchent le sol alors que nous entrons à peine dans l'automne. A l'opposé, les ronces et les orties sont légions, ils ont poussé en grand nombre partout, comme s'ils se nourrissaient des derniers soubresauts de vie qu'il reste dans ce coin du pays. Il ne manque que les pendus aux arbres pour parfaire l'ambiance. Mais les morts ne sont pas pendus ici … ils nous attendent et ils se cachent.

De loin nous apercevons le manoir, juché sur une falaise au bord de la mer. Un vent glacial venu du large nous gèle le sang. Ou bien est-ce la vue de cette bâtisse en ruine, de l'atmosphère glauque de cette fin de journée, nous sachant entourés de morts pas encore tout à fait au courant qu'ils ne devraient plus bouger et accepter d'être bouffés par les vers ? Enfin, malgré les glapissements de Lupius, nous continuons. Avec Ab-rak, nous sommes d'accord sur un point : il vaut mieux y aller de nuit, sinon on risquerait de ne rencontrer personne vu que les morts, ils dorment le jour !

Nous, bien sur … c'est moi Monotech, guerrier gnome, Ab-rak, demi-orcque fier combattant de tous les instants, le père Olaf, un vigoureux nain, prêtre de son état, Scalarel, mage elfe aux pouvoirs invisibles et terrifiants et enfin Lupius le bavard, un halfelin.

Alors que nous approchons d'un premier bâtiment en ruine, à priori les anciennes habitations des serviteurs du manoir, nous voyons les premiers signes de vie : des corbeaux. Forcément, dans un coin pareil, fallait s'y attendre.

Et alors qu'avec Ab-rak nous tentons de mettre un peu d'entrain au groupe, Lupius nous demande de rester discret. Ferait mieux d'ouvrir ses oreilles, c'est le père Olaf qui fait du bruit, pas nous. Au milieu des premières ruines, nous remarquons un puits. C'est là que sont la plupart des corbeaux d'ailleurs. Sont drôles ces bestiaux, ils ne font pas un bruit, ils sont là, sur un mur à nous regarder. Peut-être qu'ils surveillent quelque chose dans le puits. Scalarel nous demande d'être prudent (décidément, on a du faire une connerie y a pas longtemps), il trouve les corbeaux bizarres lui aussi.

On fouille un peu ce qu'il reste de la maison et pendant ce temps, apparemment impatient, Lupius, « couvert » par Scalarel, décide d'aller vers le puits. C'est là qu'il y a le plus de corbeaux. Aucun n'a bougé depuis qu'on est là, c'est pas naturel. Je prépare mon épée en attendant la catastrophe … Et ça ne rate pas ! Au lieu d'y aller tranquille et d'essayer d'esquiver les volatiles, il va voir directement de quoi il en retourne. Et tu m'étonnes qu'ils sont bizarres ! Complètement crevés et mort-vivants qu'ils sont ! Et hargneux avec ça !

Le halfelin se fait rapidement assaillir par le troupeau tout entier ! Il y en a tellement qu'il disparaît sous les coups de becs et de griffes des corbeaux déchainés ! Et il hurle, et il crie « A l'aide » et « Au secours » et « Aidez moi les héros » … Forcément, on y va tous, s'agirait pas que les gens dans le manoir voit le bazar de loin et se cachent !

Ab-rak, le premier à l'action, donne un bon coup de hache à droite, à gauche et je termine de disperser la volière à grands mouvements d'épée. Le combat est terminé. Scalarel, qui était au centre de l'action surement par un hasard de mauvais jugement de la situation, se fait engueuler par Lupius comme quoi il ne l'aurait pas aidé assez vite ou assez bien … Ce qu'il faut pas entendre des fois ! Moi il m'a quand même bien semblé qu'il essayait de le protéger et je ne suis même pas sur que le halfelin ait été blessé une fois.

Enfin, c'est là qu'on se dit que Sir Méromé nous serait bien utile. A défaut de se taire, il savait au moins de battre ! Et puis tout ce mal partout autour de nous ...

Le puits enfin libéré de la garde des corbeaux, Ab-rak décide qu'il serait bien d'aller voir au fond, ce qui s'avère être une sacrément bonne idée car il y trouve un tunnel qui va en direction du manoir ! Y a des morts qui vont être surpris. Pour éviter que tout le monde ne tombe, les bords du puits sont humides et bien glissants et l'eau au fond du puits n'a vraiment pas l'air saine, il met en place une échelle de corde, puis remonte pour que nous puissions un peu étudier la stratégie vu que le tunnel n'est pas bien large d'après ce qu'il dit.

On est en train d'en discuter quand Lupius, après nous avoir donné des conseils pratiques (« Attention, notre cible, c'est Aldern Ganrenard ! » et « Attention aux créatures volantes !») descend en premier dans le puits et une fois arrivé en bas, comme il n'y voit rien, allume une torche !

C'est bien la peine de prendre du temps pour mettre au point une stratégie d'approche ! Forcément, je descends derrière lui et forcément, je commence à être sacrément en colère. Après tout dans l'histoire, c'est quand même Ab-rak et moi qui sommes en première ligne pour prendre des coups. Quand il me voit, il commence à discuter de cailloux et de trucs sur les murs et de je sais pas quoi, tout excité par ses découvertes passionnantes sans se rendre compte du danger à faire autant de bruit devant un tunnel menant vers l'ennemi en tenant un flambeau qui dit « je suis là, venez me chercher ». Ne tenant plus, j'essaye de l'attraper pour le tremper dans l'eau du puits histoire de le calmer et d'éteindre la torche. Mais il a du voir que je n'avais pas des intentions pacifiques parce qu'il prend soudain peur et, avant que j'ai le temps de l'attraper, s'enfuit dans le tunnel en hurlant !

Là je suis resté perplexe … fallait-il le poursuivre, l'assommer et risquer de rameuter tout ce qui pouvait bien trainer dans ces tunnels sur moi ou fallait-il mieux attendre les autres au risque de perdre Lupius et d'avertir Ganrenard qu'on allait lui faire la peau (et risquer qu'il s'échappe !) ? J'en étais là de mes réflexions quand finalement tout le monde est descendu attiré par les cris. Une fois tout le monde en bas, j'explique rapidement que Lupius s'est enfui quand j'ai tenté de le faire éteindre sa torche et nous entrons dans le tunnel, moi en premier. Le père Olaf n'a pas l'air d'apprécier ma tentative de réduire au silence le halfelin mais le mal est fait. La stratégie de progression est assez simple. Comme Ab-rak ne peut pas vraiment se battre dans le tunnel, je dois encaisser les coups et espérer que Scalarel arrivera a zigouiller les obstacles s'il y en a. Sans compter le père Olaf bien sur !

Après seulement quelques dizaines de mètres, nous retrouvons le halfelin qui fait semblant d'être mort par terre. Par prudence, je passe devant lui et regarde si y a pas une bestiole tapie dans l'ombre à se dire qu'il y a là une proie facile. Avant que j'ai eu le temps de me retourner pour donner un coup de pied au comédien, Père Olaf, toujours prêt à aider les autres, a déjà commencé à le ranimer et lui a même fait boire une de nos précieuses potions de soins. Enfin … c'est pas que Ab-rak et moi, on en ait besoin, ce qu'on leur dit même, mais pour eux, c'est pas prudent de faire des blagues pareilles. Même le père Olaf essaye de l'expliquer à Lupius mais ce dernier raconte encore des histoires sur les héros et tout ça … Faudra qu'on lui explique que les héros, c'est quand on doit se faire payer un verre à la taverne, sinon, c'est un coup à se faire embrocher dans le dos en voulant protéger un inconscient !

Enfin bon, maintenant qu'on est tous dans le tunnel, et après s'être un peu calmé, Lupius nous raconte qu'il y a une énorme bestiole, genre chauve-souris qui rode dans le coin, se servant du tunnel pour aller chasser à l'extérieur. Vu la taille des chiures, elle a l'air vraiment énorme. Il dit avoir vu des yeux en hauteur ou je sais pas quoi … pas rassurant si on doit l'affronter dans le tunnel ! Pour ne pas perdre de temps et notre calme, on continue avant d'avoir encore à écouter Lupius. Le tunnel commence à puer pas mal quand même … et soudainement monte vers ce qui est apparemment une sortie vers une immense grotte avec, à coup sur, la fameuse bestiole qui nous attends à la sortie.

Je me propose pour passer devant, normal, et comme la grimpette est pas facile, c'est Ab-rak qui me porte à bouts de bras … quelle équipe on fait quand même !! A peine ai-je passé la tête hors du trou que la créature attaque … et me rate ! C'est bien une chauve-souris gigantesque, hideuse et vilaine et … mort-vivante ! Quoi qu'il se soit passé dans cette région, c'est vraiment l'œuvre d'un pouvoir de mort puissant qu'il ne nous faut pas sous estimer ! Ab-rak me projète hors du trou et commence à alerter tout le monde qu'il faut sortir pendant que je tente d'occuper la bête ...

La bataille commence. Le père Olaf sort du tunnel tel un acrobate, mais la chauve souris est rapide ! Elle lui inflige une mauvaise blessure et il reste paralysé, tombant au sol comme une statue. Ab-rak monte à son tour et engage le combat d'un grand coup de hache qui fait mal à notre adversaire. Un chien tout bleu, sorti de je ne sais où attaque, j'entends Lupius qui cause à quelques mètres de moi, il a l'air bien motivé par l'action finalement ce petit ! Ca me redonne des ailes et je me jète dans le combat de plus belle. La bestiole est vraiment difficile à tuer, son cuir épais la protège de nos coups les moins ajustés. La magie de Scalarel ne semble pas plus efficace que nos armes. Le père Olaf ne se remet de sa paralysie et pourtant, c'est bien ses pouvoirs que doit craindre cette chose morte ! Enragée, elle frappe à plusieurs reprises Ab-rak qui tient bien le choc et lui assène des coups de hache à faire tomber des gobs par paquet de cinq ! Finalement, après un long et dangereux combat, c'est lui qui aura raison de la chose, morte pour de bon cette fois-ci.

Le père Olaf se relève enfin et nous prenons un peu de temps pour explorer l'immense grotte qui servait de tanière à la chauve-souris géante en espérant ne pas en rencontrer une autre. Alors que je surveille un peu et fait le tour pour voir s'il n'y a rien d'autre qui puisse nous tomber dessus par surprise, les autres trouvent les restes d'un bandit célèbre dans la région : Shaz Rougelame. Il ne reste de lui et de quelques uns de ses camarades brigands que des cadavres à moitié dévorés. Qu'est-ce qu'ils pouvaient bien faire ici ? Avec une telle créature dans le coin, ça ne devait pas être de tout repos de passer par ces tunnels !

Tout le monde est un peu secoué par le combat et finalement, plutôt que de continuer l'exploration du tunnel et du manoir, ils préfèrent prendre un peu de repos cette nuit.
On rebrousse donc chemin jusqu'à l'entrée du puits, dans l'abri construit par Ab-rak et pendant que lui et moi montons la garde, les autres roupillent. La nuit se passe sans autre surprise mais n'est pas très calme, tout le monde a l'air de faire des cauchemars, d'avoir un sommeil agité. Il faut dire que l'endroit n'est pas propice au repos. A noter que Lupius ne parle pas pendant son sommeil ce qui est quand même reposant pour ceux qui veillent.

De retour dans l'approche du manoir par le tunnel après une petite collation et la vérification de nos équipements et préparations respectives, nous découvrons que les cadavres de Shaz et ses copains ont disparu … emportés par quatre goules très occupées à manger quand nous leur tombons dessus ! Il n'y a pas vraiment de combat, la stratégie que l'on met rapidement au point avec Ab-rak paye.

Le père Olaf, Scalarel et Lupius prennent alors le temps de voir un peu ce qu'il y a dans cette nouvelle grotte et trouvent des traces, des preuves qu'il y a peut-être eu un temple d'un Dieu des mort-vivants ici .. Urgathoa ou un nom comme ça. Est-ce que le manoir a été construit en rapport à la présence de ce temple ou bien est-ce une coïncidence ? Il faudra demander à Ganrenard puisqu'on nous le rappelle encore une fois : il faudra l'interroger (et donc, ne pas viser la tête). Le père Olaf et Lupius parle aussi de la déesse des monstres mais je n'y comprends pas grand chose dans toutes ces religiosités et puis … l'endroit pue la mort, j'ai hâte qu'on en termine. La poursuite de nos recherches ne nous apprend pas grand chose de plus, on découvre une sorte de monticule formé d'os sans moelle avec une tête de statue au dessus, un truc infecte.

La dernière caverne est immense ! Comme voutée, comme le serait une grande cathédrale. Un chemin en spirale longe un précipice plongeant vers la mer, un gouffre d'où l'air surgit en grondant tel un monstre sous l'effet des ressacs de la marée. En face de nous, une unique porte en pierre. Une certitude nous étreint, c'est là qu'il faut aller ! Lupius, décidément plein de surprises inattendues, essaye d'ouvrir la porte a distance, sans un bruit.

Elle s'ouvre !

Prudemment, nous nous dirigeons vers la porte, aucun de nous ne souhaitant aller prendre un bain de mer. La corniche est traite mais tout le monde passe. Derrière, nous attend le pire que l'on ait vu jusqu'à présent. C'est une pièce, meublée, comme une chambre presque, mais … il n'y a pas de mot ! Des tas de chairs pourrissants dans de la vaisselle, des verres emplis de sang coagulé, ça pue à en vomir ! Au centre de la pièce, notre ennemi identifié : Ganrenard ! Il se parle tout seul, marmonne des morceaux de phrases sans queue ni tête. Il a le teint gris, le regard vitreux. Lui aussi a l'air bien mort ! J'allais charger pour lui asséner un coup de bouclier, après tout, il faut l'assommer avant de l'interroger, quand Lupius, pour une raison que j'ignore, me retient.

Entretemps, Ganrenard nous a repéré ou plutôt, il a repéré Scalarel :
« Sa seigneurie est contente de vous voir »
« Vous êtes vivant, je vais pouvoir manger votre cœur ! »

Sur cette phrase, il se jette sur l'elfe ! On sait plus ce qu'il faut faire avec Ab-rak … on l'interroge ou pas ? Dans le doute, j'essaye de lui cogner dessus sans viser la tête mais je rate mon coup ! La créature fait alors quelque chose de pas très clair ... Il brandit une sorte de masque immonde de peau, de chairs et se le met sur le visage … faisant apparaître un second Scalarel ! On ne sait plus lequel taper !

On hésite, on hésite et pendant ce temps, l'autre (mais lequel) se déchaine à coups de rasoir sur Scalarel (l'autre ?). D'un coup, on reconnait le mauvais et à nous tous, on arrive à le repousser jusqu'à le faire s'écarter de notre Scalarel et s'enfuir vers le fond de la pièce où il semble se coller au mur. Étrangement, il n'a pas l'air affaiblit par nos coups, peut-être un pouvoir de mort-vivant ? On s'approche à nouveau de lui, prudents, j'entends Lupius qui cause encore … je comprends que c'est grâce à lui que l'on arrive à savoir qui est le bon Scalarel, ça fait bizarre mais ça marche …

Voyant que l'on arrivera pas à le faire causer, je suis décidé à en finir, craignant le pire si le combat se prolonge, et j'arrive à lui mettre un bon grand coup d'épée au travers du corps … il s'écroule, s'en est fini d'Aldern Ganrenard terreur du manoir !

Après coup, j'entends Scalarel ou Lupius dire : « C'est un Blême! »

« Ouais, un blème ! Et un gros même !! » réplique Ab-rak ! Je suis quand même pas sur qu'ils parlent de la même chose.

On fouille un peu la pièce, ça pue vraiment, quelque chose de pire que de la chair avariée. On y retrouve plein de petites affaires de Scalarel … C'est à rien y comprendre. Pourquoi avoir pris l'elfe comme cible ? Ce n'était pas à cause du collier en tout cas car Scalarel l'avait passé à Lupius pendant le combat et ça n'a rien changé … Peut-être que c'était le seul de la bonne taille dans notre groupe ? Ca serait une bonne explication en tout cas … depuis que le paladin nous a quitté. On retrouve aussi un étrange message de « la maitresse des tueurs de la nature des formes pionnières et des frères des Sept » ou un truc comme ça !

Y a trop de choses pas claires dans cette histoire et dans cette pièce. Une peinture avec un visage de femme fait d'une sorte de moisissure qu'on retrouve un peu ailleurs. On détruit cette mousse qui semble être plus qu'un simple végétale. Enfin, nous quittons la pièce et finissons de fouiller le manoir … Ah oui, pour faire une belle preuve pour l'histoire des héros, Ab-rak coupe la tête du monstre et l'emmène avec lui.

Par un escalier en colimaçon, nous entrons dans le manoir par la cuisine dont le sol a été défoncé. On croise quelques bestioles, des rats malades, dans la maison. Une pièce que l'on suppose être un laboratoire de mage est plein d'illusions plutôt agressives mais qui bizarrement manquent de puissance comme si la source avait disparu (peut être la mort de Ganrenard ? La moisissure qu'on a détruit dans la caverne ?). Dans une autre pièce, un autre atelier de magicien un ouvrage traitant de nécromancie. D'après ce qu'en comprenne les savants du groupe, le but de l'aïeul de Ganrenard était de devenir une liche … une sorte de mort-vivant très puissant ! Il y a vraiment une ambiance particulière, malsaine dans cette maison. A un étage, on trouve une sorte de fantôme d'une femme qui pleure. On entre pas et elle semble ne pas nous voir … en tout cas, elle ne nous agresse pas. C'était la femme du portrait dans la grotte … étrange.

Après quelques heures à vérifier que plus rien de vraiment dangereux ne rode dans le manoir, nous décidons de retourner à Pointesable. Contre mon avis et celui de Ab-rak, on ne brûle ni le manoir, ni les champs. Et pourtant, il reste un tas de mort-vivants déguisés en épouvantails! Ca fera de l'animation pour les paysans surement.

Trésors
Les personnages ont trouvé:
  • une épée longue en adamentium (sur Shaz "Rougelame" Bilger),
  • un trousseau de clefs contenant une grosse clef en acier terni incrustée d'une opale ronde et une petite clef en bronze avec une tige anormalement longue qui se terminer par 3 lames crantées la faisant ressembler à un lion rugissant (laboratoire de Vorel).
  • Lors de leur visite du manoir, les personnages récupèrent divers objets précieux pour une valeur totale de 800 po (à se partager)
Développement
La plaque de champignons dans le laboratoire a été brulé mais Olaf sent que le mal est toujours présent. Il faut absolument qu'un prêtre de la puissance d'un Absalar Zantus puisse jeter une sanctification ou que le Père Olaf puisse prier pour obtenir le sort Consécration (et acquérir 25po  de poussière d'argent). Nul doute que le mal et les fantômes qui hantent ce lieu seront exorcisés.

Scalarel a récupéré de la moisissure qui a envahit l'intérieur du manoir. Lupius a pris les cages en fer contenant des rats morts d'horribles maladies. Les personnages ont aussi gardé cette étrange petite boîte brisée qui semble avoir une relation avec la nécromancie.