Campagne

samedi 28 février 2009

[Résumé] Session 5

Orik par Marc

Quand cette histoire prendra t’elle fin ? J’ai cru un instant être enfin libéré. Mais pensez-vous. Le dieu de la Culpabilité, qui exister quelque part, en a voulu autrement. Sans doute va t’il m’imposer une pénitence avant la libération de mon âme. Je hais les femmes ! D’accord, cette affirmation est totalement fausse. Et c’est bien là le problème. Bref, je croyais être mort, mais une brutale douleur dont l’origine semble venir d’un pied, dont les mouvements de métronome en furie heurtent mon corps meurtri.

« Réveille-toi mon gars, j’ai quelques questions à te poser. »
J’émets un gémissement en espérant que celui-ci convainc le propriétaire du pied frappeur à la voix nasillarde, de cesser ses gesticulations qui m’insupportent.
« Tu vois à qui t’as affaire ? Une pâté comme celle-là, tu t’en souviendras toute ta chienne de vie … »
Je vois. En réalité, je ne vois rien du tout. Néanmoins, je ressens un léger courant d’air irrégulier, ponctué du martèlement d’un trépignement d’excitation et commenté d’onomatopées dès plus suggestives. Ces sensations me laissent à penser que ce vantard mime son glorieux combat à un contre cinq. Sans doute cherche-t-il ainsi à m’impressionner, à m’humilier sans se rendre compte que ses efforts sont vains du simple fait du bandeau qui me couvre les yeux. Je le lui signalerais volontiers, mais sans protection, mains et pieds liés, je ne dispose pas des meilleures conditions pour me lancer dans ce genre plaisanterie. J’attends donc sagement que le vantard cesse sa comédie. Celle-ci dure plusieurs minutes. J’apprends qu’à lui tout seul, il a éliminé le roi chevaucheur de lézard, et sa nombreuse cours, le gobelours avec sa garde personnelle et une espèce de calamar géant terrestre, sans omettre les 12 chiens, et les innombrables gobelins qui peuplaient les lieux. Je dois reconnaître que se faire la peau de Volpépite et son gecko, de Bruthazmus en une seule journée avec comme dessert un mutant de ma chère Lyrie mérite un brun de respect. Même si d’un seul individu, ils sont cinq, même si le nombre de chiens a quadruplé, les innombrables gobelins aisément dénombrables, et que la garde personnelle du gobelours se limite à quatre putes gobelines.

Brusquement le jour se lève. Je peux enfin admirer le héros qui se dresse fièrement devant moi. Il ne dépasse pas le mètre, le gnome.
« Tu m’reconnais, hein ? Tu te rappels comment je t’ai éjecté au fond de ta piaule, avant de te massacrer la tronche ».
Il commence à me les gonfler le modèle réduit. Mais, restons calme, condition indispensable à ma survie.
« Pourquoi m’avoir laissé en vie ? » demandais-je sincèrement.
« Parce que les autres, enfin surtout le paladin, y veulent savoir des trucs. Alors c’est moi qui dois poser les questions. Une idée géniale du prêtre. Oui, parce que si c’était le paladin, ce naze, y ferait pas mal à une mouche. Enfin, ça dépend tu m’diras. Parce que la mouche, si elle est possédée par le Mal, tu sais ce truc dont rien n’est plus mauvais comme il dit, alors là, la mouche l’a intérêt à décamper vite fait. Tu piges, la mouche qui n’est pas mal, elle n’est pas mauvaise non plus, alors le paladin sera gentil avec elle. Donc, aux questions, elle répond ce qu’elle veut. Vérité, bobards, que dalle, peut importe, elle risque rien. Tandis que moi, tu peux pas savoir. Surtout, que j’aime pas les mouches. Quelles soient bonnes, mal ou mauvaises. Pas con le prêtre non ? Alors t’as intérêt à répondre et puis poliment sinon … »
En prononçant cette dernière menace, il me montre une dague cachée dans sa manche droite. Sur un point, il a entièrement raison : je ne saurais dire s’il bluffe. Sachant la présence d’un paladin et d’un prêtre dans le groupe, sorte de garantie pour la survie de tout prisonnier honnête, j’opte pour la franchise. Peut-être que l’un des deux sera me pardonner, si jamais je suis pardonnable.
« Bien, je vois que je n’ai guère de choix, alors posez vos questions ».
Crânement, il sort un carnet, et commence à lire
« Comment t’appelles-tu ? »
Pour un peu, j’éclate de rire. C’est bien la première fois que je vois un quidam avoir besoin de prendre des notes pour poser la première qui vient à l’esprit de tous devant un parfait inconnu. Mais en réalité, ma situation n’avait rien de franchement comique, et je me contente de répondre :
« Orik Vancaskerkin »
Suivent d’autres questions, plus subtiles. Je lui apprends ainsi que je me suis fait engager par Nualia comme garde du corps. Belle connerie, je vous le dis. Une vraie cinglée, elle et sa salope de copine, la magicienne Lyrie. Mais, quelles sont belles ! Quelles sont séduisantes ! J’ai compris où je m’étais fourré le jour où j’ai assisté à l’une de leur cérémonie dans l’espèce de temple consacré à je ne sais quelle déesse. Putain quelle merde ! Quelle bande de cinglés ! Ce jour là, le demeuré Tsuto, le demi elfe, était présent. Possédé par Nualia à entre être totalement aveugle. Au moins moi, j’ai pris conscience dans le merdier dans lequel je m’étais fourré. Trop tard sans doute. Quand je pense que j’ai participé aux complots contre Pointesable, ma ville natale. Quel con je fus, entièrement obnubilé par ces deux merveilleuses et folles anges de la perversion. Je hais les femmes.

Un point me surprend. Mon bourreau miniature lit les questions, assez pertinentes à vrai dire, les unes après les autres, me laisse répondre, et enchaîne la question suivante sans aucun commentaire ni signe d’intérêt. En gros, il se contrefout de ce que je raconte. Ce qui n’est pas le cas de tous. En tout cas pas de celui qui entre de manière totalement inopinée, sans frapper. L’enfoiré, il porte mon armure. Certes elle lui va plutôt comme un gant, un vrai seigneur, mais tout de même.
« Sir Méromée Graitone, Paladin au service d’Abadar »
Aie ! Un paladin d’Abadar, vous voyez le genre, une espèce de fanatique qui vous assassine, puis vous soigne pour finir par vous condamner à mort lors d’une de leur mascarade de jugement qu’ils adorent tant. Ainsi ils se donnent bonne conscience sous couvert de la loi qu’ils ont construite pour les servir. Le type est un brin observateur. Il a manifestement jugé le regard mauvais que je lui porte.
« Cette armure est le prix à payer pour rester en vie malgré vos méfaits »
Comme s’il avait besoin de se justifier. S’il savait comment je l’ai acquise, il ne s’en ferait pas tout un plat. Il poursuit l’interrogatoire avec un intérêt manifeste. Pour un peu, il en saurait plus que moi le noble. Puis, à ma grande surprise il me fait une proposition que je pensais impossible.
« Ecoutez Orik, Vous êtes mon prisonnier et donc à mon service. Et pour commencer, vous nous mener auprès de Dame Lyrie Akenja ».
Je suis sûr qu’ils vont la massacrer. Une telle beauté, quel gâchis, encore qu’elle n’a d’yeux que pour Tsuto ! Et puis, je n’ai qu’une vague confiance. D’autant que j’entends une grosse voix venant du couloir qui réprouve la simple idée d’être à moins de quinze mètre de ma personne. Je dois tester mon interlocuteur pour comprendre ses réelles intentions.
« Dans le pauvre état dans lequel je suis, malheureusement je ne pourrai guère vous être utile. Alors, avant de vous guider, dans ces couloirs, où des mauvaises rencontres ne sont pas exclues, il me faudrait retrouver mon équipement et bénéficier de quelques soins. Vous comprenez n’est-ce pas ? »
Pas vraiment. Cependant, il me rend mon épée, me confie son armure de peau, il n’y perd pas au change sur ce coup là, et me restitue mon arc avec un carquois … vide. Pour les soins, il me faudra attendre. Et nous voilà parti. Je peux enfin mirer voire admirer mes adversaires.

La grosse voix, un prêtre nain, soupçonneux au possible, le genre à vous bénir à coup de marteau afin que vous ne puissiez plus soumettre à un dieu qui ne serait pas le sien. Nous avons un elfe plutôt discret, dont la tenue légère laisse présager un praticien de la magie. Un regard intelligent en parfaite contradiction avec les rares phrases qu’ils prononcent : une succession de railleries de mauvais goût qui repose sur des jeux de mots vaseux. Au fond du couloir, une brute vêtue de cuir en copinage avec une hache à deux mains trop grande pour un géant. Il dégage une apparence effrayante et une odeur pestilentielle qui fait qu’il n’est jamais bousculé par la foule. Pourtant, ce monstre n’a pas dépassé le stade de l’enfance. Soit il boude, soit il chuchote des âneries au modèle réduit, avec un certain succès si l’on mesure les gloussements que les deux compères, au physique diamétralement opposé, émettent en regardant le paladin. Quand je pense que cette troupe hétéroclite est parvenue jusqu’ici sans encombre, je me dis que le Desna la déesse de la chance veille sur eux : les veinards !

Comme promis, je les conduis devant le laboratoire de Lyrie. Ne sachant pas pourquoi, enfin si, je ne puis m’empêcher de supplier le paladin :
« Ne lui faîtes aucun mal »
« L’amour est un sentiment respectable. Aussi je m’efforcerai de le respecter »
Quel con ! Amoureux, moi. Tu parles. Je hais les femmes.
« Restez ici » m’ordonne sa seigneurie voleur d’armure : enfoiré !
Sa confiance connaissant des limites que je puis entendre, il demande au monstre de me garder. Celui-ci en pleine bouderie, n’entend rien. Grosse voix se lance alors dans un effort diplomatique remarquable qui n’aboutit nullement. Finalement le paladin se replie sur le minus qui acquiesce. Et il va falloir que je me farcisse à nouveau ses singeries à celui-là. En fait, non, il reste calme, vaincu par la somnolence. Après de tels récents exploits, accordons-lui quelque repos.

Les quatre franchissent la porte du bureau. Curieux, je me penche pour voir la scène. Putain ! Je sais pas comment font-ils. Pas un mot, mais une magnifique action tactique coordonnée. Et, je sais de quoi je parle. Balaise les mecs. Ma Lyrie, fait pas un pli. Tant pis. Mon armure a bien essayé de parlementer, mais avec Lyrie, s’est peine perdue. Sur ce point, Grosse voix il a vu juste. Son altesse ressort de la pièce, glisse quelques mots à l’endormi. Puis se tourne vers moi. Entre temps, j’aperçois jeu de mots faire une découverte intéressante : il a découvert le moyen de descendre au sous-sol, vers la tanière de la reine des folles. Scène étonnante. Jeu de mot, trop fier de sa découverte commence à s’enfoncer seul dans le ténébreux sous-sol quand, le monstre boudeur le retient : « faut garder groupé uni elle a dit » bafouille t’il. Je ne sais pas qui c’est elle, mais alors là, chapeau ! Sur cette entrefaite, jeu de mot rejoint mon seigneur pour lui annoncer fièrement sa découverte en lui faisant sentir sa grande impatience d’en découdre et d’en finir avec la logeuse du sous-sol. Quelle poufiasse celle-là. Si belle, si cruelle, si démente. Belle, elle ne l’est plus depuis cette cérémonie montée de toute pièce avec les connaissances de feu Lyrie et la complicité du jeune Tsuto. Montreuse elle est devenue. Conasse ! Je hais les femmes.

Le pire reste à venir. J’imagine bien mes héros, me faire passer au premier rang, dans le rôle du bouclier ou testeur de pièges.
« Allez-y, je vous rejoins » dicte le paladin aux deux présents près de lui. Un fois seul à seul, il me toise d’un air solennel.
« Monsieur Orik, je n’ai pu tenir mon engagement. J’ai le regret de vous annoncer que nous n’avons pu éviter de donner la mort à celle que vous sembliez aimer »
Quel nul. C’était une bête de sexe, voilà tout. C’est déjà pas mal, même l’essentiel vous me direz. Malgré cela, malgré les souvenirs que la morale réprouve des merveilleux, enchanteurs, irréels contacts physiques dont à bénéficier mon corps auprès de cette charmante personne et qui resteront à jamais en ma mémoire de mâle, je constate que la mort de Lyrie ne laisse indifférent, du moins sur l’aspect émotionnel. Toutefois, sur un autre aspect … Je hais les femmes.
« Par conséquent, je rachète ma parole en vous libérant. Vous pouvez vous joindre à mon service, si vous le souhaitez, sinon, je vous laisse repartir. »
Cet instant mémorable mérite que nous nous y arrêtions. Ce type me fait en partie confiance et me protége du prêtre qui avait depuis le début tracé ma destiné. Moi, j’aurais pu en profiter pour abuser de sa confiance, le mener où je voulais, les foutre dans le pétrin avant de me tirer. Et je ne l’ai pas fait. Pire, je ne l’ai même pas imaginé. Alors que je ne le connais pas plus qu’il ne me connaît. Comment vous appelez cela vous ? Et attendez, ma réponse, là nous atteignons le summum.
« Sir, je suis trop faible, et ne je pourrais vous être d’aucune utilité, sinon vous gêner. Non, je n’insiste pas sur mon état pour obtenir des soins qui vous seront bien plus utiles pour affronter et vaincre les dangers qui vous guettent. » Le summum, je vous dis, car je le pense, et en toute sincérité. Mais voyez la suite.
« Si vous me le permettez, je préférais rejoindre Pointesable et me repentir de ce que j’ai commis à l’encontre de tous ces gens, de tous ceux que j’ai honteusement trahi, et si possible, à votre coté. » Je ne me reconnais pas. Et pourtant, c’est bien moi qui aie prononcé ces mots, sans blasphème, sans mensonge.
« Très bien, faites ainsi. Nous nous retrouverons à Pointesable. Faites attention en remontant, deux aides précieuses et efficaces protègent nos arrières. Ils pourraient vous confondre avec nos ennemis. Si vous les rencontrez, faites savoir que vous venez de ma par et parlez leur en toute franchise. » Puis, il partit rejoindre ses compagnons.
« Je jure devant tous les dieux que je ne me laisserai plus guider par mes bas instincts.
Je jure devant tous les dieux que je donnerai ma vie pour ma ville natale de Pointesable que j’ai honteusement trahie.
Je jure devant tous les dieux, que je hais les femmes. »

mercredi 7 janvier 2009

Intersession #4

Olaf se réveilla la tête lourde. Il avait veillé une bonne partie de la nuit l'elfe fiévreux et grâce à ses soins attentifs, Scalarel semblait allé mieux. En revanche, le prêtre nain, avait du avouer à lui-même que malgré sa solide constitution, il ne se sentait pas bien. Il avait décider d'aller s'allonger. Très vite le sommeil l'avait capturé.

Le nain se demandait si c'était le matin ou le soir. L'odeur de bière fraiche et des biscuits salé acheva de le réveiller. Il mangea et s'habilla puis décida de finir le tonnelet et d'enfourner le dernier biscuit dans sa poche. Il se sentait mieux. A l'étage il croisa la halfeline qui tenait l'auberge avec la jeune Ameiko qui lui appris ce que ces amis étaient partis sans lui, préférant le laisser se reposer.

En descendant dans la salle commune, Olaf vit la jeune elfe qu'il avait contribué à sauver des mains des gobelins, en grande discussion avec un couple de marchands qui tenait des propos mélodramatiques sur un cheval volé par des gobelins. Profitant de l'arrivée du nain, Shalelu alla saluer le prêtre mettant ainsi un terme aux récriminations des deux marchands. L'elfe expliqua qu'elle s'apprêtait à se rendre au Pic-aux-chardons pour trouver la trace des amis du nain et leur prêter main-forte contre ces saletés de gobleins. Olaf commanda une autre bière qu'il avala d'un trait et se porta volontaire pour accompagner la jeune rodeuse. Il se sentait beaucoup mieux.

Une demi-heure plus tard, l'elfe et le nain étaient en route pour le nord-est. L'elfe trouva rapidement la trace des amis du nain qui remontait une rivière à travers un bois touffu et épineux et direction du nord (et de la mer). Les deux compères d'un jour arrivèrent à un cul-de-sac au milieu des chardons. La mer était proche car on entendait le ressac. Le nain découvrit un passage à travers les taillis épineux qui les menèrent dans un labyrinthe végétal. Pister les traces des compagnons du nain était facile : il suffisait de suivre les cadavres de gobelins. Shalelu et Olaf finirent par déboucher sur un pont de cordes et de planches qui enjambait la mer. Ils aperçurent les silhouettes des personnages qui progressaient sur les toits d'un curieux assemblage de planches, de bois de bateau formant une improbable forteresse nichée sur un improbable piton rocheux.

mardi 6 janvier 2009

[Résumé] Session 4


A l'abri en bas d'une tour de garde dans le repaire des gobelins du pic aux chardons, Monotech observait ses nouveaux compagnons.
« On forme une drôle de bande quand même ! » se disait le jeune gnome.
Le père Olaf lui manquait un peu. Il aurait du penser à laisser des marques sur le chemin depuis l'auberge pour qu'il puisse les retrouver au cas où il se sente mieux mais bon ... si un nain avait pu suivre un gnome à la trace, ça se saurait.
En attendant que tous se préparent à l'assaut du camp gobelin, Monotech révisait une dernière fois la lettre qu'il pensait envoyer à son cher maître forgeron à son retour au Dragon rouillé.

En haut du premier feuillet, de petites notes ...

Pour mémoire :
Le nain : Olaf Trek
L'elfe : Scalarel
Le paladin : Sire Méromé
L'orc-humain : Ab-rak

« Il n'y a rien de plus mauvais que le mal ! ».
(C'est la pensée du jour. Je la note maintenant pour ne pas l'oublier)

Cher parrain,

Cela fait maintenant plusieurs semaines que je n’ai plus donné de nouvelles. J'ai enfin rencontré l'aventure comme je l'attendais ! Enfin … je crois.
Tout se mélange un peu dans mes pensées et pour être sur de bien te faire vivre les meilleurs moments, je vais commencer par la fin !

J'ai été blessé hier, assez gravement d'ailleurs, par un gobelin mutant ! Oui comme je te le dis, un gobelin mutant. La sale bête m'a salement amoché et sans le secours du père Olaf, un prêtre nain que j'ai rencontré, je ne serais peut-être plus de ce monde.
Je m'en suis remis finalement assez vite, une bonne nuit de sommeil, et j'ai même décidé de m'acheter un bouclier ... pour voir. Tu sais comme l'idée ne me plaisait que moyennement. Mais Ab-rak m'a convaincu et je m'en suis trouvé un petit qui tient bien sur mon bras gauche, même quand j'ai en main la belle épée longue que l'on a trouvée.

Aujourd'hui donc, nous avions pour but de finir le nettoyage de ce souterrain et de partir à la recherche d'une troupe de gobelins au pic aux chardons. Je sais c'est un peu confus, mais moi même en vivant mes propres aventures, j'ai parfois du mal à suivre.

J'ai bien récupéré cette nuit mais on ne peut malheureusement pas en dire autant du Père Olaf qui a partagé sa chambre avec Scalarel le ... l'illusionniste elfe (il fait bien illusion d'ailleurs comme tu le verras plus tard quand il essaye de tuer un gobelin pouilleux mais n'y arrive pas).
Ce pauvre nain tousse et a préféré rester à se reposer dans sa chambre à l'auberge pendant que l'on fini de visiter la crypte dédiée à ces vieilles divinités de l'Empire de Thassilon.
Scalarel n'a pas meilleure mine mais il arrive à tenir debout et est d'accord pour nous accompagner.
Ab-rak l'orc-humain, Sir Méromé, Scalarel et moi nous sommes donc retrouvés devant l'entrée des souterrains : la verrerie. C'est là qu'ils m'ont donné cette superbe épée longue qui est un peu grande pour moi mais que j'arrive à manipuler comme une épée à deux mains. Heureusement si elle est un peu encombrante, elle n'est pas trop lourde. Va falloir que je m'entraîne quand même. C'est celle du gobelin mutant !

Il y avait comme un air d'excitation ce matin et quand les gardes devant la verrerie nous dirent d'attendre car quelqu'un voulait parler à Sir Méromé, Ab-rak et moi-même avons eu un mal fou à rester en place.
Quand cette personne, Draxell, un elfe-humain un peu bizarre envoyé par Belor pour nous accompagner ou nous aider ou nous suivre ou nous masser, arrive, Ab-rak et moi sommes déjà partis dans le premier couloir obscur en chantant une belle balade naine traduite en gnome :

On embroche des palourdes par douzaine
Des oies des canards par kilos
Pour nous sans saveur sont ces trésors
On a soif ! Glou glou glou.

Heigh-ho, heigh-ho ! On boit tous au goulot

Tu connais la suite...

Il faut dire qu’Ab-rak est plutôt content de son idée d'épuisette qu'il a trouvé sur le port pour pécher les machins qui flottent.
On arrive rapidement dans la pièce avec les zombies où le Père Olaf est tombé hier et où le gobelin mutant m'a pratiquement coupé en deux. A part les morts-vivants au fond de leur trou, rien à signaler.
D'ailleurs pour être sur, Sir Méromé demande à Draxell ou à Ab-rak d'éliminer les abominations (c'est lui qui le dit). Draxell fait un truc, une incantation de soins je pense et ça n’a pas l'air de leur faire du bien aux morts vivants, Ab-rak leur jette des pierres, l'un dans l'autre, l'action est menée à son terme rapidement. En y repensant, j'aurais cru que les Paladins pouvaient tuer les morts vivants d'un simple regard.
C'est là qu'il a dit je crois, devant notre étonnement sur son insistance à zigouiller des choses finalement bien inoffensives au fond de leur trou :

« Il n'y a rien de plus mauvais que le mal ».
Ab-rak a été assez impressionné par cette sage parole. Je dois dire que je cherche encore s'il y a un second degré mais j'ai bien peur que non. C'est peut-être là la force du Paladin ...

Une fois cette tache ingrate terminée, nous nous sommes dirigés, derrière Ab-rak, vers la pièce où flotte les objets.
Je te fais la liste :
 Un livre de prières
 un parchemin sur lequel est écrit un sortilège qu'il reste à étudier
 un corbeau mort
 une baguette en fer tordue dont l'extrémité est fourchue. Aucune idée de son utilité mais Scalarel doit l'étudier
 une bouteille de vin

Voir ces machins flotter dans l'air comme ça c'est bien étrange. Une fois qu'on a eu tout récupéré à l'épuisette, Ab-rak m'a attaché à une corde et je suis monté voir tout en haut de la pièce. Mais y avait rien.
Comme dans tout le reste du complexe d'ailleurs. Il ne nous restait que la salle de la Cathédrale (drôle de nom, je me demande où j'ai entendu ça) à voir. Celle salle où on espérait avoir enfermé le Quasit : cette petite chose immonde et volante qui avait invoqué les rats qui ont rendu le Père Olaf malade.

Ah si, il restait une chose étrange dont j'ai failli oublier de te parler : une sorte de tête flottante, gluante, plutôt coulante et finalement assez sensible aux coups de hache de Ab-rak. La pauvre chose n'a pas survécu longtemps une fois que l'orc-humain l'avait repéré.
En même temps ... c'est peut-être mieux ainsi.
Au sol de la pièce où se trouvait cette tête, un bassin dont les bords était fait de crânes sculptés. Au cas où, on en a cassé quelques uns.

La Cathédrale et la Quasit : Cette chose était toujours là ! On avait bien réussi à la coincer et on a même réussi à l'abattre.
Elle est apparue d'un coup, voletant dans un coin sombre de la pièce et par magie a cassé le manche de la hache de Ab-rak. Pas bête la chose !
Mais ça n'a pas suffit à nous arrêter ! Draxel d'un coup de son fouet a réussi à la coincer et à l'attirer au sol. J'ai profité de ce qu'elle était à ma portée (je n'ai pas trop grandi depuis la dernière fois qu'on s'est vu) pour lui mettre un bon gros coup d'épée qui a du lui casser le dos.
Après ça, Ab-rak l'a coincé avec l'épuisette, Draxel a fini le travail d'un autre coup de fouet. Fini, morte, crevée ... terminé le Quasit et son règne de terreur sous la verrerie !!

Après les déboires de la veille, ça faisait plaisir. Dommage que le père Olaf ait raté ça ... je ne répèterais pas ce qu'a dit Scalarel, tu n'apprécieras pas.

A notre retour au Dragon rouillé, le Père Olaf n'allait pas mieux. Et pour cause : Une elfe « guérisseuse » est passée nous a t-on dit et a recommandé des tisanes. Et pourquoi pas des bouillons de légumes !
J'ai changé les recommandations par « un tonnelet de bière ». Ca ira rapidement mieux à mon avis.
Non mais des tisanes ...

Nous avons également revu Ameiko a qui nous avons annoncé la bonne nouvelle : les souterrains sous la verrerie sont surs !
(Enfin moi je la connais pas cette dame mais j'ai fait semblant)
Grâce à elle, on a pu savoir que le vin venait de la cave de son père, on a ouvert la bouteille et bu pour fêter ça.

Ce que j'aime avec mes nouveaux amis, c'est qu'on a à peine terminé une aventure, on repart sur une autre !!

Il fallait maintenant parcourir le pic aux chardons pour retrouver la trace de la troupe de gobelins responsables de l'attaque sur le village de Pointesable. Ils sont encore actifs dans le coin d'ailleurs car au moment où nous nous préparions à partir du Dragon rouillé, les gardes ont amené un couple d'humain à qui on, des gobelins, avait volé un beau cheval de bataille qu'ils, les humains, voulaient vendre. Le cheval s'appelle : Sombrebrume.
Qu'est ce que les gobelins peuvent bien faire d'une bête pareille ? Bonne question !

En tout cas, de là où je t'écris, caché dans cette sorte de construction en bois qu'ont fait les gobelins et qui semble être leur quartier général au pic aux Chardons, on a pas trouvé de cheval. Quand je dis que c'est les gobelins qui l'ont construit, c'est peut-être pas eux. Même si ça ressemble plus à un tas de planches assemblées ensembles, ça tient quand même debout, avec des étages. Y a plusieurs pièces, des portes assez solides, etc. C'est peut-être pas gobelin comme construction, juste simplement pas entretenue.

Et sinon, on a trouvé ce qui semble être une bonne partie de la troupe des gobelins. Enfin ils sont un peu moins nombreux maintenant que Ab-rak en a zigouillé quelques-uns qui montaient mal la garde sur les tours.
On a eu du mal à trouver quand même. On était parti sur la trace des voleurs de cheval mais on n’a pas trouvé grand chose d'autres que des buissons d'épines pendant un sacré moment.
Puis, je sais plus trop comment, on a trouvé une porte camouflée qui cachait l'entrée d'un tunnel fait dans la masse des chardons !! Y en a tellement à cet endroit !
Et vénéneux avec ça les chardons. Sir Méromé s'est un peu piqué dessus, il est maladroit celui là aussi, et n'a pas semblé apprécier.
Moi devant, le tunnel est juste à ma taille, les autres tous derrière, un peu penchés pour pouvoir entrer dans le tunnel, on a visité ce petit labyrinthe.

On a rencontré de drôles de choses dans ce tunnel mais rien qui nous arrête bien longtemps. Fallait voir la troupe se battre à genoux pour éviter de tomber dans les murs d'épines ! C'était bien un repère de gobelins mais pas ceux qu'on pensait, ou alors les plus misérables d'entre eux.
L'un dans l'autre, on s'en est pas trop mal sorti sans trop de blessures sérieuses.
Y a peut-être que le gros fauve qui a sacrément amoché Sir Méromé quand on a découvert la tanière du shaman gobelin (quand je dis qu'il est maladroit ce Paladin). Et le shaman gobelin, lui on l'a eu dans son sommeil ou presque, et il a pas fait long feu !
J'ai récupéré une belle armure de cuir chez lui. Va falloir que je la nettoie un peu et elle sera très bien, On a aussi récupéré 6 fioles de potions dont 2 potions de soins. Draxel en a pris 2 non identifiées « pour services rendus », j'en ai pris une de soins au cas où et Sir Méromé en a bu une pour se remettre de sa rencontre avec le fauve. Il en reste 2 à identifier.
On a aussi trouvé une belle cape que Scalarel a prise pour lui.

Il y avait aussi ce drôle de trou dans le sol, au dessus de la mer. Ab-rak m'y a descendu pour voir, attaché à une corde, mais y avait rien. Pas de bateau, pas de poteau pour attacher quelque chose, que de la mer et une belle grosse créature qui a surgi. Un serpent de mer ou quelque chose comme ça.
Heureusement qu'on l'a vu en fait car Sir Méromé voulait prendre le quartier général des gobelins d'assaut en passant par la mer mais à la nage !!
Tout ça pour éviter de passer par le pont.

En fait, on est quand même passé par le pont. Je me suis déguisé avec des frusques de gobelins puantes et je suis passé tranquillement sans éveiller l'attention des gardes. Ab-rak est passé aussi en même temps que moi et sans déguisement. Il a rapidement éliminé les gardes gobelins sur les 2 tours de garde. On a bien fait d’attaquer de jour et de ne pas attendre la tombée de la nuit.
Les autres nous ont rejoins aussi et on est là maintenant, dans la bâtisse. Draxel est venu aussi même s’il nous conseillait d’attendre le Père Olaf. Mais comment faire pour aller le chercher avant que la nuit tombe ? L’occasion est trop belle de défaire cette menace ici et maintenant.
De ce qu’on a pu voir de l’endroit, il y a une cour avec des chiens qui montent la garde devant une pièce avec une porte.
Y a aussi quelques gobelins derrière la baraque ... ils jouent avec une mouette. Ils sont peut-être 5 ou 6. Y en a peut-être encore d'autres dans la maison ... on va bien voir. Les plus dangereux pour le moment, ce sont les chiens. Et il semble qu'il y a quelque chose derrière cette porte dans la cour ... le cheval ?

Monotech, bien content de la tournure que prenait sa lettre, plia soigneusement le tas de feuilles jaunies et le rangea dans une poche bien à l’abri, puis termina de vérifier son équipement pour la bataille à venir.
Le petit guerrier ajusta son bouclier, essuya lentement la garde de son épée pour en enlever toute trace de sueur et se plaça au coté d’Ab-rak. L’idée était d’arrêter les gobelins qui pourraient surgir pendant que ses autres compagnons éliminaient les chiens à distance.

Ca promettait de l’action !

samedi 6 décembre 2008

Intersession #3 - Partie 4

Ab-rak rêvassait à l'élue de son cœur pendant le discours ampoulé du paladin ... Il trouvait bizarre la capacité de ce dernier à pouvoir dire avec autant de mots "savants" des choses forts simples qui pouvait s'exprimer en 1 seule phrase ... en même temps c'était un bon guerrier, alors "respect" ... et le demi-orque prenait son mal en patience ....

"euh ... ah ouais ... ben vlà le corsèque que j'ai tiré sur la statue de marbre rouge qu'est celle d'une gonzesse énervée avec un livre à la main et l'arme de l'aut'... même qu'elle avait des trucs tranchants dans ses cheveux et qu'elle paraissait vraiment furibarde !
Et pis, vlà la têt' du monstre que j'ai tué d'un coup .. ouais m'sieurs, 1 seul coup !! alors, la salle que mon pote-le-chef y vous raconte que j'ai trouvé, ben c'est une salle avec des tas de trucs qui voletaient en tournant ... mais on m'a pas permis d'en pêcher que'quezuns passque j'aurais pu vous rapporter des choses ... mais le pote-chef, y voulait pas ... faut dire qu'il s'énerve vite ... bon en même temps il a morflé grave avec le gob à 4 bras ...

j'peux comprendre!
mais j'voudrai dire z'aussi qu'y'avait un étage ... même qui z'ont pas voulu que j'aille jeter mon z'oeil ... moi j'aurai bien allé, pissque j'avais même pas une gratignure, mais j'suis obéissant avé "le group", comme y disent les z'aut' ... vala !!"

~°~
Le jeune paladin comme à l’accoutumé devant certaine situation cocasse aggravée par une redoutable fatigue, plongea au plus profond de l’oubli le deuxième mot de sa devise qui en comptait trois : « courage, sérénité, espoir ». Une fois que le demi-orque eut terminé ses explications sommaires, Méromé partit d’un éclat de rire qui surprit madame le maire et le prêtre, surprise d’autant plus grande au regard de sa soudaine décision qu’il exprima de manière totalement inattendue : « Bon, on vous laisse la marchandise, cadeau de la maison, vous cogitez à tout ça, et nous en attendant on va se rincer le gosier, foi d’aventurier ! Ab-rak, c’est moi qui trinque, suis moi, j’t’emmène ».

Kendra Deverin prit sur elle pour ne pas sermonner le jeune homme qui laissait ses émotions le guider. Paternaliste, un défaut que lui reprochait souvent le prévôt, elle fut presque attendrie par la réaction peu polissée de Sire Graitone, qui, pensa t'elle, avait du fréquenter plus que de raisons les tavernes malfamées.
- Père Zanthus auriez-vous l'obligeance d'amener cet ... indice auprès de notre sage Brodert Quink dit la maire en hésitant sur mot. Il se fera une joie de se plonger dans ses vieux grimoires et nous montrer sa profonde culture.

Kendra repenssa à la pauvre Nualia, à son enfance terriblement difficile, elle qui était l'objet de toutes les attentions et demandes des villageois. Elle se dit qu'il était possible qu'elle fut tombé sous le charme d'un vaurien de passage comme de varisien de Délek. Le fait que les derniers temps avant le Grand Désagrément, le Père Tobyn gardait sa fille cloitrée dans l'ancien temple avait certainement un rapport avec l'ensemble de ces événements.
- Laissons le passé reposé en paix, chuchota Kendra pour elle-même.

~°~
Les deux personnages devant un Père Zanthus aux yeux ébahis qui prenait avec précaution et réticence la tête, quittèrent le bureau du maire, pour se réfugier dans l’auberge la plus proche. Si le paladin avait perdu sa prestance, il avait néanmoins conservé son sens de l’honneur et le respect de la parole donnée. Aussi, il offrit boisson et victuailles à son compagnon, et sans doute autre plaisir de la chair.

Ne vous méprenez pas, Méromé ne fut pas victime d’un puissant maléfice qui l’avait transformé en vulgaire mercenaire, sauf si vous considérez que stress, fatigue et découragement sont des maléfices. En réalité, il reprit ses esprits, certes pas immédiatement, après quelques choppes bien alcoolisées de la spécialité du patron. Comme quoi, l’alcool ne possède pas uniquement de mauvais effets. Elle soigne, elle crée des liens, libère les frontières sociales, facilite les relations, le commerce, les échanges, elle constitue l’un des outils qui contribue au bon fonctionnement d’une civilisation en pleine expansion. Mais, comme tout outil, il peut être employé à des fins néfastes, réduire le civilisé à l’état de loque : l’empreinte du Mal qui cherchera ainsi à nous manipuler. Émergeant de ses pensées, Méromé redevenu Sir Graitone d’Abadar, quitta son ami à la fin de leur dîner commun. « Je dois te laisser
Ab-rak, nous nous retrouvons demain 8 heures devant la verrerie. En attendant, prend du bon temps et repose toi bien ». Il quitta son tabouret de bois dignement, laissa 5 pièces d’or au demi-orque, « profites en tant que tu vies », et sortit de l’auberge.

Il se mit en quête du sergent Coudert. Malgré sa rudesse, il appréciait cette femme : une bonne professionnelle. Il l’aperçut faisant une inspection. Il l’a rejoint et l’aborda avec respect. Naturellement, elle ne le fit pas sentir, mais elle fut reconnaissante au paladin de s’intéresser à la situation du village. Ce dernier lui exposa les dangers qu’il entrevoyait du coté de la verrerie du fait de l’ouverture forcée qui menait aux dédales, niche du mal malheureusement non expurgé, et donc source de grand danger. Le sergent promit de renforcer la garde de ce coté, et de faire quérir le paladin de toute urgence au moindre signe annonciateur d’une agression.

Épuisé et au regard de l’heure tardive, Méromé qui souhaitait partager une idée avec un prêtre, y renonça pour se rendre à l’hôtel du Cerf Blanc, en faisant toutefois un détour vers l’écurie pour s’assurer du bon état de santé de sa monture et de celles de ses compagnons.

~°~
Pas facile pour un paladin d'abandonner une idée, aussi il décida de se rendre malgré tout au Dragon rouillé pour discuter avec le prètre nain. En arrivant à l'auberge, Monotech appris au jeune paladin qu'Olaf était au chevet de l'elfe qui était fiévreux. Visiblement Zanthus n'avait pu soigner Scalarel. Le prètre de Torag allait prendre soin de l'elfe toute la nuit pour essayer de faire passer la fièvre. Méromé décida de laisser Olaf faire son office. Méromé retourna au Cerf blanc et laissa des consignes précises, il avait décider pour une fois de dormir plus tardivement que d'habitude. Il aurait bien l'occasion de s'entretenir avec le nain à un moment plus propice.

lundi 1 décembre 2008

[Résumé] Session 3


De bon matin, le père Olaf Trek retrouva ses compagnons à l’auberge du Dragon rouillé comme cela avait été convenu. Le jeune nain, qui avait passé une mauvaise nuit, songeait avec une certaine mélancolie à ses proches et amis laissés à Janderhoff la magnifique. Olaf eut néanmoins un certain plaisir à retrouver Monotech, revenu de sa mission, attablé avec les autres et prenant connaissance des derniers évènements. Olaf appréciait chez ce gnome sa franchise, sa simplicité et ses compétences guerrières. Olaf écouta ensuite Scalarel faire un résumé des informations glanées auprès de Madame Mvashti sur les évènements récents et anciens de Pointesable. Le récit précis et circonspect de l’elfe, anormalement sérieux, dissipa progressivement le malaise ressenti par le prêtre. Olaf fit ensuite un laconique compte-rendu de ses activités de la veille.

D’un commun accord, le groupe décida de se rendre dans le quartier des marchands. Un bijoutier échangea la poudre d’or contre des pièces et gemmes monnayables d’ une valeur de 400 po. Olaf garda le silence car la transaction était correcte. L’argent fut partagé entre les 4 membres du groupe qui avaient participé à la dernière expédition. Monotech n’étant pas concerné, retourna au Dragon Rouillé. Les autres se rendirent chez un armurier bien achalandé nommé Savah Bevaniky. Cette humaine, imbue d'elle-même et se croyant très compétente, déplût tout de suite au prêtre. Les armes et armures présentées étaient de qualité mais ne pouvaient rivaliser avec les merveilles de l’artisanat nain. Entendre ce marchand vanter sa marchandise en disant que c’était ce qui se faisait de mieux agaça Olaf dont le père, Torven Trek, était l’un des forgerons les plus réputés de Janderhoff la majestueuse. Sire Méromé acheta une armure et Scalarel une arme de jet. Le jeune paladin décida ensuite de renouveler sa garde-robe et prit un certain temps avant de se décider sur le tabard qui irait le mieux à son teint, à la couleur de ses yeux et de ses cheveux et aux couleurs préférées d’Abadar… Scalarel partit de son côté et le père Olaf sortit de la boutique, préférant le spectacle de la rue…

La visite dans la boutique de Nisk Tander, apothicaire et vendeur de fioles, fut plus intéressante. Olaf, de son côté, acheta une fiole de soins et 3 fioles de feu grégeois en ayant à l’esprit d’en proposer à l’elfe et au gnome s’ils étaient intéressés.

En cette fin de matinée, le groupe, bien équipé, emprunta le souterrain sous la verrerie conduit par le demi-orc Ab-rak.

La progression prudente et silencieuse emmena le groupe dans un vaste tunnel aux multiples embranchements. Olaf estima, malgré les tours et détours, que la direction générale était le nord. Des ruines et de vieux tas de briques de conception humaine montraient l’ancienneté des lieux. Dans une caverne, un humanoïde agressif à la peau livide et au visage ravagé se jeta sur les aventuriers. Olaf lança un sort de protection sur Ab-rak, tandis qu’une flèche tirée par l’elfe touchait sa cible. Un court combat se déroula, brutalement interrompu par un coup prodigieux et mortel de la hache à 2 mains du demi-orc. Olaf, malgré son instinctive répugnance pour les races d’origine goblinoïde, ne put qu’admirer la férocité de l’attaque. Pendant qu’Ab-rak se jetait sur le cadavre pour le fouiller, le père Olaf se rappelait ses studieuses lectures en observant le cadavre, notamment les références aux créatures naissant d’un puits des runes lié à l’ancienne magie de l’empire de Thassilon. Ab-rak coupa la tête de l’être en disant « çà peut toujours servir » et l’enfourna dans son sac à dos rempli d’objets divers et de nourriture...
Le groupe arriva dans une vaste salle où trônait une statue tenant un livre et une arme d’hast et dont la coiffe était faite de lames. Plus loin, dans une autre salle, un autel, couvert de symboles ésotériques représentant des monstres, contenait de l’eau croupie. Cette forme primitive d’un culte démoniaque transpirait la magie maléfique. Les aventuriers arrivèrent dans une grande salle ressemblant vaguement à une cathédrale. Elle contenait un bassin intérieur. Au fond, sur une estrade décoré de crânes, une source bouillonnait. Une créature jaillit d’une salle et attaqua Ab-rak. Une créature volante, toute difforme, jaillit de la vaste voûte et fit couler son sang avec la dague au dessus du bassin. Olaf, par une canalisation d’énergie, redonna quelque vigueur au paladin et au ½ orc qui venaient de se défaire de leur ennemi. 2 rats énormes, répugnants et nauséabonds surgirent du bassin et se jetèrent sur le prêtre et sur l’elfe. Celui-ci décochait flèche sur flèche sans résultat apparent sur l’insaisissable créature volante. Scalarel décida alors, sans s’occuper de la menace immédiate du rat, d’envoyer un éclair sur l’être volant qui sembla lui faire quelques dégâts. Olaf écrasa sous son marteau de guerre le rat géant qui l’avait déjà mordu à 2 reprises. La créature, qui n’avait pas apprécié la morsure de l’éclair, fit apparaître une araignée géante qui se jeta sur l’elfe. Celui-ci fut encore mordu par le rat et abattu par le paladin, survenant fort à propos. Olaf qui venait encore d’être blessé par la dague de l’être volant se concentra et projeta son énergie pour soigner ses compagnons affaiblis et lui-même. Pendant que le paladin tuait d’un coup magistral l’horrible araignée, le petit être chétif s’élevait et disparaissait dans l’ombre de la voûte. Olaf, se retourna et comprit pourquoi Ab-rak et Monotech n’étaient pas venus les aider. Ils avaient été assaillis à l’entrée de la salle par d’autres ennemis surgissant des portes latérales et les avaient vaincues. Sire Méromé entra dans l’eau croupie du bassin pour l’étudier. Le prêtre décida de verser son sang dans le bassin maudit et fit apparaître une créature promptement expédiée. Le niveau de l’eau maléfique baissa encore. Un dernier monstre sorti du bassin, désormais à sec, fut tué par le groupe.

Monstre lâchement assassiné par les aventuriers, paix à son âme (s'il en a)

Les aventuriers reprirent leur progression. Ils arrivèrent à une plate-forme surplombant des cellules. Celles-ci étaient jonchées de détritus et d’ossements. Dans le prolongement, se trouvaient une salle de tortures et une salle de gardes. Le groupe parvint dans une grande salle où des planches de bois recouvraient des puits d’où montaient des gémissements. Après avoir arraché quelques planches, les aventuriers découvrirent des créatures décharnées, des zombis. Un immense gobelin velu qu’Olaf reconnut à tord comme étant un gobelours se précipita sur eux et cracha un flot d’acide sur le ½ orc, le nain et le paladin. Monotech blessa la créature gobeline mutante avant de s’effondrer sous l’assaut du monstre. Scalarel blessa le monstre avec un éclair avant que le paladin ne l’achève non sans avoir été encore une fois blessé durant la passe d’armes. Le père Olaf qui se précipitait pour secourir Monotech, traversa les planches pourries et tomba dans un puits. Sa forte constitution lui permit d’éviter le pire mais il fut immédiatement assailli par un zombi furieux. Le nain fut blessé à 2 reprises avant que le zombi ne s’effondre terrassé par un éclair lancé par l’elfe. Le père Olaf, malgré le sang qui ruisselait de ses multiples blessures, prit conscience que Scalarel était venu à son secours. Cette action contrebalançait, en partie seulement, l’humour déplacé dont l’elfe faisait parfois preuve envers le nain.

Le prêtre stabilisa le pauvre gnome Monotech bien mal en point. Le jeune Méromé voyant l’état d’épuisement de chacun incita le groupe à retourner à la surface. Ab-rak toujours aussi curieux continua la reconnaissance des lieux malgré les objurgations du paladin. Olaf se dirigea vers Ab-rak pour le convaincre de faire demi-tour mais aussi pour satisfaire sa curiosité. Il découvrit une étrange pièce sphérique rempli d’objets et d’inscriptions anciennes gravées sur les murs. Olaf regarda ses compagnons. Tous, comme lui, étaient blessés. Certains, très grièvement. Une nouvelle rencontre pouvait être fatale au groupe.

Cédant aux appels excédés de Méromé qui, il faut bien le reconnaître en cet occasion, représentaient la voix de la raison, le groupe fit péniblement demi-tour pour sortir du labyrinthe de tunnels situé sous la ville....

Béni soit Torag pour les bienfaits qu'il nous apporte.
Olaf Trek du peuple Nain

mardi 25 novembre 2008

Sorts pour les adorateurs d'Abadar

Voici deux nouveaux sortx pour les adorateurs d'Abadar, le Maitre de la Première Voute.

PAROLES DE VÉRITÉ D'ABADAR [ABADAR'S TRUTHTELLING]
École Enchantement (coercition) [Mental]; Niveau : Prêtre 1, Paladin 1 (Abadar)
Incantation
: 1 action simple
Composants
: V, G, FD
Portée
: Contact
Cible
: Une créature touchée
Durée
: 1mn/niveau
Jet de sauvegarde : Volonté annule ; Résistance à la magie : Oui
La créature touchée est incapable de mentir intentionnellement. Elle a droit à un jet de sauvegarde pour se prémunir de l’enchantement quand celui-ci est lancé. La créature affectée est consciente de ce qui lui arrive. Elle peut donc refuser de répondre à une question quand elle préférerait mentir, ou rester aussi évasive qu’elle le souhaite tant qu’elle dis la vérité.
Le symbole d'Abadar apparait au-dessus de la tête de la cible, indiquant à tous qu'elle est affectée par le sort.

BÉNÉDICTION DU GARDE [BLESSING OF THE WATCH]
École Enchantement (coercition) [Mental]; Niveau : Prêtre 1, Paladin 1 (Abadar)
Incantation : 1 action simple
Composants : V, G, FD
Portée : 15m
Zone d'effet: le lanceur de sorts et tous les alliés se trouvant dans un rayonnement de 15 m ou moins centré sur le personnage
Durée : 1h/niveau
Jet de sauvegarde : aucun ; Résistance à la magie : oui (inoffensif)
Ce sort procure un regain de courage aux alliés du personnage, ce qui se traduit par un bonus de moral de +1, tant aux jets d’attaque qu’aux jets de sauvegarde contre la terreur.
Bénédiction contre et dissipe imprécation.
Ce sort fonctionne uniquement dans la ville natale du jeteur de sort, en particulier dans les zones sous la juridiction de la garde municipale.

Sort pour les adorateurs de Torag

Voici un nouveau sort pour les adorateurs de Torag, le Père de la Création

STRATÉGIE DU REPLI [FALLBACK STRATEGY]
École Abjuration; Niveau : Prêtre 1, Paladin 1 (Torag)
Incantation
: 1 action simple
Composants
: V, G, FD
Portée
: Contact
Cible
: Personnelle
Durée
: 10mn/niveau ou jusqu'à utilisation (voir le texte)
Vous pouvez relancer un jet de dé juste avant que le maître de jeu déclare s'il s'agit d'une réussite ou un échec. Le résultat final du jet est celui de la relance même si elle est moins bonne que le premier jet. Ce sort fonctionne uniquement sur les actions planifiées par le jeteur de sorts pas sur les réactions (comme une attaque d'opportunité). Une seule instance de ce sort peut être active à la fois.

dimanche 23 novembre 2008

Intersession #3 - Partie 2


Pensées d'un demi-orque
Ab-rak, d'une intelligence moyenne, se demanda si le "pote-chef-guerrier-râleur" est sérieux en le menaçant comme il le fait ou s'il doit comprendre autre chose. Le demi-orque trouve l'esprit du paladin un peu embrumé à vrai dire ... mais bon comme il ne connait pas bien les humains et qu'il respecte les guerriers ...
De fait Ab-rak n'a aucune arme en sa possession à part l'encombrant corsèque qu'il compte bien revendre à l'armurier demain matin. Quant à la vilaine tête de monstre il se demande encore ce qu'il va en faire.

Ab-rak suis donc le paladin après avoir dit :
"Dis donc mon pote, j'ai rien piqué cette fois !! d'toute façon y'avait rien dans la tôle ... j'ai juste le corsèque, mais ça c'est une prise de guerre normale pissque personne m'avait dit de pas prendre de trucs sur les statues... bon on va où ? passqu'y fait faim et soif, tu sais mon copain ?!"

Méromé poursuit son idée
Devant la mairie, après avoir ordonné à Ab-rak de se ternir tranquille dans la mairie, et de n’agir ou parler uniquement à sa demande, Méromé demanda au gardien en faction l’autorisation d’avoir un entretien à l’instant pour affaire urgente. Le soldat hésita. Avec sa misérable tenue, il était peu aisé d’identifier un paladin d’Abadar qui ont coutume de se vêtir richement et avec grand goût. Aussi, Sir Graitone dût insister. Enfin, le gardien fit appeler un intendant qui mena de suite les deux compagnons auprès du maire. Honteux de son manque de dignité, Méromé posa un genou à terre, courba le dos en signe de total soumission, débuta une début d’excuses sans regarder son interlocutrice en face.

« Madame le maire, je vous prie d’accepter mes profondes excuses pour vous amener de bien tristes nouvelles dans un apparat aussi discourtois, … ». Kendra l’interrompit sans ménagement
- Sir, sachez que je n’ai pas pour habitude de recevoir des mendiants dans ce lieu. Aussi, redressez-vous, et venez en aux faits.
Le paladin se releva, croisa les yeux de son vis-à-vis et poursuivit avec un profond respect.
- Madame, je crains que nous n’ayons pu accomplir la tâche que vous nous avez assignée.
- Oui, je déduis à voir vos blessures que se cache sous notre ville un lieu fort dangereux qu’il va nous falloir annihiler. Asseyez-vous, je vais faire quérir notre prêtre, puis nous reprendrons notre conversation.
Elle se saisit d’une petite cloche de bronze posée sur son bureau de bois verni, qu’elle fit sonner par de rapides saccades. La clochette sonnait claire et nette, un tintement étrangement élevé pour un si petit instrument. Quelques secondes suffirent pour qu’un intendant pénètre dans le bureau.
- Faites venir le père Zanthus pour affaire urgente, puis apportez-nous une collation. En se tournant vers ses deux invités. Il me semble que vous en avez bien besoin.

En attendant la venue du père, durant la collation réconfortante, Méromé s’inquiétât des menaces latentes à l’encontre du village. Le maire expliqua les mesures qu’elle avait prises à cet effet, armement de tous les hommes valides, couvre-feu dès la nuit tombée, garde intensifiée, et autres précautions pragmatiques. En complément, Méromé suggéra une surveillance à l’entrée de la verrerie qui donnait comme ils avaient pu le constater vers les labyrinthes du sous-sol. Ensuite, il enchaîna par un questionnement à propos d’un jeune homme nommé Delek, assassiné il y a deux ou trois ans, amant semblait-il de Nualia, la fille adoptive du précédent et défunt prêtre.

Le père Zanthus les rejoint au bout d’une dizaine de minutes. En apercevant le paladin, il comprit la raison de sa convocation. Il prodigua un sort de soin à Méromé qui en ressentit les effets bénéfiques immédiatement. Le père s’apprêtait à retourner à la cathédrale, mais le paladin lui interdit sous ces mots :
- Père Zanthus, restez parmi nous je vous prie, je pense ce que j’ai à conter devrait vous intéresser. Puis, il leur décrit ce que lui et ses compagnons avaient découvert en poursuivant le passage anciennement muré qui menait sous la ville, dans une sorte de grand laboratoire maléfique. Le complexe semblait avoir été abandonné, puis plus récemment occupé. Il cita la première salle vide, qu’un monstre au regard particulièrement haineux gardait. Une petite salle qui contenait une sorte de bénitier en pierre orné d’un bas relief représentant une étoile à cinq branches. Dans le récipient, une eau croupie maléfique. Plus loin, une sorte d’église, dont le bassin placé sur l’autel, contenait une eau magique qui se consommait au contact de sang pour donner naissance aux mêmes types de monstres que celui de leur première rencontre. Un second bassin entouré de pieux surmontés de crânes sculptés, dont l’usage demeurait non élucidé. La petite démone détentrice de pouvoirs magiques qui s’était volatilisé. D’autres salles bien curieuses, comme celle avec une statut de marbre rouge en son centre, une salle de torture, une prison, puis la dernière qui fut fatale, jonchée de couvercles de bois qui abritaient chacun un puit dans lequel était prisonnier un zombie. Pour il donna ses premières conclusions.

- Cet endroit est maléfique, et possédé par un fort sentiment de haine. Je dirai que ses fondements magiques reposent sur la magie de Thassilon. Ce lieu a déjà été découvert, puis muré. Sans doute pour protéger Pointesable d’agression maléfique. Mais, des êtres malveillants ont brisé le mur, de cela il y a une trentaine d’années, d’après notre estimation. Je fais référence au mur de briques que nous avons découvert éventré. Pour quelle raison, dans quel but, nous n’en savons rien. Toutefois, je pense qu’un rapport existe entre l’ouverture de ce lieu, l’affaire de la famille Kaijutsu, et les évènements cruels que connut votre douce cité il y a cinq ans. Afin que vous puissiez bâtir votre propre opinion, et prendre les décisions qui s’imposeront, si vous me le permettez, je vais donner la parole à Abrak. Il vous détaillera plus finement la statue de marbre à laquelle, je crois, que notre cher ami à subtiliser une belle arme qu’il pourra sans doute vous monter, sinon vous décrire, puis nous présenter un trophée, enfin si je puis utiliser ce terme à propos d’une tête d’un des monstres que nous avons combattu. J’oubliais, après que j’ai lutté contre le gobelin mutant, Ab-rak et quelques autres ont découverts une bien curieuse salle que j’espère mon compagnon pourra nous dépeindre.
Après un court silence approbateur, se tournant vers le demi-orque, le paladin reprit la parole
- Ab-rak, à toi, nous sommes toute ouïe.


lundi 17 novembre 2008

Identifier les propriétés magiques d'un objet


Pour identifier les propriétés magiques d'un objet, il faut:
  • Etre entraîné dans la compétence Estimation
  • Lancer le sort Détection de la magie

Le DD du test est 15 + le niveau de lanceur de sort de l’objet.

En cas de réussite, vous déterminez les propriétés de l’objet et ses mots de commande.
Tenter de déterminer les pouvoirs prend 3 rounds. Le test ne peut être fait qu'une seule fois par jour sur un même objet.

Les elfes bénéficient d'un bonus de +2 (racial) aux tests d'Estimation pour déterminer les propriétés des objets magiques.

Vous ne pouvez pas déterminer les pouvoirs des artefacts de cette manière.

dimanche 16 novembre 2008

Intersession #3 - Partie 1


La nuit tombait. Le ciel sombre sans lune, le silence qui régnait à la sortie de la verrerie, répandaient une atmosphère mélancolique en parfaite harmonie avec l’esprit du Paladin. Ce dernier, dont la belle tenue ne présentait plus qu’une étoffe de tissus chiffonnée, déchirée, partiellement brulée, souillée de sang séché, perdait de sa prestance. Sévèrement blessé, il se déplaçait d’un pas lourd, sa tête courbée, son regard fixé sur le sol, sa pensée errante dans un labyrinthe de désolation de celui qui ressentait l’échec. Il entendit à peine la plainte que lui adressait Scalarel au sujet de partage d’objets non équitable. Néanmoins, cette apostrophe le fit sortir de sa léthargie. Il se redressa, se donnant une attitude digne que sa misérable tenue contredisait. Il se tourna vers l’elfe, lui présenta d’un geste rapide et précis l’épée qui avait appartenu à l’auteur de ses profondes blessures, un gobelin mutant et démoniaque.

« Prenez cette arme magique, et identifiez là pour demain », ordonna t’il à l’elfe. Puis, il braqua un regard sévère sur le demi-orque.
« Abrak, tu as menti en prétendant que tu ne possèdes aucune des armes du gobelin. Ce comportement est inacceptable, car contraire à la solidarité du groupe. D’autant que je t’avais expressément demandé de me remettre tout objet trouvé sur le corps de ce monstre. Ce que tu n’as pas fait. Aussi, je t’ordonne de livrer les dites armes à Scalarel afin qu’il puisse les identifier. C’est un ordre et j’entends qu’il soit exécuté de suite, Un refus d’obtempérer, quelles qu’en soient les raisons, et je serais dans l’obligation d’en tirer les conséquences, aussi pénibles soient-elles. »

S’adressant à nouveau à Scalarel, « Monsieur, puisque vous affirmez être équitable dans le partage des biens, ce que je ne doute en aucune manière, dès lors que vous aurez reconnu les caractéristiques de chacune de ces armes, je vous serai reconnaissant d’en effectuer un juste partage au sein de notre équipée. »

Il laissa planer quelques secondes de silence, Le temps nécessaire pour que l’échange se fasse. Soudainement, ses profondes blessures se manifestèrent. Une brève et violente douleur s’empara de son corps meurtri. Restant digne, il lutta contre celle-ci, contra l’horrible cri de soulagement parvenu au bord de ses lèvres, mais ne put éviter de contracter les muscles de son visage et de clore ses yeux dans une discrète grimace instantanée qui lui priva de s’assurer de la bonne fin du transfert. Ne voulant rien laisser paraitre, il reprit une pose noble pour s’adresser à l’ensemble du groupe.
« Rendez-vous ici, devant l’entrée principale de la verrerie, demain 8 heures. Reposez vous, car notre tâche est loin d’être achevée. N’oubliez qu’une fois ce mystérieux lieu ancestral vidé du mal qui l’habite, nous aurons à nous rendre au sommet du Chardon pour sans doute combattre un démon en cours de mutation. »

Se tournant vers Abrak: « suis moi ! ».
Le paladin, reprit sa position mélancolique, tête penchée, dos légèrement courbé, comme si un lourd poids pesait sur ses épaules. Il prit la direction de la mairie.