mercredi 2 janvier 2013

Mournblade

J'avais vaguement gardé dans ma mémoire le fait qu'une société française allait sortir un nouveau jeu de rôle basé sur les Jeunes Royaumes de Michael Moorcock. Ayant joué et mastérisé Strombringer pendant de nombreuses années, j'avais toujours suivi les aventures ludiques se déroulant dans le Multiverse. En revanche je n'ai jamais joué à Elric (Chaosium) ou Elric de Melniboné (Mongoose Publishing). C'est donc tout naturellement que j'ai acheté le Mournblade du Département des Sombres Projets qui au regard des logos qui truffent le livre de règles s’annonçait comme étant dans la continuité de ses prédécesseurs.
Oui...mais non. Adieu le système issu du Basic Roleplaying de Chaosium dont Stormbringer proposa à mon sens la meilleure incarnation (peu importe pour moi les manques d'équilibre entre les personnages et la non orthodoxie par rapport à l’œuvre de Moorcock). Mournblade utilise le système maison de l'éditeur nommé Choose Your Dice qui me rappelle ce bon vieux système de Talsorian Games (1D10 + Attribut + Compétence en opposition avec une difficulté) avec comme nouveauté le fait de choisir entre 1D10 et 1D20. Le second choix amène plus de possibilités de faire un résultat élevé mais aussi 1 chance sur 2 d'obtenir un résultat de "0" et c'est sans parler des échecs critiques. La dynamique de ce choix est amusante car cela veut dire qu'un individu peu doué va prendre plus de risques pour accomplir une action en choisissant le D20 ce qui peut se comprendre dans le cas d'un combat (à l'image du débutant qui déroute le vieux briscard par ses mouvements désordonnés et non formatés) mais beaucoup moins dans les tâches intellectuelles.

Mournablade se démarque aussi de ses prédécesseurs par le fait que les personnages incarnent d'emblée un Elu désigné par les dieux du Chaos ou de la Loi pour mener une guerre occulte ou ouverte contre les forces ennemies. Le livre est bien écrit avec un vocabulaire qui n'est pas sans me rappeler les éléments de langages du coaching. Je n'ai pas fini de le lire mais malgré quelques coquilles il est plaisant à consulter.

En revanche il y a un point qui me chagrine grandement, c'est le billet de Moorcock qui semble tirer un trait sur les précédentes versions et trouver toutes les vertus à ce nouvel opus mais essentiellement au travers de ses illustrations. Je suppose qu'il parle des pleines pages, qu'à titre personnel je trouve trop généraliste et en rien immersif dans l'univers des Jeunes Royaumes mais cela reste une question d'appréciation artistique et non un jugement de qualité. Il faut relativiser car l'auteur du cycle n'est en rien un gamer (comme il le dit lui-même) et il semble très versatile. En revanche je suis ravi de retrouver d'anciennes illustrations des précédentes versions même si elles brouillent un peu l'harmonie visuelle de l'ensemble.
Je vais continuer à lire le jeu malgré mes premières réticences sur le système de jeu et les remarques de Moorcock. A moi de dépasser tout cela car l'éditeur annonce une politique de suivi ambitieuse.

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