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samedi 6 octobre 2012

Le château de Moorshroud

Ce solide petit château abritant 430 âmes, se trouve au sommet d'une crête basse donnant sur le Grand Marais. Accroupi comme un grand reptile veillant sur un enchevêtrement de déchets végétaux brumeux, le château est défendu par des anneaux successifs de fossés et de pieux aiguisés, et enfin par une pente raide sur laquelle d’élèvent les murs du château. Très souvent, le sol autour du château est jonché de cadavres de trolls des marais, de bannières de guerre arrachés aux orques, et de hordes de corbeaux qui passent de cadavres en cadavres. Sur les tourelles flottent le drapeau de l'Empire du Crieste, une flamme jaune avec un fond rouge, et se rendre compte que ce n'est Moorshroud château, en marquant les marches orientales de l'Empire depuis l'interrègne.

Les hommes et les femmes qui servent dans la citadelle la plus orientale de Crieste sont austères et maussades, anticipant perpétuellement la prochaine attaque qu’elle vienne des trolls à l'ouest, des géants de pierre qui descend de la montagne, ou les gnolls montés sur des loups funestes, chevauchant de l’est. Le Château Moorshroud fait ce qu'il peut pour protéger les caravanes de marchands tentant de se frayer un chemin à l'est, vers Thire et la Théocratie, mais dans la pratique, le château semble agir comme un aimant pour les déprédations et les raids des habitants de Grand Marais.

Aux alentours de la forteresse on ne voit aucun village ou groupe de fermes. Il est approvisionné par les villages situés plus au sud. Au plus fort des inondations hivernales, il est vraisemblable que Moorshroud doive compter sur ses réserves.

Le château est commandé par la comtesse Teskain de la Haute Lande, une longiligne guerrière dont la famille a dirigée le château Moorshroud avant même l'interrègne. La comtesse ne répugne pas au combat, et se trouve souvent au cœur de la bataille, dirigeant avec expertise l'artillerie tout en martelant ses ennemies avec sa hache de guerre enchantée. La comtesse est crainte et respectée par ses troupes mais ce n’est rien comparé à ce qu'elle peut faire pour les inciter à patrouiller dans les zones marécageuses hors de la vue de Moorshroud. Pour cette raison, la comtesse est connue pour accueillir les champions désireux de s'aventurer dans le marais et lancer des attaques directement au cœur des ennemis de Mourshroud. Il est dit que la comtesse a dépensé une fortune pour le financement de ces raids, et quelle que soit la source de la richesse de la dame, elle aussi abondante aujourd'hui que le jour où elle a hérité du comté de Haute Lande.

Moorshroud abrite une petite communauté non militaire dans ses murs. Comptant moins de 150 âmes, ces marchands, joueurs, brasseurs et dames de nuit vivotent sur le dos des soldats, leur fournissant des divertissements qui sont dispensés dans les bars et les tavernes détrempés. Dans ses lieux sombres, un peu de lumière est apportée par l'éminent poète Danier du Luth, un jeune homme idéaliste au cœur léger qui a fait sienne la mission de faire connaître la musique et engendrer le rire dans rades sombres et les salles ténébreuses.

L'histoire ancienne de la citadelle est pleine de mystères et de secrets perdus. Elle est construite sur les pierres d'une ruine bien plus ancienne, et même les sapeurs et les mineurs expérimentés ont du mal à distinguer où se termine la citadelle et où la crête rocheuse commence. Le sol rocheux supérieur est criblé de fissures et de veines qui débouchent dans des cavernes et des grottes sombres remplies d’eau. La longue histoire de ces grottes en fait un lieu propice à l’occultisme, aussi tous les dix ans, les dirigeants de la Haute Lande découvrent un groupe de cultistes œuvrant à l'intérieur de Moorshroud. Aucune activité de cultistes n’a été rapportée depuis plus de 11 ans, et beaucoup affirment que la malfaisance associée au château de Moorshroud a été éradiquée une fois pour toutes.

Le comté de Haute Lande

Le comté de la Haute Lande est dirigé par la comtesse Teskain depuis son château de Moorshroud. Le comté est peu étendu et dehors du château, il comprend quelques bourgades situées entre le bras de mer de la Lame et la forêt de Stagwood et de petits hameaux dans le Grand Marais. La comtesse règne sur quelques chevaliers bannerets disposant de manoirs et de terres attenantes mais on est loin de la centaine de chevaliers fieffés que comporte généralement un comté.

mercredi 3 octobre 2012

Le Grand Marais


A cheval sur la frontière entre Crieste et Thire, le Grand Marais n’est revendiqué par aucune de ces deux nations. Dans cet endroit fétide et lugubre, les brumes épaisses et les tourbières humides cachent des secrets qui remontent aux premières tentatives de civilisation de l'homme. La plupart des ruines de cette époque ont coulé sous les eaux il ya des siècles de cela, mais quelques temples rustiques ainsi que des tours tiennent encore debout, cramponnés à leur fondation depuis des âges lointains.

La légende veut que jadis le marais abritait une ancienne culture de rois barbares qui fut détruite par la corruption générée par un prince démon nommé Obitu-que ainsi que par la maladie. Des rumeurs récentes parlent d’une mystérieuse Reine Sorcière vivant au cœur du Grand Marais et dirigeant une armée d’humanoïdes et même d’hommes-lézards aux mœurs sauvages. D’autres rumeurs parlent de recrudescence du trafic d’esclaves et de l’émergence de curieuses armes dont les lames brûlent sans qu’elles ne soient enflammées.

Le Grand Marais est traversé au sud par piste qui relie Isenford au Château de Moorshroud. Cette piste est empruntée par des marchands courageux ou âpres aux gains et qui assurent des liens commerciaux entre l’empire de Crieste et la Province Libre de Thire et au-delà, la Théocratie de la Lance. La piste est sous la protection du Château de Moorshroud dirigée par le comtesse Teskain. De part et d’autres de la piste, on trouve des patelins vivant principalement de la culture d’une espèce de melon poussant dans la boue, de l’élevage de porcs et de la pêche. Ces agglomérations sont nichées sur les parties les plus hautes du marais plus ou moins inondables. Elles sont difficiles d’accès et parfois elles coupées du reste du monde. Les villageois et les commerçants utilisent les rares voies navigables qui parcourent le Grand Marais. Il s’agit d’un bayou, une étendue d'eau formée par les anciens bras et méandres des rivières qui se jetaient dans le bras de mer de la Lame. Ce bayou forme un réseau plus ou moins navigable de boyaux qui au fil des années grignotent le peu de terres immergées qui subsistent encore.

Les rivières du bayou tirent leur source du fleuve qui se jette dans le delta de la Lame (The Blade Reach). Ce bras de mer a toujours été en temps de guerre un repère stratégique. Des hordes de pillards barbares, d’orques, de trolls et de gobelins ont péri en tentant de traverser l'étroit goulet, ou de se frayer un chemin le long de ses plages rocheuses. La rive occidentale est parsemée de tours et de bastions, certains remontants à des milliers d'années. Alors que des feux brûlent toujours dans la plupart des citadelles, d’autres sont tombées en ruine et sont maintenant la demeure de vils bêtes et de morts-vivants.