vendredi 3 juillet 2015

La Lune et Douze Lotus

Avec un titre et une illustration de couverture aussi abscons, je n'aurai jamais prêté la moindre attention à un jeu de rôle nommé La Lune et Douze Lotus, si je n'avais pas téléchargé une preview du jeu que l'auteur, John Grümph, avait astucieusement mis en téléchargement. Cela dit, cette approche en rupture fonctionne puisqu'un nouveau jeu de cette célébrité ludique attire forcément l'attention.

Nous avons donc affaire à un jeu de Sword & Sorcery, un genre littéraire dont les maîtres artisans furent Robert E. Howard (Conan, Kull) et Fritz Leiber (le Cycle des Épées). Après une première lecture rapide du pdf, le style et l'univers proposé me semble plus tenir de Conan et ses clones (comme le Thongor de Lin Carter) que de Leiber. Il manque, je trouve, cette forme de sophistication que l'on trouve dans les aventures du Souricier Gris et Fafhrd (d'ailleurs le nordique apparaît plus subtil avant sa rencontre avec son compagnon d'infortune qu'après) ou avec le Kane de Karl E. Wagner. Il s'agit donc d'un jeu nourrit à la testostérone fait pour les joueurs (et les personnages) adepte du kick-ass.

A l'instar du genre littéraire, le jeu est conçu pour jouer des nouvelles nerveuses allant à l'essentiel et non des romans de 600 pages remplit d’atermoiements. Je pense que le meneur de jeu sera meilleur s'il ne prépare pas à outrance son scénario et laisse la part belle à des séquences nerveuses imaginées dans le feu de l'action. Les adeptes de la cohérence absolue devront mobiliser leur potentiel d'innovation et arrêter de casser les couilles du meneur de jeu qui veut du sang et des larmes avant tout. Comme le dit l'auteur, il faut respecter la règle des trois unités "unité de temps, unité de lieu, unité d’action". 



Le monde est juste esquissé mais avec suffisamment de saveur pour faire marcher l'imagination. Je ne suis pas fan des illustrations (de J. Grümph) mais elles ont un style qui donne le ton. Le bestiaire est un peu restreint mais lorsque l'on connait ses classiques (démons, choses de profondeurs, atlantes, etc.) cela ne devrait pas poser de problèmes. Le jeu aide le meneur avec des tables pour générer le scénario ("Des lettres de sang sur les murs et sur les portes de la ville").

Côté système de jeu, je vais le détailler durant mes congés pour m'assurer qu'au delà d'une première bonne impression, ce jeu est fait pour moi. Cela dit, pour être franc, ce type de jeu est plaisant mais je suis toujours en attente d'un "gros" jeu de Sword & Sorcery (ce qu'aurait du et pu être DCCRPG qui a un pied dans la High Fantasy, un pied dans la Sword & Sorcery et un pied dans l'Heroic Fantasy, oui trois pieds c'est possible avec la Corruption qui ravage les mages).

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