mardi 21 février 2012

Le caveau perdu de Tsathzar Rho (Session 4 du 17/01/2012)

Mémoires d'un guerrier nommé Braban
 
Il revenait de deux jours de marche épuisante à travers les champs détrempés. La boue qui maculait ses vêtements le rendait méconnaissable. Les traits tirés par la fatigue, la privation de nourriture et boisson accentuaient son état de désœuvrement. Son chapeau usé de voyageur laissait apparaître une chevelure brune et hirsute. Une démarche difficile, un corps qui ne parvenait pas à garder un maintien droit et vigoureux trahissaient un personnage d’un age avancé. La nuit tombante ajoutait un aspect maléfique à cette triste silhouette. Dans ces conditions, qui pouvait reconnaître l’homme alerte, athlétique, blond aux yeux clairs qui retournait dans sa petite demeure, ancienne maisonnée d’un bûcheron soudainement disparu. 

Curieusement, malgré son état de fatigue avancée et les plaintes douloureuses de son organisme en manque d’énergie, l’homme contourna sa modeste propriété pour se diriger vers le fond du jardin où se dressait un bosquet qui dissimulait une cabine de bois. Il s’immobilisa quelques secondes avant d’ouvrir la porte des latrines, pour vérifier que personne ne l’épiait. Rassuré, il entra pour s’agenouiller devant le siège comme s’il s’apprêtait à vomir. Impossible avec un estomac au régime sec depuis deux jours. Dans l’obscurité du lieu nauséabond, il glissa sa main droite, qu’un gant râpé s’efforçait de protéger du froid sans vraiment y parvenir, le long des planches latérales du socle du siège pour se saisir de l’une d’elle. Il l’a la détacha d’un geste précis. Puis, il plongea sa main dans l’ouverture ainsi crée pour en extraire quatre missives, avant de remettre la planche en place.

Enfin, il pouvait entrer chez lui. Avec le reste de force qu’il lui restait, il se permit d’allumer un feu de cheminée, qu’il contempla assis sur l’unique chaise de l’unique pièce. La chaleur pénétra doucement dans son corps meurtri, apportant un irrésistible sentiment de bien être qui plongea notre homme dans un nuage de béatitude, instant d’intense plaisir où les luttes et rivalités qui envahissaient sa vie mouvementée n’avaient aucun droit.

La complicité de la lumière du soleil levant, de la faim et de la soif qui le tenaillaient lui firent reprendre conscience. Il ralluma le feu, pour se faire une infusion, et offrit une miche de pain rassis à son estomac révolté. Un confort que les événements de ces derniers jours lui avaient fait oubliés. Il vit les quatre missives étalées sur le sol qui lui rappelaient son devoir. Quatre rapports sans style, sans vie, lui qui aimait tant la poésie, mais néanmoins, source d’information indispensable à ses fonctions. Il les lit toutes et mémorisa les seules informations utiles. A la fin de chaque lecture, il jeta la missive dans le feu. Premier principe : pas de trace. Durant ses lectures, son visage resta impassible, sauf pour l’une d’entre elle qui parvint à lui soutirer quelques sourires. 

 « … nous voilà chez le richissime du coin, du moins à ce qu’on disait. Ben, je peux te dire que ce qu’on disait, c’est pas des conneries. T’aurais vu la déco, tapis, meubles, lampes, tableaux, tout des trucs précieux mon gars. Mêmes ses fringues y valaient plus que mon canasson. Et mon canasson, c’est pas une mule ! Le personnel, parce que sa noblesse y en a des servants. Un peu bizarre, style démon modèle taille humaine, serviables cela dit. Enfin, en apparence, par ce que moi je te dis que côté amabilité, les bestioles elles se forçaient. Pas naturelle leur gentille attitude. Tout ça pour te faire piger que le richissime y respire la magie noire à douze lieu à la ronde. Sans compter la beauté qui m’a fait bander comme un ogre en manque de chèvre pendant tout le dîner. Une beauté pareille, ça n’existe pas. Bidon, tout est bison là dedans. Toutefois, classe le dîner faut avouer. Y sais recevoir, faut le dire aussi. Par contre, y cause. Et pour rien dire. Sinon nous faire reluquer son savoir, son intelligence, son sens politique, et ses conards d’ancêtres. Même qui y en a un qu’est tout masqué. Mes savants de compagnons se demandaient bien pourquoi il avait un masque l’aïeul. Sont cons ces intellos. Le mec y porte un masque pour pas qu’on voit sa gueule, voilà tout. Pourquoi chercher loin ce qui est dans sa poche ? Le pire c’est que mes grosses têtes, y étaient comme hypnotisés par les mots du mage. Moi, je sais bien qu’il nous manipulait le mec. Mais avec moi ça marche pas. Toute manière, j’y comprenais que dalle à ses jactances. Je crois même qu’il causait l’étranger avec ses mots bizarres. T’as qu’à voir.

En bref, le mage friqué aux ancêtres de la haute, y veut qu’on lui raconte notre vie pour servir je ne sais quelle magouille. Et gratos en plus de ça. M’a pas bien regardé celui-là. Conclusion : le richissime mage adorateur de ses vieilleries et surtout de sa personne, il pue la saloperie en soie garnie de diamants. En plus, l’est un gros naze de prétentieux. A l’écouter, il serait le maître du monde. En réalité, l’est pas même maître d’un hameau. 
En parlant du maître du hameau, voit-y pas qu’on le rencontre le lendemain. Y avait l’archer maigrichon avec lui. Et vas-y qu’on doit comprendre ce qui se passe dans je ne sais quelle colline où l’herbe pousse mauve et les ogres et autres kobolds bouffent tout ce qui bouge. Tranquille, on va décaniller quelques-uns de ces méchants, déloger celui qui colorie les herbes, et le tour est joué. L’archer nous guide. Nous suivons. Je dois laisser mon destrier à la magicienne qui ne s’est pas remise de ces dernières émotions. Quoi qu’on en dise, les mages s’est source d’emmerde, je te le dis. On fait une pause chez de braves paysans. Ils nous racontent leur problème. Y a pas, l’affaire est bizarre. Le lendemain, on va se faire une partie de chasse à l’ogre au pied de la colline. Pendant que les intellos discutent pour réfléchir à ce qui faut faire et de quelle manière faut le faire, l’archer, le voleur et mézigue on avance. On s’approche d’une grotte où on entend un ogre hurler des conneries du style « Orgre vaincu Guntar », enfin des trucs sans queue ni tête. Pendant que certains se demandent ce qui se passe, je leur explique gentiment que le monstre, il a perdu la boule et qu’on va se charger de sa guérison. A vrai dire du combat, ai rien vu. Je sais qu’une chose : l’ogre fou m’a pris dans ses bras et m’a serré très fort. Devait être amoureux. Si fort que je tombe dans les pommes. La prêtresse m’a remis d’aplomb. Plutôt efficace la petiote. M’a fait un clin d’oeil, et ben tu vas pas le croire, mais ça m’a fait chaud au cœur. Pendant les autres y fouillent la piaule, moi, j’inspecte mon cul. Ouf, j’ai toujours un seul anus, et en bon état. J’eus peur que l’autre cinglé m’avait pris pour une chèvre ; tu vois ce que je veux dire. Ensuite …

Texte de Marcapuce

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