jeudi 2 juin 2011

[Dragon Age] Intersession 10/11 (1)

J'aidais Stoyanka à préparer la potion de « mousse d’ombre ». Nous n’avions pas le droit d’échouer, la survie des malheureux condamnés au bûcher et celle de mes compagnons en dépendaient. Une bien forte responsabilité pour un tout jeune apprenti voyageur. Je manquais d’expérience devant ce type d’épreuve. Certes je parvins à achever la potion, mais devant mes membres tremblants, Stoyanka, dont je gardais une profonde reconnaissance pour la confiance qu’elle m’avait accordée, préféra se charger de la distribution. Au moment où nous nous apprêtions à quitter sa demeure, le devenir de Wulverton me revint.
- Madame, pourrions-nous réserver une quantité suffisante de potion pour sauver les habitants de Wulverton ?
- Impossible jeune mage. Je ne suis même pas certaine que nous en disposions suffisamment pour toute les malades de Sothmere. Quoi qu’il en soit, nous ne pourrons soigner qu’un seul village. En tant que mage du Cercle, il vous revient de choisir lequel. Je m’inclinerai devant votre décision.
- Alors ce sera Sothmere dont le bourgmestre et vous-même nous avez confié cette mission.
En réalité aucun autre choix se présentait. Nous risquions de manquer de temps pour nous rendre à Wulverton avant le terme de l’effet du poison avec pour seul résultat : la mort de deux villages. Ainsi, Sothmere et mes compagnons furent sauvés. Néanmoins, je restais fort contrarié vis-à-vis du garde auquel j’avais promis d’aider son village, ses amis, sa famille. Cet homme m’avait fait confiance, confiance à laquelle j’étais incapable de répondre.
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Le soir nous avions bâti un vague plan avec le bourgmestre. Il me restait quelques jours devant moi avant de quitter Sothmere pour un entretien auprès du Bann Karel Dusic pour négocier le remplacement de sir Vilem Richta au profil de mon ami Arcill et d’échanger quelques autres sujets privés. Il me fallait aussi revoir Stoyanka pour une affaire à caractère personnel. Mais il me restait une priorité à traiter. Mais je ressentis l’effet exténuant du contre-choc de la journée et des jours précédents. Je ne m’attardais donc peu sur la stratégie à mener sur les jours à venir, préférant une bonne nuitée de repos. Cette nuit-là, je fis un étrange rêve. Le Chevalier Vilja Wulverton, chevauchant un dragon, menait une armée d’humains démoniaques. A la tête d’une puissante cavalerie de chasinds protégeant le flan gauche de l’armée, un jeune homme aux traits strictement identiques à celui du Chevalier se dressait fièrement sur un immense serpent. Au centre, on devinait les habitants de Wulverton que le mal avait mutés en morts-vivants à la peau verdâtre et déformée par de répugnantes pustules brunâtres de forte pestilence. Leur capitaine n’était autre que le garde rescapé de notre duel contre le Chevalier Vilja Wulverton, qui avait choisi de rejoindre les siens. Des corneilles géantes et démoniaques prêtes à prendre leur envol couvraient la droite. L’arrière-garde se composait d’un groupe de chamans. Plus âgés les uns que les autres, leurs corps faméliques et nus étaient peints de symboles noirs, blancs ou rouges totalement indéchiffrables. Ils exécutaient une chorégraphie sauvage et anarchique dont le centre vivait sous les grâces de la jeune Dobreela en transe. Une femme drapée dans une grande et large houppelande survolait l’ensemble. Ce flot monstrueux déferla sur Sothmere. Je me réveillais en sursaut, ma tunique trempée de sueur. Curieusement, j’oubliais la raison de mon brutal réveil. 

L’aube naissait. Sans en avoir totalement conscient, je me changeais et consommais quelques biscuits de voyage qui me restaient avant de partir à la recherche du malheureux garde de Wulverton resté avec nous. Au minimum, je lui devais une explication. Je le retrouvais sans mal au centre du village, assis au pied du bûcher qui devait être démonté dans la matinée. Le pauvre homme totalement avachi, était au bord de l’effondrement. Ses mains couvraient son visage sans parvenir à masquer ses larmes. Il venait de perdre son seigneur, et par conséquent son emploi. Son village traversait un mortel cataclysme. Et ce que j’avais à lui annoncer n’allait pas le sortir de son profond désespoir.
- Soldat, je crains avoir une mauvaise nouvelle à vous annoncer.
- Je sais. Pour mon village, c’est foutu. Que vont-il devenir ?
A cet instant, mon rêve effacé me revint. Je crus en deviner la signification. Les survivants de Wulverton se trouvaient en réel danger. Si nous ne pouvions sauver les mutants, au moins, pourrions-nous tenter de sauver ceux que la chance avait épargné. Il en dépendait de la sécurité de Sothmère. Qui pouvait certifier que les habitants de Wulverton devenus des créatures monstrueuses, ne viendraient pas déclencher un troisième assaut ? Il fallait mettre en ouvre en urgence une expédition de sauvetage. Je priais que l’Arbitre Gelda Cermac  soit toujours présent. Elle semblait à l’écoute et compréhensive. Ser Vilem Richta, manifestement fort motivé pour achever les victimes des morsures des chasinds enragés, pourrait adhérer et surtout mener à bien à cette expédition.
- Restez ici, je reviens.

Je courrais vers Roshek, le seul d’entre-nous qui saurait convaincre les autorités à tenter cette opération de secours. Je me rappelais qu’il prenait en charge l’expédition des grains et pains de seigle vers Malgranne qui risquait une grave famine. Je le joignis donc sans mal. Le nain aidé par l"elfe charriaient des sacs dans la charrette. Le jeune Kirk et sa copain survivant étaient un peu plus loin avec Eshara et ses cousins elfes. Arcill revenait d'une promenade avec Wanda Kovic et se dirigea vers ses compagnons pour leur donner un coup de main. Je me permis d''interrompre le nain dans son précieux travail pour lui exposer mes craintes concernant Wulverton puis Sothmere, ainsi que les solutions que j'imaginais pour y pallier. Je glissais dans la conversation que nous aurions besoin de son savoir faire pour relancer l'activité économique de Wulverton une fois tout danger écarté. J'espérais que la perspective d'accroître ses affaires commerciales l’encouragerait à adopter mon plan de sauvetage.

Que font ou disent Roshek, Falos et Arcill ?

Texte de Marcapuce

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