mercredi 15 octobre 2008

Intersession #2


Point de vue de Méromé Graitone

L’entrevue avec Kendra Deverin venait de se terminer. Abrak le demi-orque revenait de son inspection des souterrains découverts sous la verrerie. Ceux-là l’avaient conduit le long du golfe de Varisia où il aperçut ce qui semblait être d’anciennes ruines. Il s’y était senti oppressé, sans pour autant nous en apporter l’explication, ce qui justifie qu’il revint rendre compte plutôt que de poursuivre comme sa curiosité habituelle lui susurrait.


Méromé écoutait sans passion le récit du demi-orque. Sa pensée cheminait d’autres voies. Mais sans s’en rendre compte, sa réflexion subissait l’influence des mots simples d’Abrak, à moins que se soit Abadar qui usait de cet artifice pour éveiller la fugacité du paladin. En effet, ce dernier percevait la réalité, du moins ce que son esprit établissait comme tel, à travers un raisonnement étoffé. Avant, le monde de Varisia était habité par d’étranges créatures néfastes, régnant sur une civilisation où la magie avait imposé son emprise, ce qui n’interdit pas le déclin de la choisir comme proie. Elle s’effaça. Seuls d’imposants vestiges rappellent sa très ancienne existence. La grotte côtière découverte par Abrak, lui faisait penser à ses vestiges. Les notes retrouvées dans la verrerie, lui apparaissaient comme une sorte d’incantation complexe de réincarnation d’une de ces puissantes et maléfiques créatures. Il en conclut, qu’un groupe d’individus intelligents et dangereux, dotés de connaissances et pouvoir magiques, projetait, dans un premier temps, une attaque massive de Pointesable, avec l’appui de la créature diabolique réincarnée et placée sous leur contrôle ; cette agression, n’étant que le préambule d’un plan bien plus ambitieux et dévastateur, dont les prémices apparurent cinq années auparavant. La poursuite de ses lectures et réflexion lui indiquait que la source de ce mal ne se situait pas à Pointesable, comme pouvaient le laisser supposer les derniers évènements, mais à Magnimar. Quant au pauvre Tsuto, il n’était qu’un pion au service de maîtres du mal.


Courage, il se devait d’agir, Sérénité, sans précipitation, Espoir, briser la bête avant qu’elle gagne en puissance.


Il se tourna vers ses compagnons et leur exposa ses conclusions avant de leur suggérer quelque instruction : « Père Olaf, je me permettrais de vous conseiller de rejoindre le Père Zantus, ne serait-ce pour l’aider à préparer les funérailles du seigneur Lonjiku Kaijitsu. J’imagine que cet acte ne pourra qu’être profitable à la reconnaissance de votre ordre, ce qui facilitera en n’en point douter, la représentation de votre dieu au sein de cette splendide cathédrale. A l’occasion, sans pour autant en abuser, partagez avec cet homme érudit le résultat de nos investigations. Peut-être cela lui évoquera quelque souvenir ou connaissance qu’il voudra bien vous faire partager. D’autre part, si l’occasion s’en présente, n’omettez pas de vendre la poudre d’or et d’argent trouvée dans la verrerie. Le produit de cette vente, nous le partagerons, ce qui nous permettra d’acquérir meilleur équipement ; probable nécessité devant la puissance maléfique que nous nous apprêtons à affronter.


Monsieur Scalarel, je crois que la nature vous a doté d’un don de magie. De magie, notre affaire n’en manque pas. Je prétends que le mutisme et l’abnégation de Tsuto sont le produit d’un sort de magie profane, comme il en est certainement de même pour ce que j’appelle la réincarnation. Aussi, je vous saurai gré, comme nous l’avons déjà évoqué ensemble de rendre visite à Madame Mvashti. Sans doute que sa curiosité sera éveillée par nos suppositions d’usage de sortilège visant à réveiller des anciennes créatures. Sans doute que sa curiosité sera d’autant plus en éveil lorsqu’elle apprendra que tout cela a été initié cinq ans plus tôt. Tentez votre chance Monsieur, avec une grande conviction, elle ne pourra que vous ouvrir sa porte, elle ne fera plaisir d’émettre ses propres hypothèses basées sur son vécu, son expérience, sa connaissance et sa sagesse. Et, vous ne manquez pas de conviction, n’est-ce pas ?


Monsieur Abrak, prenez ces deux pièces d’or, elles vous permettront de passer une excellente soirée dans les nombreuses auberges de Pointesable. Et écoutez tout ce qui se dit. Vous verrez que vous entendrez beaucoup de langue de délier sur la mort du seigneur Kaijitsu, sur le départ inattendu en de pareilles circonstances du prévôt Bélor Ciguë, sur les crimes commis il y a cinq ans, et bien d’autres ragots. Efforcez vous d’en retenir le maximum, ceux qui vous sembleront les plus pertinents, et vous nous raconterez tout cela demain matin.


Pour ma part, je vais rejoindre le maire et comme la nuit dernière m’occuper de la protection du village. Nous nous retrouverons demain matin huit heures à l’auberge de Dragon Rouillé, où j’espère que nous aurons le plaisir de retrouver Monotech. Nous aurons besoin de ses compétences, je puis vous l’assurer. A bientôt mes amis, qu’Abadar vous guide. »


Puis, sans attendre, il prit la direction de la mairie, imperturbable, l’esprit plonger dans ses profondes et inquiétantes pensées.



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